John McLaughlin trio
Qué alegrìa
Musiciens : John McLaughlin (g, synth), Trilok Gurtu (perc) et Dominique di Piazza ou KaÏ Eckhardt (b)
Thèmes : Belo horizonte, Baba, Reincarnation, 1 nite stand, Marie, Hijacked, Mila Repa, Qué alegrìa, 3 willows.
Enregistré : en novembre et décembre 1991 à Ludwigsburg.
Durée : 64'49".
Référence : Verve 837 280-2.Il a assimilé toutes ses aventures, digéré toutes ses gourmandises, apprivoisé tous ses délires pour élaborer un univers musical qui ne ressemble aujourd'hui à aucun autre. Singulier et pourtant apparemment si familier que l'on s'y sent bien dès les premières mesures. Plus de vingt ans après ses premières notes au sein de l'orchestre de Miles Davis, John McLaughlin a tout essayé comme instrumentiste pour arriver à une manière de sérénité en tant que compositeur. Les musiques qu'il esquisse avec son groupe actuel sont la résultante de tant d'expériences qu'il devient difficile d'en démêler les fils. Qu'importe puisqu'il s'agit là, avant tout, du bonheur de jouer et que le guitariste prouve, avec brio, quels splendides paysages il est possible de dessiner à trois dès lors que l'on sait où aller, que l'on maîtrise son instrument (était-ce bien nécessaire de la réaffirmer ?) et que l'on oublie l'esbroufe au profit de la qualité de l'écriture, du son et des arrangements. Oh certes, John McLaughlin aime toujours les syncopes, les accents décalés, les structures rythmiques complexes et les mesures atypiques. Certes, il sait encore jouer vite et il ne manque pas de le montrer dans des thèmes comme « 3 willows ». Mais cette vélocité n'est plus aujourd'hui la composante essentielle de son jeu. Associée à un sens évident (et retrouvé) de la belle mélodie, la technique guitaristique est mise au service d'une recherche sur les climats, aidée en cela par un Trilok Gurtu toujours foisonnant autour de son fouillis de percussions (ah, les tablas associées à une basse fretless langoureuse...). Seul bémol : le thème solo de Dominique di Piazza qui ressemble justement trop à l'un de ces exercices de style dont John McLaughlin avait le secret il y a encore quelques années. En final, un disque superbement enregistré qui conjugue l'allégresse dans le jeu et dans l'écoute pour une musique radicalement neuve.
Pascal Kober
Chronique publiée dans le mensuel Jazz Hot.Reproduction possible avec autorisation écrite de l'auteur.
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