Jon Hendricks
Recorded in person at the Trident

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Musiciens : Jon Hendricks (voc), Noel Jewkes (ts), Flip Nunez (p), Fred Marshall (b) et Jerry Granelli (dm).
Thèmes : This could be the start of something big, Watermelon man, Old folks, Gimme that wine, One rose, Cloudburst, Shiny silk stockings, Yeh ! Yeh !, I wonder what's become of Sally, Stockholm sweetnin', Jon's Mumbles.
Enregistré : en 1965 à Sausalito.
Durée : 36'23".
Référence : Mercury 510 601-2.

« Mister No Blues », tel pourrait être le surnom de Jon Hendricks. Non qu'il ne sache pas taquiner la note bleue, mais bien parce que ses textes, ses thèmes, son interprétation explosent de joie. Dans les notes de la pochette originale, Leonard Feather met d'ailleurs l'accent sur cette philosophie : « L'homme prend du bon temps et veut que le public partage son sentiment. Une attitude regardée avec condescendance et suspicion dans certains cercles musicaux modernes. » Déjà en 1965 ? Sur un répertoire dévolu aux standards, Jon Hendricks est tour à tour crooner (« Old folks »), romantique (« One rose »), facétieux (« Shiny silk stockings ») ou truculent (ah, le « Brigitte Bârdâ » de « Gimme that wine » !). Il y a du plaisir et du sourire, de la jouissance et du rire chez ce chanteur dont l'approche hédoniste de la musique n'a pas varié d'un iota depuis quarante ans. D'aucun lui reprocheront ce côté entertainment, variété. Mais c'est aussi là, historiquement, l'une des composantes du jazz. Quel que soit le contexte, qu'il oeuvre en pionnier dans le cadre de son trio avec Dave Lambert et Annie Ross ou qu'il fasse appel à des monstres sacrés comme Al Jarreau ou Tommy Flanagan (sur son dernier enregistrement, Freddie Freeloader), Jon Hendricks s'amuse. D'abord et toujours. Un disque trop court, comme un petit morceau de bonheur inoubliable.

Pascal Kober

Lambert, Hendricks & Ross
Sing a song of Basie

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Musiciens : Dave Lambert, Jon Hendricks et Annie Ross (voc), Freddie Green (g), Nat Pierce (p), Eddie Jones (b) et Sonny Payne (dm).
Thèmes : Everyday, It's sand, man !, Two for the blues, One o'clock jump, Little pony, Down for double, Fiesta in blue, Down for the count, Blues backstage, Avenue C.
Enregistré : en 1957 à New-York.
Durée : 30'24".
Référence : Impulse GRP 11122.

Malgré la qualité des enregistrements les plus récents de Manhattan Transfert, malgré les audaces harmoniques de Take Six, malgré la fraîcheur candide des Double Six, le trio Lambert, Hendricks & Ross reste l'archétype en matière de jazz vocal. Premier enregistrement du trio en 1957, Sing a song of Basie représente un peu l'acte de naissance du vocalese en groupe, même s'il y eut de prestigieux prédécesseurs : The Mills Brothers, The Hi-Lo's, etc. Un répertoire composé d'adaptations des arrangements et solos du grand orchestre du « Count » avec cette manière propre à Jon Hendricks (et plus tard à Mimi Perrin) d'écrire des textes dont la sonorité des mots rappelle le timbre de l'instrument. L'exercice de style est d'autant plus complexe que ces paroles racontent également une véritable petite histoire. La séance originale en mono faisait appel à la technique du rerecording pour enregistrer toutes les parties de voix et elle est ici restituée (restaurée ?) avec une belle qualité pour un cru de trente-cinq ans d'âge. Inutile d'insister sur le répertoire de Basie ni sur la section rythmique qui fut pendant longtemps le pilier de l'orchestre. Signalons simplement un livret particulièrement complet avec notamment tous les textes des chansons. Une référence du jazz vocal qui est aussi un indispensable du jazz tout court.

Pascal Kober


Chronique publiée dans le mensuel Jazz Hot.

Reproduction possible avec autorisation écrite de l'auteur.
© Pascal Kober


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