Tommy Flanagan 3
Montreux '77

flanagan2

Musiciens : Tommy Flanagan (p), Keter Betts (b) et Bobby Durham (dm).
Thèmes : Barbados, Medley : Some other spring/Easy living, Medley : Star crossed lovers/Jump for joy, Woody'n you, Blue bossa, Heat wave.
Enregistré : le 13 juillet 1977 à Montreux.
Durée : 49'17".
Référence : Pablo Live 99 945.

Flanagan excelle dans l'art de savoir être ailleurs que sur le devant de la scène. Statistiques : sur quatre albums pris au hasard, il ne signe qu'un seul titre (« Mean Street » sur Jazz Poet). On en connaît, et non des moindres, qui n'hésiteraient pas à enregistrer des chansonnettes, pourvu qu'elles portent leur copyright et flattent leur ego dans le sens du poil. Flanagan, lui, n'a pas ces états d'âme. Très longtemps resté dans l'ombre d'Ella Fitzgerald, il sait l'immense valeur de l'accompagnement intelligent... À la composition, il préfère la belle interprétation. À la virtuosité, il préfère la délicatesse. Une qualité qui n'appartient qu'à lui. Toujours, Tommy Flanagan ne semble qu'effleurer les touches de son piano. Cet enregistrement-là, réalisé en public, le démontre une fois de plus (seule ombre au tableau : la prise de son quelque peu confuse de la contrebasse). Les connaisseurs l'avaient déjà repéré lorsqu'il était paru en import Japon. Ils n'ont pas attendu. À juste titre. Mais il leur faudra renouveler leur achat car cette réédition recèle un titre inédit et un superbe portrait de Flanagan signé par le photographe Giuseppe Pino. Quel est le prix de ces deux petits joyaux ?

Pascal Kober

Tommy Flanagan trio
Beyond the bluebird

flanagan1

Musiciens : Tommy Flanagan (p), Kenny Burrell (g), George Mraz (cb) et Lewis Nash (dm).
Thèmes : Bluebird, Yesterdays, 50-21, Blues in my heart, Barbados, Beyond the bluebird, Nascimento, The con man, Something borrowed something blue, Bluebird after dark.
Enregistré : en avril 1990 en Hollande.
Durée : 67'23''.
Référence : Timeless CD SJP 350.

Dira-t-on jamais assez combien ce pianiste-là nous transporte, davantage que tout autre ? Ici, le trio invite le guitariste Kenny Burrell, un hôte de marque, mais surtout un musicien qui est sur la même longueur d'onde (sinusoïdale) que ses complices. Celle de la délicatesse, avec ce touché qui sait rester léger jusque dans les blues les plus âpres (« Bluebird », notamment). Le thème du disque se prête d'ailleurs bien à ces variations sur les divers tons de bleu. « Beyond The Bluebird » est un hommage rendu au club du même nom, situé à Detroit et qui a vu passer Thad Jones, Sonny Stitt et, bien sûr, Charlie Parker. Fil conducteur : les racines du be-bop, relues et transcendées par quatre maîtres du genre. On ne s'ennuie pas un seul instant à l'écoute de cet enregistrement archétype du jazz en formation intime. Be-bop et blues, mais aussi bossa nova et ballades, sans fioritures, sans exclamations, sans effets, Tommy Flanagan dessine ici la carte du jazz le plus tendre.

Pascal Kober


Chronique publiée dans le mensuel Jazz Hot.

Reproduction possible avec autorisation écrite de l'auteur.
© Pascal Kober


Écrire à Pascal Kober