ET ENCORE...

Ces courts textes sur des sujets plus « pointus » étaient initialement présentés sous forme d'encadrés dans les différents chapitres du livre. Les faiblesses des possibilités de mise en page sur le réseau m'ont incité à les regrouper ici en un seul fichier.

Photo instantanée
Appareils tout terrain
Photo panoramique
Noir et blanc
Location
Filtres
Des températures hautes en couleurs
Entretien
Photo aérienne
Architecture
Énergies
Studio mobile
Laboratoire mobile
Conservation

Photo instantanée

Une minute pour une image. À peine le temps de sourire, la photo est là. Le Polaroid est un précieux auxiliaire pour le photographe jouant de l'universalité du langage de l'image. La petite photo suscitera la curiosité mais sera aussi un présent apprécié. Rares sont les hommes qui n'attachent aucune importance à cette modeste trace de mémoire. Rares aussi sont ceux qui n'ont pas eu vent des vertus de la photo instantanée. Ne comptez pas passer pour le grand sorcier blanc épatant la galerie avec ses verroteries (fussent-elles traitées multicouches) et ses images même pas pieuses. Mais moyennant quelques égards, la photo instantanée pourra vous permettre d'établir une autre relation avec vos modèles d'un jour. Cette exquise politesse qui consiste à envoyer quelques tirages (fort justement dits « de courtoisie » ) au retour d'un voyage étant encore trop peu répandue, l'utilisation du Polaroid oblige en quelque sorte à faire un geste qui, parfois, aura des conséquences plus grandes que vous ne l'imaginez. La photo instantanée, c'est aussi une autre dimension du voyage. L'outil est moderne, mais il a quelque chose du carnet de croquis des grands ancêtres. On a perdu le savoir-faire de ceux qui réalisaient, au jour le jour, ces petites merveilles de récits d'exploration si somptueusement illustrés. Les feuillets de notes gribouillées et le magnétophone ont remplacé la plume. Le fusain et l'aquarelle ont laissé leur place à la photo et à des images que l'on ne reverra souvent qu'au retour dans un état d'esprit autre que celui du voyage. La photo instantanée permet de réaliser une version actuelle des relations d'exploration. Qu'emporter en définitive pour s'essayer à la photo instantanée ? Si vous voulez faire plaisir à quelques amis de passage ou rédiger un journal de bord, c'est vers un appareil Polaroid traditionnel que vous vous dirigerez. En n'oubliant pas les réserves de pellicules car on se transforme rapidement en photographe vorace avec cet outil. Déjà équipé en moyen-format ou en passe de le faire ? Complétez simplement votre matériel par un dos ad hoc et choisissez parmi la large gamme de films disponibles. Cette alternative constitue assurément la voie royale pour partir à la découverte d'une photo instantanée qui se trouve aujourd'hui de plus en plus concurrencée par les appareils photos et les camescopes numériques.

Appareils tout terrain

Depuis le précurseur, le Baroudeur, créé par Fuji en 1981, tous les fabricants se sont mis au compact tout terrain. Deux concepts se dessinent : les appareils qui permettent d'aller sous l'eau et ceux qui sont seulement étanches aux projections. Les premiers intéresseront les voyageurs qui partent vers les mers du sud pour faire un peu de plongée, mais aussi tous les amateurs de raft, de planche à voile, de canoë, de kayak ou de nage en eaux vives. Les seconds sont tout aussi performants, souvent moins lourds et moins encombrants et s'adressent à ceux qui se mouillent, sans pour autant vouloir photographier les fonds marins. Ces tout terrain font partie des meilleurs compacts du marché. Si vous êtes prêts à sacrifier quelques centaines de francs, à tirer un trait sur certaines fonctions évoluées et à emporter quelques grammes supplémentaires, n'hésitez pas. Cet appareil-là vous suivra jusqu'au bout du monde et se trouvera à l'aise dans la poussière du bush australien, comme au bord de la piscine d'un palace de Miami.

Photo panoramique

Face à certains paysages, l'oeil chavire, saoulé d'espaces et d'horizons. On voudrait tout embrasser, mais un infime déclic n'y suffirait pas. Place au panoramique, un appareil photo magique qui vous tourneboule les sens dans tous les sens. Sa vision des choses est étonnante, d'autant plus que sur certains modèles, la pellicule tourne dans l'appareil, à moins que ce ne soit l'objectif qui décrive un arc de cercle. La perspective elle-même ne correspond alors plus à rien de connu. Avec certains appareils, l'objectif défilant devant la pellicule produit un effet d'anamorphose, une ligne horizontale étant traduite par une courbe. Peu gênant en paysage, cet effet pose problème en architecture. Il faut donc veiller à bien positionner l'horizon au centre de l'image pour que ce dernier soit rectiligne, et proscrire absolument l'horizon dans la moitié inférieure de l'image car la rotondité de la Terre serait inversée ! Les appareils panoramiques ne se satisfont que des larges horizons. Epargnez-leur la forêt amazonienne, préférez toujours le sommet au flanc de la montagne, bref sachez ce qui se passe derrière votre dos. Choisir le panoramique, c'est aussi choisir de voir le monde d'une autre manière. Balayez donc vos vieux réflexes de photographe aguerri, transgressez les règles de composition et oubliez le fameux nombre d'or. Une vraie cure de grand large. Tout est différent au royaume du panoramique. Ainsi, que faire d'un panorama à trois cent soixante degrés, si votre négatif ou votre diapo mesure vingt quatre millimètres de haut sur deux cents de long ? Aucun agrandisseur amateur n'acceptera ce format. Aucun projecteur non plus. Il vous faudra alors passer par un laboratoire spécialement équipé. Enfin, aucun appareil panoramique n'est doté de cellule. Imaginez que sur une même photo, vous pouvez réunir le soleil à son couchant et le paysage à l'est, déjà au crépuscule. Et pas moyen de modifier les paramètres d'exposition sur une même photo pour encaisser la différence d'intensité lumineuse. Seule parade : choisir du film négatif s'accommodant mieux des contrastes et pouvant être corrigé au tirage ; mesurer la lumière sur deux zones, la plus claire et la plus foncée ; et ne pas faire une simple moyenne, mais privilégier la partie de l'image la plus intéressante. Enfin, et surtout, réaliser systématiquement trois photos pour le même sujet en modifiant les valeurs. L'image panoramique reste bien un délicieux mélange de bricolage et d'ingéniosité. C'est probablement aussi ce qui fait tout l'intérêt d'une photo plutôt marginale où toutes les folies sont permises. Les voyageurs ont encore peu exploité les richesses de ce territoire inconnu.

Noir et blanc

Le voyage est tout couleur et la monochromie est devenue l'apanage des amateurs passionnés par cette faculté qu'a le noir et blanc de chasser l'anecdotique pour aller à l'essentiel. On ne voyage pas confortablement en noir et blanc et en couleur. Choisissez donc l'un ou l'autre en fonction de vos envies et du type de reportage que vous allez réaliser. Pour qui impose à ses films des conditions de conservation ou de stockage parfois rudes, le noir et blanc est intéressant, car il est moins sensible que la couleur aux températures extrêmes et à l'humidité. En outre, l'image latente se dégrade plus lentement entre le moment où la photo a été prise et celui où le film est développé. En voyage, on pourra se contenter d'un seul type de film noir et blanc. Un ISO 400 sera à l'aise dans toutes les situations, en intérieur comme en extérieur pour la photo d'action et pourra éventuellement être poussé si la lumière venait à manquer. Plus encore qu'en couleurs, il faudra soigner l'originalité du regard porté sur le monde. Car l'histoire du noir et blanc est plus longue que celle de la couleur. Les grands photographes ont déjà bien balisé ce territoire. Et les reportages qu'ils ont publiés représentent autant de belles leçons d'images pour qui voudrait suivre leurs illustres traces.

Location

Louer un équipement photo représente parfois une bonne alternative pour des besoins ponctuels. Appareil panoramique ou Polaroid, chambre de prise de vues, moyen-format, posemètre indépendant, objectif, flash de studio, éclairage au tungstène, flashmètre, télécommande à infrarouge, tous ces matériels très spécialisés se louent. Pourquoi alors investir dans des accessoires onéreux, ou qui ne rendront service qu'épisodiquement ? Exemple ? Un 2/200 mm. On a du mal à imaginer la différence qu'il y a entre ce mastodonte et le classique 4/200 mm. Pourtant, chez le même fabricant, le 2/200 mm prend trois fois plus de place et pèse quatre fois plus lourd que son petit frère. Mais alors, pourquoi risquer de se démettre les vertèbres en transportant un tel monstre, alors que les longueurs focales des deux objectifs sont rigoureusement identiques ? Parce que de 2 à 4/200 mm, il y a deux valeurs de diaphragme d'écart. Photographier avec cet outil, c'est donc utiliser de la pellicule ISO 100, au lieu d'une ISO 400, déclencher au 1/250 s quand les autres tremblent au 1/60 s, profiter de l'éclairage ambiant au lieu de sortir le flash, suivre un sujet à main levée plutôt que de déployer le trépied ou encore bénéficier d'un viseur aussi clair qu'avec une focale normale pour faciliter la mise au point. Pas moins ! Seul le montant de la facture interdit, de fait, l'achat d'un 2/200 mm. Quant à la location à la journée ou à la semaine, elle sera évidemment encore coûteuse, mais il est certains cas où l'image n'a pas de prix. Enfin, il faut se souvenir que cette formule permet aussi de choisir son équipement sans se tromper. Téléobjectif ou focale moyenne avec doubleur ? Zoom ou focale fixe ? Un boîtier, mais lequel ? Passez donc une semaine avec le matériel de vos rêves, observez-le sous toutes ses coutures, mettez-le à l'épreuve, et analysez bien cet essai. Certains choix a priori judicieux ne résistent pas à cette petite épreuve. Et les loueurs proposent souvent la déduction du montant de la location en cas d'achat. Une option intéressante pour qui veut investir intelligemment.

Filtres

Rien ne sert d'avoir un objectif haut de gamme, si c'est pour l'affubler d'une sinistre lentille en verre non-traité. Un filtre est toujours un obstacle pour les rayons lumineux. Il faut donc n'utiliser que des produits d'excellente qualité. Par ailleurs, il est inutile de chapeauter l'objectif du sempiternel anti-UV qui n'est réellement nécessaire qu'en très haute montagne ou en mer. Un pare-soleil protégera des chocs, tout en éliminant les réflexions parasites et un bouchon coiffera l'objectif au repos. Afin de s'y retrouver parmi les milliers de références de filtres, il faut distinguer quatre familles.

Pour utiliser un film tungstène au soleil, vous choisirez un modèle de conversion 85 B, de couleur saumon. Le 80 A (bleu) vous permettra de travailler avec une pellicule lumière du jour en intérieur ou sous les sunlights des studios.

Les filtres correcteurs de lumière comportent deux références principales. La série 81, jaune, avec six modèles (dont le 81B), est couramment utilisée pour hâler les tons chair, rendre moins froide une zone d'ombre ou photographier par temps couvert. Les quatre modèles de la série 82, sont destinés à refroidir les lumières trop chaudes. Pour photographier un feu de cheminée ou un paysage nocturne tout en conservant un zeste d'ambiance.

Les ciels d'un bleu d'encre sont souvent interprétés par le polarisant. Un filtre qui fait passer la mer du vert tendre au bleu limpide, bref, qui vous « paradise » une prise de vues. Son effet, variable suivant l'orientation, est visible dans le viseur. Destiné originellement à supprimer les réflexions sur les surfaces lisses, il permet aussi d'assombrir le ciel, avec un effet d'autant plus marqué que la zone se trouve à l'opposé du soleil. Enfin, ce filtre est anti-UV. En réduisant le voile atmosphérique, il éclaircit les lointains et supprime la dominante bleutée de l'horizon. Si vous ne devez acheter qu'un filtre, que ce soit celui-ci.

Les derniers rejetons de cette longue famille sont les filtres « créatifs » qui ne portent pas toujours bien leur nom. Les utilisateurs les plus exigeants n'utiliseront qu'avec parcimonie ces jambes de bois du photographe en panne d'imagination. Tout le mérite des grands paysagistes, c'est d'avoir inventé la photo à filtre sans filtre. L'effet, lui, est déjà dans la nature. Il suffit de savoir regarder. La scène est là. Elle dure une seconde, et c'est votre expérience qui permettra de la capter avec le plus grand bonheur. Aucun filtre ne sauvera cette magie-là, celle de l'instant.

Des températures hautes en couleurs

De la chaude lueur d'une bougie aux froides étendues d'un ciel bleu du nord, toutes les lumières avec leurs nuances de couleurs :

Lueur d'une bougie

1 500 °K Lumière chaude (rouge)

Lampe à huile ou à pétrole

2 000 °K

Lampe domestique de soixante watts

2 700 °K

Lampe domestique de cent watts

2 900 °K

Lampe domestique de deux cents watts

3 000 °K

Projecteur de diapositives

3 000 °K

Clair de lune

3 000 °K

Soleil levant ou couchant à 2° de l'horizon

3 000 °K

Lampe à iode ou au tungstène

3 200 °K

Lampe flood à iode ou au tungstène

3 400 °K

Soleil levant ou couchant à 10° de l'horizon

3 500 °K

Soleil levant ou couchant à 20° de l'horizon

4 000 °K

Soleil levant ou couchant à 30° de l'horizon

4 500 °K

Flashcube

4 900 °K

Lumière solaire directe

4 900 à 5 500 °K

Plein soleil à midi, le 21 mars à Washington

5 400 °K Lumière neutre

Ciel clair à midi en hiver

5 500 à 6 000 °K

Flash électronique

5 500 à 6 500 °K

Ciel brumeux à midi en hiver

5 700 à 5 900 °K

Ciel clair à midi en été

6 000 à 7 000 °K

Ciel nuageux

6 500 à 8 000 °K

Ciel bleu au nord

12 000 à 22 000 °K Lumière froide (bleue)

Entretien

C'est la dernière phase du check-up. Côté boîtier, passez gainages et parties métalliques au chiffon doux légèrement imbibé d'alcool à 90°. Tentez d'extirper poussières et graisses qui se nichent dans les interstices. Nettoyez aussi les piles, les contacts électriques (dos, sabot de flash, télécommande, objectif, codage DX, etc.), le presseur du film et l'oculaire de visée. Ne dépoussiérez que très délicatement le verre de visée lui-même et évitez tout contact avec le miroir dont le revêtement est très fragile. Mêmes précautions en ce qui concerne vos objectifs. Le fût peut être nettoyé au chiffon doux. Pour les lentilles, commencez par faire la poussière avec un pinceau, une poire ou une bombe à air. Puis, frottez-les délicatement avec un papier non-tissé qui ne peluche pas. N'employez pas de mouchoirs et autres peaux de chamois. Une infinité de petites rayures dégraderait le piqué, alors qu'une entaille plus importante sur le verre ne sera sensible qu'avec une forte source de lumière dans le champ. Tout est briqué ? Alors en route pour de nouvelles aventures...

Photo aérienne

La première photo de votre voyage sera celle que vous prendrez depuis le hublot de l'avion. Elle sera étonnante si vous savez mettre toutes les chances de votre côté. Droite ou gauche ? La position de votre siège est importante. Évitez ceux où l'aile sera votre seul horizon. Vérifiez ensuite le sens de la marche. Si vous partez de Paris pour Casablanca, les places de droite ne vous offriront aucune perspective sur les montagnes de l'Atlas. De l'intérêt de lire une carte pour connaître les positions stratégiques. Enfin, ne vous attendez pas à une netteté au-dessus de tout soupçon. Les hublots sont réalisés en matière synthétique teintée et comportent deux surfaces, généralement bombées et souvent sales. Pire que le pire des filtres ! Pour obtenir une image correcte, il faut coller l'objectif contre la vitre et ouvrir le diaphragme pour diminuer la profondeur de champ. Vous déclencherez alors avec une vitesse très rapide, ce qui évitera les flous de bougé dus aux vibrations de l'avion. Ce dernier conseil vaut aussi pour un vol sur un petit avion privé, un ULM, un delta-plane ou mieux, un hélicoptère ou une montgolfière qui sont des engins très stables. Vous pourrez alors opérer à l'air libre, sans qu'une méchante fenêtre fasse obstacle. Utilisez un zoom 35-70 mm qui vous permettra de varier les cadrages, calez-le sur l'infini et ouvrez l'oeil pour saisir le monde vu d'en haut. Points de vues inédits garantis.

Architecture

La photo d'architecture est une école de rigueur. Choix du cadrage, attente de la bonne lumière, autant d'éléments qui signent une belle image urbaine. Le plus efficace des objectifs à décentrement ne rattrapera pas une perspective de guingois. Pour une photo descriptive, il est important de se placer sur une ligne médiane par rapport à la façade, afin que la symétrie soit précisément respectée. Si le recul est insuffisant, on pourra utiliser un grand-angle en vérifiant que les verticales ne sont pas déformées. Mais mieux vaut parfois un point de fuite bien marqué qu'une série de lignes imparfaitement parallèles. L'impression de stabilité sera donnée aussitôt qu'au moins un élément du bâtiment suivra le bord de l'image. De même, pour les détails, l'utilisation d'un 85 mm évitera les déformations, toujours désagréables même lorsqu'elles sont minimes, sur une porte ou une sculpture. Enfin, il faut savoir jouer de la lumière. Un bel éclairage rasant accentuera les matières et les reliefs, un contre-jour mettra en valeur une silhouette. Autant de raisons pour ne déclencher que lorsque tous les éléments sont réunis. L'architecture est un sujet statique qui satisfera le photographe méticuleux. Celui qui use du trépied et de pellicules très fines pour retenir de son modèle le plus infime des détails.

Énergies

Faut-il regretter les appareils qui fonctionnaient sans alimentation électrique ? Pour répondre à cette question, une autre question : avec un film ISO 400, quel diaphragme et quelle vitesse pour cet éleveur lapon évoluant parmi ses rennes sous le soleil de minuit ? Rares sont ceux qui pourraient y répondre avant que la scène intéressante ne se soit évanouie. Pour un usage courant, mieux vaut donc avoir toujours sur soi un ou plusieurs jeux de piles de rechange pour chacun des appareils emportés (boîtiers, flashes, moteurs, etc.). On en trouve deux modèles principaux. Les premières, au lithium, sont onéreuses, mais se conservent longtemps sans perte de tension et présentent un bon comportement par grand froid. Utilisées avec un flash, elles réduisent le temps de recyclage. Mais ces piles ne doivent être utilisées que si le constructeur le préconise. Les secondes, cylindriques, équipent la plupart des radios et des lampes de poche. Elles sont donc très faciles à trouver, y compris dans un general store ou au comptoir d'une escale en pleine jungle. Les plus répandues sont les modèles AA de 1,5 volts, à ne pas confondre avec les AAA de même voltage, mais plus petites et moins facilement disponibles. N'oubliez pas que vous pouvez tomber en panne à plusieurs jours de route de toute civilisation. Ayez donc toujours un jeu de réserve. En outre, tous les villages n'étant pas électrifiés, ne vous croyez pas à l'abri sous prétexte que vous disposez d'« accus » rechargeables. Achetez plutôt un chargeur solaire ou un accessoire qui permette le branchement sur la batterie d'un véhicule. Veillez alors à ne pas l'employer pendant la nuit. Vous ne seriez pas plus avancé si le 4 x 4 ne redémarrait plus le lendemain matin ! Enfin, n'attendez pas que vos piles soient épuisées pour en changer. Remplacez-les intégralement au moins une fois par an, en n'utilisant que des modèles de même marque et de même type. Ne pas respecter cette règle pourrait entraîner un mauvais fonctionnement, notamment au niveau de l'exposition. N'employez des batteries rechargeables que si le mode d'emploi l'autorise et ne tentez pas de recharger des piles traditionnelles. Évitez encore de les laisser dans les appareils si ceux-ci ne sont pas utilisés pendant plus d'un mois et surtout, ne jetez pas les piles au feu ou dans la nature, car elles sont très polluantes. Certains revendeurs se chargent de collecter les piles usagées. Petit geste qui a un grand effet sur l'environnement.

Studio mobile

Les flashes utilisés avec les reflex bénéficient bien d'automatismes performants, mais leur puissance reste faible. En outre, en raison de la petite taille de leur réflecteur, ils fournissent un éclairage très ponctuel, aux ombres dures, et ne permettent pas de contrôler la qualité et la direction de la lumière. Les modèles avec tête orientable facilitent les éclairages plus élaborés, par réflexion sur un plafond ou un mur. Encore faut-il que ces derniers soient blancs, sinon l'image aura une dominante liée à la couleur du support. Pour pallier ce défaut, certains flashes sont dotés d'une deuxième tête qui éclaire directement le sujet. Mais il est possible aussi de renvoyer la lumière sur un réflecteur portable, utile également en extérieur pour déboucher une lumière naturelle trop crue. Une simple surface blanche (tissu ou papier), tendue devant le sujet, rendra le même service pour améliorer le rendement qualitatif du flash. La technique est simple pour les possesseurs de boîtiers bénéficiant de la mesure TTL au flash, puisqu'aucun calcul n'est nécessaire pour adapter l'exposition à cette lumière si particulière. Quant à l'utilisation des flashes autonomes de studio, elle sera réservée aux voyageurs motorisés. Ce que permettent ces outils ? Construire un éclairage avec plusieurs torches, adoucir une lumière trop dure, contrôler les ombres portées grâce à la lampe-pilote, bref, élaborer une véritable mise en scène. Il n'existe que peu de modèles qui fonctionnent sur « accus » ou piles et tous nécessitent un flashmètre pour mesurer l'exposition. Enfin, il ne faut pas négliger les atouts du tungstène. Branchées sur batteries, ces torches fournissent un éclairage continu durant quelques dizaines de minutes avec une puissance allant jusqu'à mille watts et une température de couleur de 3 200 à 3 400 °K. Leur principal inconvénient est de transformer le studio en sauna, mais leur prix reste très compétitif. Pour supporter ce matériel, il sera nécessaire de s'équiper de pieds, mais aussi de lampes et d'« accus » de rechange, ainsi que d'une toile de fond qui apportera la touche studio aux images. Tout cela coûte cher. Mais c'est le prix de l'originalité, car ils sont peu nombreux à avoir fait le pari de l'éclairage du studio dans des sites difficiles d'accès. Enfin, ce matériel ne s'utilise pas seulement sur la banquise ou au coeur de la forêt tropicale. Le flash de studio aura sa place chez vous pour réaliser la galerie de portraits des amis de passage surpris de vous découvrir une passion soudaine pour la plus belle des lumières.

Laboratoire mobile

On sait avec quel soin les laboratoires professionnels développent nos bobines. Inutile de dire qu'avec 95 % d'humidité, des températures de - 30 ou + 40 °C, sans eau courante ou sans électricité, la pratique du développement ou du tirage couleur en voyage relève de l'exploit. Si vous tenez absolument à voir vos images avant le retour, la solution passe par un laboratoire. Un vrai. Il serait bien étonnant que la capitale du pays ne dispose pas d'au moins un équipement performant. À vous de découvrir le laboratoire qui saura traiter amoureusement vos films. Les fabricants sauront vous aiguiller sur leurs partenaires à l'étranger. N'hésitez donc pas à les contacter avant votre départ. Mais si vous partez longtemps à l'écart de toute civilisation, il sera prudent de renvoyer vos films une fois par mois chez un ami ou dans un laboratoire qui saura vous prévenir si votre cellule est en surexposition d'un diaphragme. Mettez-vous d'accord avant le départ : fréquence moyenne des envois (numérotez-les et précisez le nombre de bobines) et nature des travaux. En noir et blanc, le voyageur motorisé pourra développer lui-même avec des moyens légers. L'opération ne nécessite qu'un manchon étanche à la lumière pour sortir les films de leurs cartouches et les enrouler dans la spire. Ensuite, tout se passe au jour dans une cuve étanche. Matériel complété par un thermomètre, du révélateur, du fixateur, beaucoup d'eau et... quatre pinces à linge. Prévert n'aurait pas fait mieux. Les solutions concentrées liquides de produits sont préférables aux poudres à délayer. Enfin, pensez à emporter des planches de classement pour vos négatifs, à moins que vous ne les conserviez roulés dans leur container d'origine. Une alternative intéressante pour qui part six mois en 4 x 4 sur un site éloigné de tout.

Conservation

Les photos sont des denrées périssables. Alors qu'elles ont pour vocation de garder la trace de notre vie, elles résistent parfois difficilement à l'épreuve d'un siècle. Pour éviter que les couleurs ne passent ou que le noir et blanc devienne gris et jaune, stockez vos images dans un endroit sec (idéalement entre 15 et 40 % d'humidité relative), à l'abri des émanations chimiques (vernis des meubles en bois, peinture, antimites, etc.), de la chaleur (moins de 21°C), de la poussière et de la lumière (ce sont les ultraviolets qui dégradent les colorants). Ne rangez rien au laboratoire, ni au réfrigérateur, beaucoup trop humide, même si le froid freine le vieillissement des photos. Évitez aussi les caches en carton qui attirent les moisissures, et les montures sous-verre (caches ou cadres) qui protègent bien des rayures et autres traces de doigts, mais retiennent aussi beaucoup d'humidité. Enfin, ne laissez pas vos photos trop longtemps dans le projecteur, sous l'agrandisseur ou sur la table lumineuse. Mais la bonne conservation des images est aussi directement liée aux conditions de traitement. D'où l'intérêt de faire appel à un excellent laboratoire pour l'ensemble de vos développements.


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© Pascal Kober


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