Abécédaire amoureux du jazz

Abécédaire amoureux du jazz (An ABC for Jazz Lovers)La marque d’un grand photographe de jazz, c’est lorsque vous pouvez entendre la musique en regardant ses images. Comme si les notes bondissaient hors des pages pour venir se draper autour de vous. Après avoir vu tous ces portraits, j’ai refermé le livre et littéralement, j’ai entendu la musique s’arrêter… J’ai alors réalisé que j’avais vraiment écouté les images de Pascal. Comme si ses archives contenaient à la fois des photographies et du son ! Je peux ici ressentir tout son amour pour le jazz comme son grand respect envers les musiciens qu’il a pu rencontrer et photographier. Il a ainsi réussi à capter pour ses lecteurs, à la fois la passion pour cette musique, l’âme de ces musiciens et l’énergie magique de ces festivals. En feuilletant ces pages, je ressens tant de sentiments différents : la joie, l’excitation, une nostalgie mélancolique, aussi, lorsque je m’arrête sur les portraits de Miles ou de Toots (saudade…) et enfin l’espoir pour le futur, avec les Enfants du jazz. En tant que musicien, l’expérience vécue lors d’un concert de jazz est extrêmement éphémère. L’accord, toujours un peu magique, entre musique, ambiance, public et énergie ne dure que quelques petites heures. Et le fait que ce grand bonheur ne puisse exister que durant un court instant ajoute à cette formidable magie du concert. Depuis le regard intense de Miles jusqu’au sourire transcendant de Toots, Pascal réussit à saisir, dans ses images et pour l’éternité, un peu de cette magie du direct. Il nous permet à nous, lecteurs, spectateurs, auditeurs, de la revivre encore et encore…

Marcus Miller

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Abécédaire amoureux du jazz
Sous les feux des projecteurs ou dans l’intimité d’une loge, dans les salles de répétition ou au cœur des grandes tournées internationales, les images de Pascal Kober révèlent un regard singulier qui sait aussi jouer avec les mots. Pour la revue Jazz Hot, le photojournaliste témoigne depuis plusieurs décennies des évolutions d’une musique centenaire, riche de son extraordinaire diversité. Tendresse pour la note bleue, émotion et complicité marquent ces tranches de vie commentées, ces lettres et ces visages, en dessinant un abécédaire tout en humanité, dans une proximité inhabituelle avec les musiciens. Pour ceux qui aiment le jazz comme pour ceux qui pensent… ne pas l’aimer (!), un concentré de petits bonheurs qui va vous enchanter… Le jazz comme vous ne l’avez jamais vu !

An ABC for Jazz Lovers

Ce livre, préfacé par Marcus Miller, bassiste, compositeur, arrangeur et compagnon de route de Miles Davis dans les années 1980, accompagne et prolonge une exposition photographique de Pascal Kober, produite par le musée de l’Ancien Évêché à Grenoble (Isère, France). Cet ouvrage est également disponible en langue anglaise : An ABC for Jazz Lovers.

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Randy Weston Festival Jazz à Vienne, 2016 Photo : Pascal Kober

Randy Weston
Festival Jazz à Vienne, 2016
Photo : Pascal Kober

Le jazz prend sa source sur ce continent. À la fin des années 1960, Randy Weston a été parmi les premiers à réunir musiciens africains et américains. Il avait ainsi ouvert un club de jazz au Maroc, invitant des musiciens gnawas à partager la scène avec lui. Lorsqu’il m’a accordé cette séance de portrait, il fêtait ses 90 ans. Bon pied, bon œil (et surtout excellente oreille !), Randy Weston a une fois de plus enchanté son public lors de son concert. Chapeau bas, monsieur Weston !

Chick Corea International Istanbul Jazz Festival, Turquie, 1996 Photo : Pascal Kober

Chick Corea
International Istanbul Jazz Festival, Turquie, 1996
Photo  : Pascal Kober

Dans le jargon des musiciens, la «   balance  » (ou sound-check) est ce moment où ils peaufinent l’équilibre de leurs instruments en lien avec les deux ingénieurs du son. Le premier leur fait face, derrière sa console de mixage, pour régler les «   façades  ». Le second, encore plus important pour les artistes, est discrètement installé à même la scène pour soigner le son des enceintes de retour, individuellement réglées pour chacun des musiciens. Un beau terrain de jeu pour le photographe.

Esperanza Spalding Festival Les Estivales de Savoie, château des ducs de Chambéry, 2013 Photo : Pascal Kober

Esperanza Spalding
Festival Les Estivales de Savoie, château des ducs de Chambéry, 2013
Photo  : Pascal Kober

I was introduced to Esperanza Spalding in 2009 when her first album, Junjo, which was virtually mainstream, appeared. These days, there’s something Frank Zappa’-like about her, and her concerts bellow with a wonderful youthful energy.  A great success with the public.  Less so among jazz critics. Personally, I like the cheeky daring of this composer, barely thirty years-old, with her childhood spent in the poor neighbourhoods of Portland, Oregon, and her top of the class career, who pokes fun of what the establishment thinks, and loves her instrument as much as she loves her audience.

Lisa Simone Festival Jazz à Vienne, 2016 Photo : Pascal Kober

Lisa Simone
Festival Jazz à Vienne, 2016
Photo  : Pascal Kober

J’avais rencontré Nina, sa maman, en 1992, dans un festival à Pointe-à-Pitre. Pas facile, la maman… Et vie tout aussi pas facile pour Lisa, sa fille. L’ancienne de l’US Air Force est en empathie immédiate avec son public et tous ceux qu’elle rencontre. Ce jour-là, elle m’a accordé deux petites séances photos. La première en mode glamour en studio. La seconde, ici, plus décontractée, pour ce portrait «   à la John Lennon  » dont je sais qu’elle l’adore… Le portrait, tout comme Lennon  !

Sahib Shihab, Anthony Anelli et Benny Powell Festival Jazz Musiques, Grenoble, 1986 Photo : Pascal Kober

Sahib Shihab, Anthony Anelli et Benny Powell
Festival Jazz Musiques, Grenoble, 1986
Photo  : Pascal Kober

Trois grands solistes américains étaient les invités de l’Orchestre régional de jazz dirigé par André Anelli. Dont le fils clôturera le concert par une jam-session  ! Quelle autre forme de musique aurait permis cette rencontre  ? Où qu’il aille dans le monde, le musicien de jazz sait qu’il pourra jouer de façon impromptue avec n’importe quel autre musicien de jazz s’ils s’entendent sur une grille d’accords et la tonalité d’un standard du Great American SongBook. Le jazz  ? Une culture partagée…

Dee Dee Bridgewater, China Moses et… Elliott Festival Jazz à Vienne, 2010 Photo : Pascal Kober

Dee Dee Bridgewater, China Moses et… Elliott
Festival Jazz à Vienne, 2010
Photo  : Pascal Kober

Trente ans que j’écoute Dee Dee. Depuis ses reprises des standards d’Ella Fitzgerald jusqu’à sa version jazz de Carmen (oui, celle de Bizet, réarrangée par Ivan Jullien à la demande de Jean-Paul Boutellier) en passant par son joli French SongBook avec Louis Winsberg. Trente ans et pas un raté. Les grincheux lui reprochent son abattage. Moi, c’est comme ça que je l’aime, Dee Dee. Avec son bagout. Avec la complicité tissée avec sa fille, China, grande chanteuse de jazz. Et avec Elliott, son chien qui tire la langue aux photographes  !

Manhattan Transfer Festival Jazz à Vienne, 1987 Photo : Pascal Kober

Manhattan Transfer
Festival Jazz à Vienne, 1987
Photo  : Pascal Kober

Quelques formations emblématiques marquent l’histoire du jazz, avec une identité artistique de groupe. Sans des musiciens comme Janis Siegel, Tim Hauser, Cheryl Bentyne et Alan Paul, le public du jazz se réduirait à peau de chagrin. Souvent méprisé par la critique spécialisée, Manhattan Transfer a su séduire les amateurs tout en poursuivant la longue tradition des formations de jazz vocal et de l’entertainment.

Bobby McFerrin Festival Jazz à Vienne, 2010 Photo : Pascal Kober

Bobby McFerrin
Festival Jazz à Vienne, 2010
Photo  : Pascal Kober

Happening. Si, si, ça arrive  ! Et même plus souvent qu’on ne le croit. Ça a même quelque chose à voir avec de l’art  ! Arpentant le proscenium, le chanteur américain se joue de l’acoustique du théâtre antique comme du public qui, ravi, lui renvoie ses sourires et son bonheur d’être là. Magie des vieilles pierres et du sens du spectacle d’un musicien qui, faut-il le rappeler, est connu pour ce qui est devenu un tube  : Don’t Worry, Be Happy  ! On ne saurait mieux dire  !

Lou Tavano Jazz Club de Grenoble, 2012 Photo : Pascal Kober

Lou Tavano
Jazz Club de Grenoble, 2012
Photo  : Pascal Kober

Elle aime Bali, la Russie et la musique classique. Et ça me suffirait pour l’aimer… «  Pour ceux qui n’aiment pas le jazz  »… En 1992, je titrais ainsi un texte qui se concluait par  : «  L’amour du jazz est un cheminement, avec des étapes où il fait bon se reposer avant d’aborder d’autres aventures. Un seul fil conducteur  : la curiosité. Sans laquelle rien n’a jamais été possible. Il existe mille façons d’aimer le jazz. Comme il existe mille manières d’aimer. Tout court.  » Écoutez Lou Tavano. Son dernier album s’intitule For You… Pour toi.

Michel Jules, Luiz Carlos de Paula et Stéphane Sarlin (trio Notenstock) invitent le bassiste Abraham Laboriel Festival Jazz à Vienne, 1993 Photo : Pascal Kober

Michel Jules, Luiz Carlos de Paula et Stéphane Sarlin (trio Notenstock)
invitent le bassiste Abraham Laboriel
Festival Jazz à Vienne, 1993
Photo  : Pascal Kober

Toujours, le «  bœuf  » est un concours de sourires  ! Regardez cet after hours saisi à bord d’une péniche amarrée sur les quais du Rhône. Le bassiste américain d’origine mexicaine n’est pas venu pour faire de la figuration. Abraham Laboriel aime la musique du trio et cela s’entend. Même si le disque enregistré ce jour-là traduit mal la magie du direct. Lui manque la chaleur moite, les boissons glacées et cette impression de corps à corps avec les musiciens. Lui reste l’énergie. Formidable. Brute. Le témoignage d’instants précieux tissés de connivences et de grands éclats de rire.

Hermeto Pascoal Festival Jazz à Vienne, 1986 Photo : Pascal Kober

Hermeto Pascoal
Festival Jazz à Vienne, 1986
Photo  : Pascal Kober

Un kaléïdoscope aux couleurs du drapeau brésilien rehaussé de rouge. Il fallait bien ça pour signifier toutes la richesse chromatique des compositions déjantées de ce fou d’Hermeto Pascoal. Un musicien hors-norme capable de faire sonner ensemble théières, chants de la basse-cour, jouets d’enfants et… commentateurs de matches de football  ! Un talent que le grand Miles Davis avait sollicité en 1970 pour… siffler (!) avec lui sur son album Live-Evil.

Quincy Jones dirigeant The Amazing Keystone Big Band Festival Jazz à Vienne, 2014 Photo : Pascal Kober

Quincy Jones dirigeant The Amazing Keystone Big Band
Festival Jazz à Vienne, 2014
Photo  : Pascal Kober

Il a «   inventé  » Michael Jackson (et tant d’autres !) pour les mettre sous les feux de la rampe. Maître Q est un passeur de lumières. Écoutez son Back in the Block… Ça date de 1989, mais c’est une pure merveille qui réunit entre autres (excusez du peu)  : George Benson, Ray Charles, Miles Davis, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie, Herbie Hancock, Al Jarreau, Bobby McFerrin, Prince, Sarah Vaughan et Joe Zawinul. The Amazing Keystone Big Band est sur les bons rails…

Carla Bley Festival Jazz Musiques, Grenoble, 1988 Photo : Pascal Kober

Carla Bley
Festival Jazz Musiques, Grenoble, 1988
Photo  : Pascal Kober

Si je vous dis qu’il s’agit d’une pianiste, vous aurez reconnu celle qui se cache derrière cette longue chevelure blonde en mouvement qui accroche si joliment la lumière. Carla Bley est de toutes les aventures dans les mondes du jazz.

Chan Parker Aéroport d’Izmir, Turquie, 1995 Photo : Pascal Kober

Chan Parker
Aéroport d’Izmir, Turquie, 1995
Photo  : Pascal Kober

Dans quelques heures, l’épouse de «  Bird  », charmante, va retrouver sa campagne francilienne. Chaque année, elle était reçue en amie par Fùsun Levet-Bulut et son équipe au festival de jazz de Kuşadası. L’avion est un mode de déplacement très commun pour les musiciens. Mais parfois, les dates s’enchaînent sans répit ni repos. J’ai ma petite théorie sur le sujet  : en tournée, le seul endroit où un musicien peut se retrouver comme chez lui, avec ses repères personnel et dans l’intimité de son univers, c’est… sur la scène  !

Christian Vander (Magma) Salle des fêtes, Rombas, 1978 Photo : Pascal Kober

Christian Vander (Magma)
Salle des fêtes, Rombas, 1978
Photo  : Pascal Kober

Itinéraire d’un enfant du rock dans l’ombre du jazz. À quatorze ans, tout commence avec un Good Book de Louis Armstrong. Et si cette musique ne suscite pas (et heureusement !) la conversion religieuse, elle marque le déclic. Puis, plus rien. Le rock est là. Les Magma et autres Weidorje se prévalent certes de Carl Orff et de Stravinsky, comme de John Coltrane et de Pharoah Sanders. Mais pour moi, il est encore un tantinet trop tôt. Ce qui ne m’empêchera pas d’œuvrer dans l’ombre pour organiser des… concerts de Magma dans ma ville natale.

Geri Allen Festival Jazz à Vienne, 1988 Photo : Pascal Kober

Geri Allen
Festival Jazz à Vienne, 1988
Photo  : Pascal Kober

Au cœur de la note, le nez au ras des cordes. Le piano présente une drôle d’architecture qui permet parfois de surprendre ces attitudes de concentration. La musique de Geri Allen a dû m’inspirer cette interprétation du portrait qui transforme les pierres romaines du théâtre antique en partition de lumière. Elle accompagnait ce soir-là le saxophoniste Buddy Collette, l’un des plus grands (et des plus méconnus) compositeurs et musiciens de jazz. Geri nous a hélas quittés à l’âge de 60 ans quelques jours après la parution de mon Abécédaire amoureux du jazz, le 27 juin 2017.

Q comme quartet

Zacharie Abraham, Romain Pilon, Raphaële Atlan et Nicolas Charlier
Jazz Club de Grenoble, 2016

Cyrille Aimée
Festival Jazz à Vienne, 2015

Carmen Souza
La Faïencerie, La Tronche, 2015

Agathe Iracema
Festival Jazz à Vienne, 2013

Photos  : Pascal Kober

Marcus Miller, Agathe Iracema et les stagiaires des ateliers musicaux Festival Les Enfants du jazz, Barcelonnette, 2013 Photo : Pascal Kober

Marcus Miller, Agathe Iracema et les stagiaires des ateliers musicaux
Festival Les Enfants du jazz, Barcelonnette, 2013
Photo  : Pascal Kober

Y a-t-il plus grand bonheur pour un musicien de jazz que de partager une partie de son savoir  ? Marcus Miller s’en est donné à cœur joie avec les stagiaires des ateliers musicaux du festival. Au point de les inviter sur la grande scène pour un Come Together (oui, des Beatles !) d’anthologie  ! Ou comment créer un merveilleux spectacle en deux temps, trois mouvements, quelques répétitions et… une pointe d’humour  !

Terri Lyne Carrington Festival Jazz à Vienne, 1990 Photo : Pascal Kober

Terri Lyne Carrington
Festival Jazz à Vienne, 1990
Photo  : Pascal Kober

Elle était venue se relaxer après son sound check avec Stan Getz qu’elle accompagnait alors à la batterie. Quelques minutes auparavant, je lui avait offert deux petits tirages de courtoisie. Portraits réalisés lors d’un précédent concert. Elle les avait délicatement glissés entre les pages d’une biographie d’Angela Davis. De telles scènes sont aujourd’hui de plus en plus difficiles à saisir en raison de la volonté hégémonique de l’entourage de certains artistes de contrôler leur image. Demain, seront-elles encore possibles  ? Que restera-t-il de la mémoire photographique du jazz si de telles pratiques devaient se développer  ?

François Théberge, Gil Lachenal et Olivier Destephany Vol Genève-Moscou, 1991 Photo : Pascal Kober

François Théberge, Gil Lachenal et Olivier Destephany
Vol Genève-Moscou, 1991
Photo  : Pascal Kober

Plusieurs heures de vol. Et si l’on en profitait pour transformer l’Airbus en local de répétition au grand bonheur des quelques passagers présents  ? C’est ce qu’ont fait les musiciens de l’Orchestre régional de jazz, en route, pour une tournée en Union soviétique qui passait par la grande salle du palais des congrès au… Kremlin  !

Hank Jones Festival Jazz à Vienne, 1994 Photo : Pascal Kober

Hank Jones
Festival Jazz à Vienne, 1994
Festival Jazz à Vienne, 2004
Photos  : Pascal Kober

Couverture du n° 612, daté juillet-août 2004, de la revue Jazz Hot, avec l’autographe du pianiste.

Archie Shepp Jazz à Amiens, 1994 Photo : Pascal Kober

Archie Shepp
Jazz à Amiens, 1994
Photo  : Pascal Kober

Saxophoniste (d’abord), Archie Shepp a fréquenté les gnawas mais il est aussi (excellent) chanteur. Avec Anthony Braxton et Robert Wyatt, il fait partie de ces (nombreux) musiciens de jazz qui n’ont jamais appris le solfège. Et alors  ? Le blues est en lui. Et ça suffit à mon bonheur d’amateur de jazz vocal. La voix humaine est la plus belle des portes d’entrée vers la note bleue. Écoutez donc Cecil McLorin ou Dianne Reeves pour vous en convaincre.

Toots Thielemans Festival Jazz à Vienne, 1994 Photo : Pascal Kober

Toots Thielemans
Festival Jazz à Vienne, 1994
Photo  : Pascal Kober

«   Avec mon petit ventre rond, si je prends une longue note aspirée, je perd ma culotte  !  » Toots Thielemans éclate de rire. Le grand-père espiègle, né en Belgique en 1922, a joué avec les plus grands. Et à plus de «  septante ans  », ce talentueux touche-à-tout qui nous a hélas récemment quittés, était plus actif que jamais. Ce jour-là, il m’avait accordé un entretien pour la revue Jazz Hot. Une discussion amicale à bâtons (très, mais alors vraiment très) rompus, sur le Brésil et sur le reste, parfois grivois, avec, en toile de fond, la musique du duo Gilberto Gil – Caetano Veloso.

Hiromi Festival Jazz à Vienne, 2011 Photo : Pascal Kober

Hiromi
Festival Jazz à Vienne, 2011
Photo  : Pascal Kober

Pas fastoche de (presque) terminer un abécédaire, fut-il amoureux… À la lettre X, j’hésite. Avant de retrouver dans mon dictionnaire cette xénophilie qui sied si bien au jazz. Existe-t-il au monde une seule musique qui ait joué avec autant de beauté de l’amour de l’autre  ? La langueur de la bossa nova brésilienne, les polyrythmies africaines, l’héritage de la musique savante européenne, les ragas de l’Inde ou le French SongBook de Nougaro et Trenet transposés, tout va au jazz. Et c’est pour ça qu’on l’aime.

Pat Metheny Festival Jazz à Vienne, 1990 Photo : Pascal Kober

Pat Metheny
Festival Jazz à Vienne, 1990
Photo  : Pascal Kober

Y comme… Œil  ! «   Se le frotter au papier de verre  » dit le grand Guy Le Querrec. Aïe  ! Ça fait mal. Mais c’est la condition sine qua non pour croquer le portrait autrement. Nombre de musiciens de jazz ont accepté de plonger leur regard dans les noires profondeurs de mon objectif, le temps d’un 1/125 de seconde. Avec son ami Prévert, Robert Doisneau en aurait fait un poème. Je n’ai pas ce talent. À tous les musiciens de jazz qui ont accepté de jouer le jeu, le saltimbanque de l’image veut simplement dire  : mercis  ! Mille.

John McLaughlin Festival Nancy Jazz Pulsations, 1979 Photo : Pascal Kober

John McLaughlin
Festival Nancy Jazz Pulsations, 1979
Photo  : Pascal Kober

L’une de mes premières photos de jazz. Réalisée alors que je m’arrachais les doigts sur une guitare en me demandant comment il était possible de jouer aussi vite que lui. Mon appareil photo devait ressembler à un Zenit d’origine soviétique (alors le moins cher des reflex) affublé d’un infâme zoom, ce qui n’a pas empêché une image de cette série de faire la une de la revue Jazz Hot dans sa version… floue (!) en mai 1994. Quinze ans après…

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2 réponses à Abécédaire amoureux du jazz

  1. Pascal MADERT dit :

    très beau site et très belles images.
    bravo !!

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