Joe Williams
Nothin'but the blues

Musiciens : Joe Williams (voc), Red Holloway (lead, ts), Eddie Cleanhead Vinson (voc, as), Jack McDuff (org, p), Phil Upchurch (g), Ray Brown (b) et Gerryck King (dm).
Thèmes : Who she do, Just a dream, Hold it right there please send me someone to, Going to Chicago blues, Ray Brown's in town, In the evening / Rocks in my bed, Alright OK you win, Mean old world / Wee baby blues, The comeback, Tell me where to scratch, Sent for you yesterday.
Enregistré : en novembre 1983 à Hollywood.
Durée : 59'21".
Référence : Delos D / CD 4001.

Joe Williams & friends
I just want to sing

williams

Musiciens : Joe Williams (voc), Thad Jones (tp), Eddie « Lockjaw » Davis (ts), Benny Golson (ts), John Collins (g), Jerry Peters (clav), Norman Simmons (p), John Heard (b) et Gerryck King (dm).
Thèmes : Until I met you, After you've gone, Fat and forty, War no more, It's not easy being white, Dimples, Young and foolish, I was a fool, I got it bad, What a difference a day makes, Sawmill blues, Later than you think, All the things you are.
Enregistré : en juin 1985 à Los Angeles.
Durée : 58'58".
Référence : Delos D / CD 4001.

C'est vrai qu'il y a de la gouaille chez ce chanteur-là. C'est vrai que pour certains jazzmen, Joe Williams ne doit pas être très fréquentable et ce, malgré son long passage dans l'orchestre de « Count » Basie. Trop badin et en même temps trop « m'as-tu-entendu ? », trop présent en somme, ce qui est bien le moins que l'on puisse attendre d'un bluesman. Alors, de lui, les exégètes ne retiennent parfois qu'un seul thème (« Everyday I have the blues » de Memphis Slim). Comme si l'on pouvait avoir le blues de façon aléatoire. Il faut donc le redire, Joe Williams est un authentique bluesman, entier, connaissant bien toutes les règles du spectacle, jouant volontiers sur les effets de voix, mais sachant aussi s'entourer (et pas seulement de musiciens issus du blues). Ces deux disques plutôt récents en sont les témoignages les plus explicites et le titre du second pourrait d'ailleurs bien servir de credo au chanteur. Il n'a qu'une seule envie, chanter, et peu importe les registres sur lesquels il s'exprime. Ici, vue la liste des sidemen, il s'agit incontestablement d'un blues mâtiné de jazz qui d'ailleurs, laisse aussi la part belle aux musiciens en de forts longs chorus, solides, charpentés et ludiques. Nothin'but the blues est le premier enregistrement de jazz jamais réalisé sur ce label américain jusque là dévolu à la musique classique. Quant au second, Joe Williams en ayant été le co-producteur, il s'agit du premier disque où le chanteur a pu réellement exercer un contrôle artistique. Même s'il n'est pas toujours recommandé de laisser cette responsabilité à l'artiste lui-même (!), le résultat ici, s'en ressent : un répertoire plus tendre, plus axé sur les ballades et les standards, davantage jazz que blues, bref, moins... gouailleur. Un comble...

Pascal Kober


Chronique publiée dans le mensuel Jazz Hot.

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© Pascal Kober


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