Les sourires d’Al Jarreau

«  Je suis très heureux d’être là ! Avec un peu de retard, mais je suis là… » Avec un peu de retard ? Tu parles ! Un an de retard, oui ! Pile. Al Jarreau, facétieux, sourit face à son public. Al Jarreau sourit toujours ! Y a-t-il eu un seul instant de la vie d’Al Jarreau qui n’ait pas été sourire ?

Ce vendredi 22 juillet 2011, Al Jarreau chante au festival «  Les enfants du jazz » à Barcelonnette, dans les Alpes de Haute-Provence. À plus de mille mètres d’altitude. Beat it, She’s leaving home, Spain… Tout est magnifique : le répertoire, le son, le cadre, le parc de la Sapinière, la belle architecture du musée de la Vallée derrière la scène, Larry Williams, son directeur musical. Pas une seule faute de goût.

Al Jarreau Festival « Les enfants du jazz », Barcelonnette. © 2011 Photo : Pascal Kober

Al Jarreau
Festival «  Les enfants du jazz », Barcelonnette.
© 2011 Photo : Pascal Kober

Un an auparavant, pile, le 22 juillet 2010, pile au même endroit, malaise respiratoire dans l’après-midi. Al est évacué en hélicoptère vers un hôpital de Marseille. Concert annulé.

Alors, un an après, pile, Al Jarreau tient à honorer l’engagement qu’il a signé un an auparavant.

Al Jarreau est heureux d’être là.

Heureux d’être vivant.

Heureux de partager sa musique avec les milliers de spectateurs du festival.

Heureux de la partager, surtout, avec les enfants du jazz, ces gamines et ces gamins qui, comme les jumelles d’Ibeyi, sont ici en stage pour se frotter à la note bleue.

Heureux d’échanger avec eux.

Heureux de signer leurs t-shirts.

Heureux d’éclater de rire avec eux.

Heureux.

Al Jarreau Festival « Les enfants du jazz », Barcelonnette. © 2011 Photo : Pascal Kober

Al Jarreau
Festival «  Les enfants du jazz », Barcelonnette.
© 2011 Photo : Pascal Kober

Al a été un homme heureux. Al nous a tous rendus heureux.

Aujourd’hui, Al nous manque. Et nous impose au moins autant de bonheur.

Si tant est que le bonheur puisse être imposé…

So long, Al…

Texte et photos : Pascal Kober

Al Jarreau nous a quittés le dimanche 12 février 2017 à l’âge de 76 ans. On peut l’écouter chanter en duo avec Claude Nougaro sur Armstrong (une version de Go down Moses que Claude avait transposée en français) dans une archive de l’Institut national de l’audiovisuel (dont on ne louera jamais assez la richesse documentaire !) en cliquant ici.

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