Kaori Ito, Chloé Lévy et Marcus Hageman

Quelques images du filage des deux pièces données par la danseuse japonaise Kaori Ito à L’Hexagone de Meylan. La première en solo (chorégraphie et interprétation de Kaori Ito sur une musique enregistrée de Guillaume Perret). La seconde en trio, avec la voix de Chloé Lévy et le violoncelle de Marcus Hagemann (Deux cordes, une voix ; une composition musicale de Chloé Lévy sur des textes du poète allemand Rainer Maria Rilke). La séance s’est poursuivie au musée de Grenoble où Kaori Ito et Chloé Lévy ont improvisé autour de cinq pièces de la collection permanente choisies par la danseuse et évoquant la féminité.

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Le site de Kaori Ito.
Le site de Chloé Lévy.
Le site de Marcus Hagemann.
Le site de L’Hexagone de Meylan.
Le site du musée de Grenoble.
Le site du Pacifique (merci spécial à Philippe Quoturel).

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Katia et Marielle Labèque : rock et baroque

Katia et Marielle LabèqueLa dernière fois que je suis allé écouter les sœurs Labèque, deux des plus belles pianistes classiques de la planète, c’était le 17 juillet 2011, entre… scies à ruban et stocks de bois (!) de l’atelier de construction des chalets Matti, dans le cadre du Menuhin Festival, à Gstaad, en Suisse. Moment de pur bonheur que de lire tant de joie sur leurs visages pendant toute la durée du concert. Ces deux-là ne savent rien faire comme tout le monde (voir notamment les productions de leur label KML) et c’est pour ça qu’on les aime. Hier, dans sa collection Empreintes, présentée par Annick Cojean, la chaîne France 5 diffusait un magnifique sujet réalisé par Fabrice Ferrari et Constance Lagarde. Émotion, écoute, justesse de ton, complicité réelle avec les artistes, touchantes images d’archives, tout y est bon. Rarement vu un documentaire aussi intelligemment réalisé sur des musiciens !

Rediffusion ce dimanche 28 avril 2013 à 0744 et jeudi 9 mai 2013 à 00 h 15.

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Les Alpes de Doisneau : prolongation

Formidable succès pour cette exposition du musée de l’Ancien Évêché, à Grenoble, à laquelle j’ai apporté ma (modeste) contribution. Inaugurée en novembre 2012, elle a déjà reçu plus de 60 000 visiteurs, tous ravis de découvrir tant de facettes méconnues du travail de Robert Doisneau, au travers de ces 120 photographies rassemblant nombre d’images inédites.

L’exposition devait s’achever demain, dimanche 14 avril ; elle sera finalement exceptionnellement prolongée jusqu’au dimanche 1er septembre 2013 afin de pouvoir également accueillir tous les visiteurs de passage dans les Alpes cet été. Et avant de s’envoler pour… le Japon !

Des animations particulières seront programmées les samedi 18 et dimanche 19 mai 2013 à l’occasion de la Nuit des musées (Musées en fête) ainsi que durant les Nocturnes au musée (tous les vendredis de l’été entre le 5 juillet et le 16 août 2013.

Article plus détaillé sur l’exposition et le catalogue en cliquant ici.

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Matthias Schriefl : Six, Alps & Jazz

Visiblement, si l’on en croit son portrait (en… peau de vache !) publié à l’intérieur du livret, le jeune trompettiste allemand Matthias Schriefl a grandi dans les alpages ! Ou presque : sa petite ville natale de Kempten n’est en effet située qu’à quelques encablures des sommets bavarois et autrichiens. Nul doute en tout cas, à l’écoute de ce CD auto-proclamé young german jazz, que sa musique est bel et bien estampillée alpine. À la vérité, peu de jazz ici, si ce n’est peut-être dans la liberté d’expression qu’il permet aux musiciens qui s’en emparent aujourd’hui. Mais beaucoup de détournements (et souvent jubilatoires) des mélodies traditionnelles de l’Allemagne méridionale et de ses montagnes. Matthias Schriefl use d’ailleurs d’instruments autochtones comme le cor (des Alpes) ou d’expressions locales comme le yodel pour bâtir, et de fort belle écriture, ce répertoire très finement arrangé pour les riches timbres des nombreux instruments à vent de son sextet. À défaut de jazz, une jolie curiosité qui permet de mesurer jusqu’à quel point les jeunes musiciens européens, dûment formés dans les Conservatoires, peuvent réinterpréter leur patrimoine.

Pascal Kober

Musiciens : Matthias Schriefl (tp, flh, etc.), Johannes Bär (tb, flh, etc.), Peter Heidl (flh, ts, etc.), Florian Trübsbach (as, cl, etc.), Heiko Bidmon (cl, fl, etc.), Gregor Bürger (bs, cl, etc.) + sept invités précisés dans le livret.
Thèmes : Langenwanger Intro, S´Deandl Vom Wintergrea, Am Schnackar Biichl, Andachtsjodler, Ländlesgruaß, Steinegger‘s Allerlei, Les Alpes Vues De Paris , S´isch Mer Alles Oi Ding, Langenwanger Reprise, Bald Ischs Halb Simme, Der Vorarlberger Problembär, Punzenjodler, Luschtig, Luschtig, Schlofiade.
Enregistré : en juillet et septembre 2011 à Bonn.
Durée : 5939″.
Référence : Act 9670 – 2.

Chronique publiée dans le numéro 60 de la revue L’Alpe.

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Nabucco à Grenoble

Quelques petites images (de famille ;-) des répétitions du Nabucco que va donner l’Orchestre symphonique universitaire de Grenoble, sous la direction de Patrick Souillot, du 15 au 19 mars au Summum à Grenoble. Informations en cliquant ici.

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Les nuages… là-bas… les merveilleux nuages

Eugène Boudin traversa le XIXe siècle pour annoncer l’impressionnisme. Autour de ses études de ciel, souvent marines, toujours magistrales, le musée Malraux du Havre a bâti une exposition (jusqu’au 24 janvier 2010) qui confronte le regard du peintre et la façon dont les photographes ont poursuivi ses recherches. Un voyage chronologique, depuis les précurseurs comme Le Gray dans les années 1850 jusqu’aux œuvres contemporaines d’Elina Brotherus, François Méchain ou Jean-Luc Tartari en passant par l’Américain Ansel Adams, le Britannique Hamish Fulton ou l’Italien Franco Fontana. Un beau travail de recherche, éclectique, érudit et fascinant dans sa complexité, dont rend compte ce catalogue lumineux.

Pascal Kober

Ouvrage collectif. Somogy éditions d’art. 200 pages. 25 €.

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Intermittents : l’imagination au pouvoir ?

João Gilberto. Jazz à Vienne. Samedi 28 juin. © Photo 2003 : Pascal Kober.

João Gilberto

Il a soixante-douze ans. Pour seules armes, sa guitare et sa voix. Ce samedi 28 juin 2003, face à ce que Claude Nougaro qualifiait de « tapisserie d’humanité », face à ces milliers de spectateurs assis en rangs serrés sur les gradins de pierre du théâtre antique romain de Vienne (France), João Gilberto a été contraint de quitter la scène après quelques dizaines de minutes de concert. De trop courtes minutes durant lesquelles les douces mélodies de l’un des inventeurs de la bossa nova, compagnon, dans les années 1960, du grand Stan Getz, n’ont pu résister au concert de klaxons, cornes de brume et autres hurlements d’une poignée d’intermittents du spectacle. Auparavant, la soirée avait commencé avec plus d’une demi-heure de retard. Le temps de faire entrer tous les spectateurs bloqués à l’entrée, de donner la parole, sur scène, aux intermittents de Jazz à Vienne eux-mêmes et de faire défiler leur texte sur les écrans géants du festival. Auparavant, le pianiste japonais Ryuichi Sakamoto et le quartet Morelenbaum avaient tenu, contre vents et marées, leur relecture des thèmes de Tom Jobim. Une performance chaleureusement saluée par de très longues minutes d’applaudissements.

Intermittents du spectacle pendant le concert de João Gilberto. Jazz à Vienne. Samedi 28 juin. © Photo 2003 : Pascal Kober.

Pas sûr que la cause défendue sorte grandie de cette manifestation de mépris pour la musique. Sûr, en revanche, qu’il y avait là erreur évidente sur la cible. Ce samedi, quelques intermittents du spectacle ont froissé des milliers de personnes dont la réaction, à l’issue de la lecture des revendications, démontrait pourtant l’adhésion à leur lutte. Ce samedi, on a entendu des amateurs de jazz demander la charge des CRS. Demain, quel nouveau 21 avril 2002 calamiteux nous prépare-t-on ainsi ? Ce samedi, quelques intermittents du spectacle ont censuré l’expression d’un artiste, l’expression de l’un des leurs. Avec facilité. En choisissant la victime la plus faible. Celle dont la prestation en solo, à peine amplifiée, ne supporte pas le moindre bruit. Demain, oseront-ils s’en prendre aux mégawatts et au service d’ordre musclé d’un Johnny Hallyday ou d’un Elton John ? Ce samedi, en somme, cette manière de faire relevait du suicide collectif. Surtout, elle ne gênait en rien ceux qui détiennent les clés pour sortir de cette crise : dirigeants du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), autres syndicats et gouvernement. Lorsque mon papa, ouvrier, communiste, faisait grève il y a une quarantaine d’années, ce sont les patrons de l’industrie sidérurgique qu’il exaspérait. La méthode de combat était juste. Et efficace.

Intermittents du spectacle, il vous faut, aujourd’hui, utiliser vos propres armes. Et elles sont nombreuses. Envahissez les manifestations organisées par ceux-là même qui ne veulent plus vous écouter, envoyez les cracheurs de feu à l’Assemblée nationale, organisez des happenings de comédiens dans les congrès du MEDEF, créez le contre-festival des festivals en plein centre de la place de la Concorde, investissez la télévision (où vous êtes, nous dit-on, si nombreux) pour faire entendre votre parole de façon ludique, mais de grâce, ne vous mettez pas le public à dos. Imaginez : si les instituteurs, plutôt que d’annuler leurs cours, contraignant des millions de parents à grignoter leurs jours de congés, si ces instituteurs avaient enseigné, durant cette dizaine de jours de grève, l’histoire des syndicats, les bagarres de la France d’en bas contre la France d’en haut… Une révolte ? Non, une révolution.

À vous d’inventer de nouvelles formes d’action, à vous de vous mettre en scène avec intelligence, à vous de porter au pouvoir cette imagination sans laquelle vous n’existeriez plus, cette imagination qui est votre passion, votre raison de vivre et votre pain quotidien. Montrez-nous que vous avez encore la capacité de nous émouvoir et de nous surprendre. Montrez-nous, en somme, qu’avant d’être « intermittents », vous êtes, d’abord, « du spectacle ».

Pascal Kober

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Maroc : Tanjazz, des amis de toute la vie

La douzième édition de Tanjazz se déroulera du 21 au 25 septembre 2011 avec une très belle programmation. Détails, extraits musicaux, sites des spectacles, billetterie et forfaits hébergements et concerts sur le site Internet de Tanjazz.

« Des amis de toute la vie » comme on dit ici, en terre africaine, à quelques encablures du détroit de Gibraltar. La formule résume joliment un festival comme on aimerait en fréquenter plus souvent. Prenez le métier d’un Pierre Boussaguet, ajoutez-y la fraîcheur d’une Lisa Cat-Berro et de ses complices du groupe Ayoka, la note bleue orientale d’un Wajdi Cherif et une facétie (mais quel souffleur !) d’un Daniel Huck et vous obtenez les plus beaux bœufs qui se puissent imaginer. À Tanger, ces impromptus de rêve naissent tous les soirs, en club, après les concerts en plein air dans les jardins de la Mandoubia, et ne s’achèvent qu’aux aurores. Ailleurs, dans des manifestations autrement plus installées, ça fait longtemps qu’on a oublié, pour cause de business, d’inculture ou de négligence, jusqu’à l’existence même de ces délicieux instants éphémères. C’est que pour susciter de tels moments de grâce, il faut aussi aimer le jazz, ce qui est incontestablement le cas de Philippe Lorin, Français installé au Maroc, qui tient ce festival à bout de bras depuis six ans maintenant avec une équipe de bénévoles passionnés. Bref, vous aurez compris que les jam sessions enfiévrées de Tanjazz méritent à elles seules la traversée de la Méditerranée. Sans compter, bien sûr, le chaleureux accueil des Tangérois. Et une dédicace toute particulière à Abdellah El Gourd, compagnon de Randy Weston (qui vécut longtemps ici), qui nous a si gentiment reçu et de façon impromptue, autour d’un thé à la menthe dans sa maison de la medina pour nous faire goûter à la musique gnawa.

Côté programmation, rien à redire. L’affiche est modeste mais elle ne retient que des musiciens de qualité en explorant, sur six jours, les multiples territoires d’un jazz très international. Excentrique et musicalement exigeant pour le Cubain Omar Sosa (que l’on aimerait revoir en piano solo), ancré dans les racines du blues pour les Franco-Américains Nina van Horn et Jeff Zima ou encore résolument jazz pour Yutaka Shiina, un remarquable pianiste japonais, qui fut de la Jazz Machine d’Elvin Jones et dont il faudra reparler. Sans oublier les belles prestations de la formation du guitariste sétois Louis Martinez (avec l’excellent saxophoniste Jean-Michel Cabrol) ou des « messagers du jazz » réunis autour du trompettiste américain Ronald Baker sur un répertoire hard bop superbement arrangé par Jean-Jacques Taïb. Les pays voisins du Maroc ne sont pas oubliés puisqu’outre le Tunisien Wajdi Cherif, Philippe Lorin avait invité le Cairo jazz band, bâti autour de Salah Ragab, vieil ami de Sun Ra, ainsi que le délicat quartet du pianiste marocain Tawfik Ouldammar. Le tout emporté, jour après jour, par la puissance des joli(e)s percussionnistes de la Batucada Batala du Brésilien Giba Goncalves qui ont fait un tabac chaque matin dans les rues de Tanger. Il faut avoir vu les sourires sur les visages des gamins à la sortie des écoles pour mesurer la générosité d’un événement qui fait de l’ouverture sur la ville un point fort de son programme. Longue vie et bon vent…

Pascal Kober

Galerie d’images sur le festival 2005

Galerie d’images sur l’édition 2009

Festival de jazz de Tanger, sixième édition de Tanjazz, du 24 au 29 mai 2005. Chronique publiée dans le numéro 622, daté juillet-août 2005, de la revue Jazz Hot.

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The Ritz : vocalese en jazz majeur

Ils entament leur concert par un thème fétiche de Miles Davis joué en trio. All blues marque l’attachement de The Ritz à une certaine forme de jazz. Mais introduire le quartet vocal par une prestation du trio d’instrumentistes est aussi une manière de mettre en avant ceux qui sont trop souvent relégués en fond de scène. The Ritz n’est pas une simple réunion de vocalistes, soutenus rythmiquement par n’importe quelle formation. Oh certes, les membres du trio (Jeff Auger au piano, Marty Ballou à la basse, et Les Harris Jr. à la batterie) sont seulement d’honnêtes improvisateurs, mais cette façon de faire en dit long sur l’ambiance qui règne au sein du groupe : « The Ritz est une formation très structurée. Pendant le show, la section rythmique doit rester très attentive à ce qu’elle joue, et être constamment à l’écoute du chant. Nos premiers titres représentent donc une chance de jouer plus librement. »

Enfin du neuf sous le soleil du jazz vocal ? On pourrait le penser tant le concert du groupe a enthousiasmé le public lors du dernier festival de Vienne. Un public qui était d’abord venu pour l’orchestre de Count Basie, qui n’avait jamais entendu parler de The Ritz (c’était leur première apparition en France), et qui a pourtant réagi au quart de tour. Il faut dire que le spectacle est bien huilé, et qu’il ne laisse pas une seconde de répit. Américain, en somme.

On a évidemment fait référence à la prestation, deux ans avant, dans le même lieu, de Manhattan Transfer. Un autre concert alors très remarqué. Une association d’idées légitime puisque les deux formations puisent dans le même registre, celui du style vocalese. Et Sharon Harris, principale chanteuse soliste du groupe, qui écrit, compose et arrange la plupart des thèmes, ne s’en défend d’ailleurs pas : « Nous avons été influencés par les mêmes musiciens que Manhattan Transfer, mais pas directement par eux. En fait, nous avons été impressionné par la manière qu’ils ont de swinguer. Trop de groupes vocaux ont perdu aujourd’hui cette dimension essentielle du jazz. » Déclaration en forme de ligne de force.

The Ritz entend bien ne pas se laisser aller à « variétiser » sa production. Et ce, malgré les chants de sirène des producteurs : « Notre maison de disque nous demande parfois de faire de la pop music, mais nous résistons. Nous préférons jouer du jazz. C’est mieux que de reprendre un titre de Madonna, non ? » De fait, les quatre enregistrements du groupe laissent la part belle à des arrangements de standards (All the things you are, Basically blues, Invitation, It never entered my mind, Music in the air, My foolish heart, Rythm-a-ning, Scrapple from the apple), et surtout à des compositions originales fort intéressantes.

Il aura fallu attendre leur passage à Vienne et au New Morning cet été, pour trouver les enregistrements de The Ritz dans les bacs des disquaires. Pourtant, la formation existe depuis 1982, et compte déjà six albums à son actif : Steppin’out et Born to bop (1984 et 1985, sur le label Pausa), The Ritz et Movin’up (1987 et 1988, chez Denon), ainsi que Christmas Album et High flying, mis en boîte, mais non encore parus. Faudra-t-il attendre leur retour en France pour que ces enregistrements soient enfin tous distribués ?

Après un tel accueil, il semblerait également nécessaire d’envisager une tournée plus cossue. Les musiciens sont partants : « Nous espérions bien que les réactions seraient bonnes, mais nous ne nous attendions pas à un public aussi chaleureux. C’est d’autant plus intéressant que personne ne nous connaissait. Nous étions là comme des petits bébés. Et ça nous donne évidemment envie de revenir. Mais qui paiera la note ? »

Parent pauvre du jazz dans les stratégies de production des grandes compagnies, le vocal n’émeut pas les businessmen. Selon Sharon Harris, ce n’est pas seulement une question d’argent : « Le jazz est déjà peu considéré parce qu’on dit qu’il n’est pas rentable, mais pour un groupe de jazz vocal, c’est encore pire, car c’est un style très particulier et très marqué. Il y a des chanteurs, des chanteuses, le public voit leurs visages, ne les oublie pas, et écoute surtout les textes, alors qu’un groupe instrumental peut changer plus facilement de formation sans que cela nuise à son image. »

Malgré les difficultés qu’il y a à faire exister et à pérenniser un tel groupe, The Ritz tourne, et tourne bien, tentant, soir après soir, d’affiner un show un peu trop parfait. Instiller quelques gouttes de folie et d’improvisation dans leur spectacle leur permettrait de revendiquer encore plus cet héritage du jazz vocal qui, du trio Hendricks aux Double Six, n’a pas suscité tant de vocations. Une raison de plus pour ne pas bouder ce plaisir rare.

Pascal Kober

Portrait publié dans le numéro 469, daté décembre 1989 de la revue Jazz Hot

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Poya Express

Une vingtaine d’auteurs de bande dessinée, principalement suisses, s’en donnent à cœur joie dans ce florilège qui dynamite la représentation graphique de la traditionnelle poya montrant la montée des vaches à l’alpage. Un sympathique petit ouvrage, œuvre de l’éditeur InFolio à Lausanne, dont on connaît l’excellence de la production en matière d’ouvrages plus savants.

Pascal Kober

Collectif. InFolio. 48 pages. 18 €.

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# 2013 Javanaise

Clic-clic sur le guitariste pour une petite surprise…

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Elina Duni : Matanë Malit

Derrière la ligne bleue des Alpes, pour Elina Duni, il y eut d’abord l’exil. Un pays, l’Albanie, fracassé par tant d’années de dictature. Un grand-père écrivain bâillonné par le régime, une maman elle-même romancière, un papa acteur. Et finalement, le départ de la famille pour la Suisse en 1992. Elina a onze ans. Elle chante. Dès son adolesence, flirte avec les standards du jazz et les Léo Ferré et Serge Gainsbourg du French songbook. Premier CD en 2008. Elle y interprète une très troublante « Javanaise ». À peine une pointe d’accent. Juste de quoi faire fondre. Sa rencontre avec le pianiste Colin Vallon va tout changer. Et si elle revenait à la musique de son pays natal ? En 2009, au festival de jazz de Grenoble, son chant fait mouche : générosité, force et délicatesse. Avec ce troisième CD, Matanë Malit (Au-delà de la montagne, donc), enregistré pour le label allemand ECM, elle épure encore ce trait musical qu’elle dessine pour relier improvisation et mélodies traditionnelles albanaises. Sur des lignes harmoniques d’une sobriété bouleversante (trois accords, pas un de plus, comme dans le blues, pour le magnifique « Kjani trima »), Elina Duni nous conte, dans cette belle langue, des amours pastorales aussi bien que des histoires de bergers et de résistants anti-fascistes. Et réussit, par la grâce d’un trio aux interprétations d’une rare intelligence, à ne pas emprunter les sentiers tant dévoyés d’une world music abâtardie. Elina Duni est une passe-montagne. Qui se découvre de belle façon.

Pascal Kober

Musiciens : Elina Duni (voc), Colin Vallon ℗, Patrice Moret (b), Norbert Pfammatter (dm).
Thèmes : Ka Një Mot, Kjani Trima, Kur Të Kujtosh, Vajzë e Valëve, Unë Ty Moj, Erë Pranverore, Çelo Mezani, Ra Kambana, Çobankat, Kristal, U Rrit Vasha, Mine Peza.
Enregistré : en février 2012, Pernes-les-Fontaines.
Durée : 5342″.
Référence : ECM 2277 370 6457 (Universal).

Chronique publiée dans le numéro 59 de la revue L’Alpe.


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Les Alpes de Doisneau

À propos d’une réalisation à laquelle j’ai (modestement) apporté ma contribution (exposition au musée de l’Ancien Évêché, à Grenoble, du 16 novembre 2012 au 14 avril 2013).

L’EXPOSITION

« Le Rêve du petit Michel ». Photo : Robert Doisneau

C’est un Robert Doisneau comme on ne l’a jamais vu que propose cette exposition originale qui suit le fil (rouge) d’un parcours sur les sentiers buissonniers de la montagne. Au-delà du grand photographe humaniste que chacun connaît aujourd’hui et qui aurait eu cent ans cette année. Au-delà de son fameux Baiser de l’hôtel de ville, réalisé en 1950 (mais qui ne l’a rendu célèbre qu’à l’approche des années 1980). Au delà, aussi, de tant d’autres images tendres que Doisneau a pu consacrer au petit peuple de la banlieue parisienne. Car avant de devenir une icône de la photographie de la seconde moitié du XXe siècle, Doisneau fut également, au fond, un OS de l’image. Un ouvrier photographe qui mettait du cœur, son cœur, à l’ouvrage. Dans les Alpes comme ailleurs, il a ainsi œuvré (et avec quel talent !) dans des domaines aussi divers que l’industrie, le reportage social, le photojournalisme, la mode, la publicité, l’illustration, la photo « ethnologique », la prise de vues en studio, mais aussi l’humour (bien sûr !) et la photo de… famille !

De 1936, date de ses premières images alpines saisies entre amis en Haute-Savoie jusqu’à son reportage dédié en 1967 aux ouvrières des usines grenobloises à la veille des Jeux olympiques, en passant par les petits secrets de ses séjours hivernaux à Laffrey, en Isère, Doisneau n’a cessé d’arpenter les montagnes. Non pour leurs paysages sublimes qui auraient pu l’envoûter, à l’instar d’un Ansel Adams, d’un Shira Shirahata ou d’un Pierre Tairraz, mais bien pour le terrain de jeu grandeur nature qui lui était ainsi offert. Durant une trentaine d’années, Doisneau a pu expérimenter autant de façon de mettre les Alpes en scène (plutôt qu’en valeur) pour les intégrer à son propre imaginaire. En somme, ces Alpes-là sont d’abord de Doisneau.

La patte de l’artiste : épatante !

LE CATALOGUE

Les Alpes de Doisneau, un beau livre de 160 pages paru aux éditions Glénat, reprend l’essentiel des images de Robert Doisneau présentées dans l’exposition en les accompagnant d’articles de fond qui permettent de contextualiser leur réalisation. Avec les contributions de Francine Deroudille (fille de Robert Doisneau), Jean-Claude Duclos (conservateur en chef du patrimoine), Pascal Kober (journaliste et photographe), Isabelle Lazier (directrice du musée de l’Ancien Évêché) et Vladimir Vasak (grand reporter à Arte). Le numéro 58, daté automne 2012, de la revue L’Alpe consacre par ailleurs un portfolio de plusieurs pages aux vis-à-vis troublants entre le regard de Robert Doisneau et celui porté par les ethnologues sur le village et les habitants de Saint-Véran.

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Pour ceux qui (n’)aiment (pas) le jazz

À écouter tous les soirs, pendant l’édition 2012 du festival de jazz de Vienne, une petite chronique radio aux alentours de 1920, jusqu’au vendredi 13 juillet, dans l’émission de Matthieu Soldano sur France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu Drôme-Ardèche.

Par ordre d’apparition à l’écran noir de mes nuits blanches :
• le jour où elle ne restera pas dans son lit douillet (Sandra Nkaké),
• une certaine chanson qui nous ressemble (Bobby McFerrin et Chick Corea),
• une mélodie anglaise du XVIe siècle qui reste sur toutes les lèvres (McCoy Tyner),
• un mois de septembre sur lequel nous avons tous dansé (Earth, wind and fire),
• un merveilleux traditionnel de Noël polonais (Pat Metheny),
• Charles Aznavour qui n’aime guère qu’elle se laisse aller (Eddy Louiss),
• l’Ave Maria selon Al Di Meola et ses notes parcimonieuses (si, si…),
• un voyage au Mississippi (Magic Slim),
les moulins de mon cœur chapardés à Michel Legrand (Dianne Reeves),
• la belle leçon de vie de la non moins belle Melody (Gardot),
• la bataille de Jericho de mister Laurie et docteur House
• et, pour finir en beauté, la belle vie de dame Simone rêvant à Tony Bennett.

Sans oublier quelques une de mes « crooneries » habituelles autour de ces si jolies mélodies que tout le monde sait fredonner sous sa douche.

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Un été (sri-lankais)

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Un portrait radio du renifleur du temps

Michèle Caron a réalisé cet entretien pour France Bleu Isère. À écouter ici.

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1910 – 2010 : dans le sillage de Jorge Chavez

Tout juste un siècle après la première traversée des Alpes par l’aviateur péruvien Jorge Chavez en 1910, la rédaction de L’Alpe a refait ce parcours, mémorable à plus d’un titre, avec, dans le rôle du pilote, Alain Belmont, l’auteur de l’article lui-même. Quand le vécu rejoint l’histoire dans une belle aventure pleine d’émotions. Un reportage à lire dans le numéro 52 de la revue (La voie des airs), daté printemps 2011 et dont voici quelques images inédites brillamment légendées par Dominique Vulliamy, rédactrice en chef adjointe de L’Alpe.

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Clef de fa

Pascaline MinellaTrès beau travail graphique de Pascaline Minella qui joue sur les échelles de représentation avec beaucoup de bonheur pour réaliser l’affiche du soixante-troisième festival international de musique de Besançon, en Franche-Comté. Vu de loin, l’image ressemble à un bon vieux caractère typographique au plomb un peu abîmé. De près, elle dévoile une si jolie silhouette… Un coup de patte qui séduit les bassistes ;-)

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Disparition d’Abbey Lincoln

Abbey Lincoln« Pour ceux qui n’aiment pas le jazz »… Dans le programme du festival de cette année-là, je signais ce texte qui se concluait ainsi, en appoggiature du concert annoncé d’Abbey Lincoln : « L’amour du jazz est un cheminement, avec des passages obligés, comme des étapes où il fait bon se reposer avant d’aborder d’autres aventures. Un seul fil conducteur à ce voyage : la curiosité. Sans laquelle rien n’a jamais été possible. Il existe mille façons d’aimer le jazz. Comme il existe mille manières d’aimer. Tout court. » Abbey Lincoln nous a quittés hier. Elle venait tout juste de fêter son quatre-vingtième anniversaire. So long, Abbey…

Abbey Lincoln. La Rampe, Grenoble Jazz Festival, 1992. Photo : Pascal Kober

Lire aussi trois entretiens avec Abbey Lincoln parus dans les numéros 381 (1981), 485 (1992) et 524 (1995) de la revue Jazz Hot.

More about her…

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Musique : où est-ce qu’on paie ?

Un excellent (quoique un tantinet bavard ;-) papier sur la musique numérisée par un enseignant de design à l’école d’art du Havre. Également auteur de ce joli aphorisme : « (je n’ai pas de mémoire du coup je me relis régulièrement pour savoir ce que je pense :-) ». C’est là.

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Les oiseaux guitaristes de Boursier-Mougenot

Ce musicien niçois travaillant à Sète organise d’étonnantes installations avec des oiseaux voletant autour de guitares électriques qui leur servent également de mangeoires et de perchoirs. L’art contemporain comme on l’aime : merveilleux, poétique et pas bavard !

Une vidéo et un petit article de contextualisation.

Une biographie de l’artiste sur le site de sa galerie.

Un livre sur l’artiste.

À la source de ce billet…

PS aux musiciens : dans la vidéo, les guitares sont accordées en open tuning. En clair, jouées à vide, les cordes produisent un accord parfait (enrichi ?) afin de rendre l’ensemble plus « harmonieux ».

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Jolie pub !

… pour les appareils photos numériques compacts de Nikon. Les autres images de la campagne ainsi que des vidéos peuvent être vues ici.

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Un livre numérique de photos pour l’iPhone

Des images très coffee table book mais l’application (gratuite) est plutôt agréablement réalisée.

Un livre numérique de photos pour l’iPhone.

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