Happy new year 2017!

2017… for jazz and the love of jazz !

Soon to come my «  In love with jazz  » ABCs, a book and a photo exhibition at the Musée de l’Ancien Évêché in Grenoble (France)…

May it be a good and happy year for you !

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2017 sera jazz et… amoureuse !

2017 sera jazz et… amoureuse, avec un livre et une belle exposition de mes portraits de musiciens au musée de l’Ancien Évêché à Grenoble.

Nous vous y attendons pour le vernissage le jeudi 14 juin prochain ;-)

Bel an tout neuf !

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Saravah, cher Pierre…

Pierre Barouh nous a quittés ce mercredi 28 décembre 2016 à l’âge de 82 ans. J’avais eu le plaisir de l’accompagner à la basse, avec l’Alzy Trio, notre amie la chanteuse franco-brésilienne Sheyla Costa et le pianiste Jean-Pierre Mas, le 7 février 2009, dans une émission de télévision de Jean-François Lebossé.

Saravah, cher Pierre… Ces délicieux instants musicaux passés avec toi resteront dans nos têtes et dans nos cœurs…

De gauche à droite, : Christian Sanchez (guitare), Jean-Pierre Mas (piano), Pascal Kober (basse), Pierre Barouh (chant), Thierry Rampillon (guitare) et Sheyla Costa (chant, percussions).

De gauche à droite, : Christian Sanchez (guitare), Jean-Pierre Mas (piano), Pascal Kober (basse), Pierre Barouh (chant), Thierry Rampillon (guitare) et Sheyla Costa (chant, percussions).

Pierre avait beaucoup contribué au développement de la bossa nova et des musiques brésiliennes dans le monde entier… Et découvert aussi, via son label de disques Saravah (dont l’adage était : « Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire ») des artistes aussi différents que Pierre Adekengué, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin ou encore Nana Vasconcelos.

Voici l’enregistrement que nous avions réalisé avec lui de sa chanson Samba Saravah. Comme le souligne Pierre à la fin de cet extrait, une première pour tout le monde puisque Sheyla et le trio n’avaient jamais joué avec lui avant ce tournage !

Pour rencontrer ce grand bonhomme qu’est Pierre Barouh, écouter les deux émissions que Philippe Meyer lui a consacrées sur France Inter  : c’est  et . Et lire son livre, Les rivières souterraines, paru en 2011 aux éditions À vos pages.

Je crois que ce passeur de musique d’une humanité sans pareille aurait aimé que nous disions avec lui : the show must go on…

Alors, poursuivons l’amour de la note bleue en 2017 !

 

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Sur la route des festivals

jazz-a-vienne-2016-300Les chroniques festivalières de Jazz Hot sont en ligne sur le site Internet de la revue et l’on y retrouve, parmi bien d’autres reportages réalisés sur le terrain du jazz vivant, ma bal(l)ade estivale à Jazz à Vienne. À lire également, dans le numéro 677, daté automne 2016, de notre vénérable revue, née il y a plus de 80 ans (!) et véritable mémoire du jazz : des entretiens avec les trompettistes Charles Tolliver, Cecil Bridgewater, Christian Scott et Josh Evans ainsi qu’un hommage à deux grands, récemment disparus : l’harmoniciste belge Toots Thielemans et l’ingénieur du son américain Rudy van Gelder. Et toujours, l’éditorial d’Yves Sportis, les hot news, les clubs, les concerts, les livres et les très nombreuses chroniques de disques.

Bonne lecture…

 

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En immersion à Images Vevey

Installation d'Asako Narahashi. Photo : Pascal Kober

Installation d’Asako Narahashi. Photo : Pascal Kober

Immersion… Mêlant montagne et océan, l’étonnante vue de la Japonaise Asako Narahashi résume bien le thème principal de la cinquième édition de cette biennale dirigée par ce fou de Stefano Stoll. Car au fond, il s’agira bien pour les visiteurs du festival de s’immerger corps et âme dans l’image, jusqu’à pénétrer parfois à l’intérieur même de la photographie. Une marque de fabrique pour cette manifestation (de rue) qui ne fait rien comme les autres : en habillant par exemple la façade entière de la banque cantonale vaudoise avec un portrait géant de Martin Parr réalisé à Zermatt, en faisant flotter le Fuji Yama sur le Léman, en aspergeant des tirages pour les révéler en direct ou encore en perçant virtuellement l’imposant siège du groupe Nestlé pour dévoiler le lac à son envers ! Au menu : pus de soixante-dix projets et des artistes venus d’une quinzaine de pays, dont de grands noms comme Graciela Iturbide ou ce délicieux poète surréaliste qu’est Chema Madoz, mais aussi de jeunes pousses de la photographie. La Fondation Vevey ville d’images décerne ainsi tous les deux ans plus de 70 000 francs suisses d’aides, invitant les créateurs à frotter leur expression hors du cadre convenu de l’exposition traditionnelle. Si les Rencontres internationales d’Arles célèbrent la photographie d’auteur et Visa pour l’Image, à Perpignan, le photojournalisme, nul doute que c’est à Vevey que la mise en scène de la photographie dans l’espace public apparaît comme la plus aboutie. La petite ville de la Riviera vaudoise compte d’ailleurs nombre d’institutions culturelles liées de près ou de loin à l’image comme le musée suisse de l’Appareil photographique, le musée Jenisch, une célèbre école de photo qui a notamment accueilli Jeanloup Sieff ou le Chaplin’s World qui vient tout juste d’ouvrir dans le manoir où vécut Charlot durant vingt-cinq ans. Tous partenaires de ce festival ambitieux (et néanmoins gratuit) qui vient nous bousculer les neurones avec délectation.

Pascal Kober

Du 10 septembre au 2 octobre 2016. Site Internet du festival : http://www.images.ch

PS. Outre les photographes sus-cités, coups de cœur personnels pour les accrochages d’Edoardo Delille, Hans-Peter Feldmann, Yann Gross, Cyril Hatt, Asako Narahashi, Christian Patterson, Michael Schirner et quelques autres farfeluteries dont Images Vevey a le secret. Mais je n’ai pas tout vu ;-)

Un portrait géant de Martin Parr réalisé à Zermatt (et ici mis en abyme avec Philippe, modèle d'un jour) occupe la façade entière de la banque cantonale vaudoise. Photo : Pascal Kober.

Un portrait géant de Martin Parr réalisé à Zermatt (et ici mis en abyme avec Philippe, modèle d’un jour) occupe la façade entière de la banque cantonale vaudoise. Photo : Pascal Kober.

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Canada : Festival jazz et blues d’Edmunston

Edmunston Band. Nouveau-Brunswick, Canada.Voir aussi une sélection d’images en bas de page.

Il n’y a plus d’orchestre municipal à Edmundston, région du Madawaska, province (francophone et francophile) du Nouveau-Brunswick. Belle lurette déjà que la bourgade alanguie sur les berges du fleuve Saint-Jean ne peut plus s’enorgueillir de l’existence de « la seule fanfare de filles de tout le Canada ». Alors, puisqu’il n’y a plus de musique à Edmundston, Gilles Guerrette a décidé de créer son festival de jazz. Vu de ce côté-ci de l’Atlantique, on se demande ce qui, dans la patrie du gigantesquissime festival de Montréal, peut bien animer à ce point une si petite ville située aux portes de l’état américain du Maine. Et on n’est pas déçu.

Thomy Valdes, batteur français, papy depuis peu, était de la première édition du festival d’Edmundston en 1994. Déjà avec son groupe, Thomy & co. Thomy et ses copains. Déjà, il avait fait danser toute la ville. Dix ans plus tard, les copains ont changé mais l’intention, elle, reste la même. Aujourd’hui, ils sont cinq sur la belle scène de la place de l’hôtel de ville : Rodolphe Guillard qui, plus que tout, aime le versant lyrique du saxophone soprano et le fait si bien chanter ; Pierre Reboulleau, pianiste bastiais au jeu véloce et qui ne dédaigne pas les claviers électroniques ; Jérôme Regard-Jacobez, qui sait ce que le mot groove veut dire et le tricote avec agilité sur sa Jazz Bass ; Philippe Valdes, grand voyageur, percussionniste amoureux fou de l’Afrique ; et Thomy Valdes, bien sûr.

Thomy, c’est ce diable de bonhomme qui m’avait fait rencontrer la note bleue soviétique. C’était en 1990 et la revue Jazz Hot avait alors consacré (dans son numéro 487, daté mars 1992) un grand reportage à cette échappée belle en Russie. Thomy, c’est aussi celui qui, contre vents et marées, réussit à faire programmer un concert de son groupe durant plus d’une heure sur M6 et tourner avec ses musiciens là où d’autres auraient déjà renoncé : festivals de Vienne ou de Rimouski, Slovaquie, Turquie, république tchèque, etc. Thomy, c’est un hymne à la vie à lui tout seul : bon batteur, pas mauvais entertainer lorsqu’il se met à scatter pour faire bouger une salle, toujours dans l’action, fut-elle parfois joyeusement improvisée.

Edmundston, c’était donc une manière de retour. Il le savait bien, Thomy, qui avait déjà mitonné son programme : musique et à-côtés : tournage vidéo avec l’ami réalisateur Pierre Mesnier, sweat lodge à l’indienne (la loge de la sueur, une sorte de sauna mâtiné de mysticisme) avec Jeanine, medecine woman, et Gilles, son maître du feu mic-mac et enfin, et surtout, huit représentations, pas moins, en quatre jours ! Nulle part ailleurs, dans aucun autre festival, on ne voit ça. Quelques minutes à peine pour les essais de son et c’est parti pour une heure de concert, aussitôt suivie d’une autre formation. De 11 heures jusqu’à 1 heure du matin, les groupes enchaînent ainsi leurs prestations sans interruption.

Et le public en redemande. Plutôt familial et clairsemé dans l’après-midi, bambins et grands parents gentiment réunis sur la pelouse, résolument jeune à mesure qu’avance la soirée, pour finir au bout de la nuit sur une piste de danse informelle en bord de scène. Il faut dire que le programme est à l’avenant avec des formations qui alternent le tréfonds des racines blues du continent américain, les fanfares façon Nouvelle-Orleans (manière de faire un clin d’œil aux filles du band d’Edmundston) et les toujours très consensuelles (en ce pays farouchement acadien) mélodies cajun. Et le jazz, me direz-vous ? Toujours présent mais au filtre d’une affiche qui essaie de ratisser large. Objectif : « intéresser les jeunes des écoles, impliquer les familles et finalement, faire mieux comprendre le jazz à la communauté ». Gilles Guerrette, responsable du comité de la programmation, lui-même pianiste, n’est pas peu fier de son œuvre : « Avant, chez nous autres, le jazz, ça faisait peur. On préférait le blues pour le côté party. Mais maintenant, au bout de dix éditions du festival, nos concitoyens commencent à l’apprécier. Nous réunissons vingt mille amateurs chaque année ! »

Entre temps, des musiciens comme le pianiste montréalais Oliver Jones ou la chanteuse new-yorkaise Ranee Lee sont venus «  évangéliser » le public d’Edmundston. Résultat : on applaudit à tout rompre aux pitreries de Sax-O-Matic, un remarquable ensemble de saxophone, pêchu et rigolard, qui sait bricoler les thèmes de Pastorius tout autant que ceux de… Michael Jackson. On apprécie à sa juste valeur les jolis arrangements des jeunes étudiants de Jazz Tonic et on tombe immédiatement en amour avec chacune des quatre Muses, un quartet vocal aux harmonies finement ciselées.

Thomy l’a bien compris qui, immédiatement, intègre à son répertoire habituel plutôt centré sur de toniques compositions personnelles, un Autumn leaves de derrière les fagots. Le groupe n’a pourtant pas vraiment besoin de jouer le grand jeu de la séduction pour emporter l’adhésion du public canadien. Car tout, dans la présence du batteur-chanteur comme dans celle de ses musiciens, tourne autour d’un jazz qui n’oublie jamais la danse, le swing et l’énergie. Et ça marche évidemment. Parce que le cœur y est, tout comme cette furieuse envie de jouer en dépit de conditions météorologiques pas toujours très favorables.

Les incantations aux mânes des Indiens lors de la sweat lodge n’y auront rien changé mais c’est peut-être donner trop de sens à cet exotisme-là que de penser que vingt-quatre heures de tribulations suffisent à saisir l’âme d’un pays. Auto, avion, escale à Francfort, avion et auto de nouveau (plusieurs centaines de kilomètres entre Montréal et Edmundston), ça vous fatigue surtout un voyageur. Dans la petite ville du Nouveau-Brunswick, l’heure était donc davantage au repos des corps pour préparer les agapes des concerts et des nombreux bœufs ayant émaillé quelques nuits mémorables. Et à la découverte d’un univers somme toute pas si familier en dépit des nombreuses similitudes entre cultures européennes et nord-américaines. Là comme ailleurs, dans ce domaine (celui du jazz) comme dans bien d’autres, c’est l’humilité qui est la clé de la compréhension et de l’échange.

Pascal Kober

Festival jazz et blues d’Edmundston, 8, 44e avenue, Edmundston, Nouveau-Brunswick E3V 2Z9, Canada. Tél. : + 1 506.737.8188. Site Internet. Chronique publiée dans le numéro 612, daté juillet-août 2004, de la revue Jazz Hot.

Cliquez sur les vignettes pour voir les photos en grand format et les textes liés. Les petites flèches en bas des images agrandies vous permettront de passer aux documents précédents ou suivants. Un clic dans l’image agrandie vous ramènera à cette page.

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Marc Riboud, un photographe en liberté 

À L’Alpe, nous aimons Marc Riboud. Et le grand photographe nous l’a bien rendu. Par le récit de son engagement en résistance dans le Vercors durant la seconde guerre mondiale sous la plume du journaliste Patrice Morel (voir le numéro 14 de la revue) et surtout en nous offrant un magnifique portfolio publié dans notre numéro 54 que nous avions bâti ensemble autour de ses reportages mais aussi de ses images de paysages.

Marc nous a quittés hier, mardi 30 août 2016.

Marc Riboud à Valchevrière (Vercors, Isère). 6 octobre 2011. Photo : Pascal Kober

Marc Riboud à Valchevrière (Vercors, Isère). 6 octobre 2011. Photo : Pascal Kober

Ma dernière rencontre avec lui date de 2011 lorsqu’il était revenu à Valchevrière.

Ma dernière rencontre avec ses photos date de la semaine passée, au festival International du photojournalisme Visa pour l’Image à Perpignan, où j’ai découvert son reportage (et ses étonnantes conditions de réalisation !) à Cuba en novembre 1963 en compagnie de Jean Daniel, alors journaliste à L’Express. Une exposition à voir jusqu’au 11 septembre 2016 à Perpignan au Couvent des Minimes.

Tristeza…

Extrait du numéro 54 de la revue L’Alpe :

Marc Riboud s’est attaché à l’actualité des peuples en lutte dans le monde tout autant qu’à la douceur de ses paysages de montagne. De la jeune fille à la fleur (rose !) jusqu’aux sommets de Huang Shan dans la brume, un parcours en résistance (aux clichés).

Le 23 juillet 1944, dans les falaises qui dominent le hameau de Valchevrière (Isère), Marc Riboud échappe de peu aux balles des troupes nazies qui sèment la terreur sur le plateau du Vercors pour exterminer les résistants dont il fait partie, placés sous la houlette de l’écrivain-journaliste Jean Prévost. Ce récit, nous le publierons, sous la plume du grand reporter Patrice Morel, dans le numéro 14 de L’Alpe (Terres de refuge). Marc Riboud n’a alors que vingt-et-un ans et n’est pas encore photographe. Un épisode tragique (il verra notamment le fiancé de sa sœur Françoise abattu par l’armée d’occupation) qui marquera probablement à jamais son itinéraire d’homme d’image.

Pour la prestigieuse agence Magnum où il a été recruté par Robert Capa dès 1953, il va ainsi couvrir la plupart des combats pour la liberté et l’indépendance, depuis l’Afrique jusqu’à l’Extrême-Orient en passant par la révolution cubaine, les grèves des dockers à Liverpool ou encore les manifestations de mai 1968 à Paris. Avec le regard, perçant, du reporter  ; et en amoureux de la composition, qui jamais ne s’attarde sur les violences, leur préférant des images plus évocatrices de la marche de la planète.

Les photographes de presse savent bien la force, mais aussi la fragilité, de leur témoignage et l’importance de la rigueur journalistique dans la contextualisation de leur travail. Mais ce qui frappe le plus dans l’œuvre de Marc Riboud, c’est cette tendresse naturelle pour les femmes et les hommes qu’il côtoie. Et cette attention si particulière qu’il porte également aux paysages. Comme si l’œil du photojournaliste, parfois fourbu de documenter toutes les fureurs du monde, avait besoin de se ressourcer en contemplant déserts dénudés, végétations erratiques, rizières, cairns, pics et brumes dans les montagnes de l’Afghanistan, de la Californie, de la Chine, de l’Inde ou du Népal.

Ces vis-à-vis entre les deux facettes d’un photographe si attachant, nous avons voulu les mettre en lumière dans ce numéro de L’Alpe en résistance. Pour dire, en somme, que bien longtemps après que les dictateurs se soient définitivement tus, la petite flamme de la voix du poète, comme celle du musicien et du photographe, jamais ne s’éteint…

PASCAL KOBER

Les images de Marc Riboud peuvent être consultées sur son (remarquable) site Internet.

 

 

 

Lire un extrait de l’article de Patrice Morel sur Marc Riboud publié dans le numéro 14 de la revue L’Alpe en cliquant sur le lien ci-dessous (fichier pdf) :

Marc Riboud par Patrice Morel

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Brisa Roché

Ma chanteuse californienne préférée était à l’affiche, ce mardi 12 juillet 2016, du festival Cabaret Frappé (ainsi qu’à la maison pour une bouteille de muscat d’Alsace partagée ;-) Une belle boule d’énergie entourée par un groupe (avec notamment Automne Lajeat au violoncelle et Thibaut Barbillon aux guitares) qui fait preuve d’une cohésion sans faille d’un bout à l’autre du concert. Dont voici quelques images…

Le samedi 5 novembre prochain, Brisa sera en duo avec Thibaut, son guitariste, au Train-Théâtre de Portes-lès-Valence pour la première partie d’un spectacle d’Emily Loizeau. À ne pas rater ! Et pour écouter Brisa, cliquez ici.

Cliquez sur les vignettes pour voir les photos en plus grand format avec leurs légendes.

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Jazz à Megève

Stacey Kent quintet. Jazz à Megève. © 2016 Photo Pascal Kober

Stacey Kent quintet. Jazz à Megève. © 2016 Photo Pascal Kober

C’est une belle affiche artistique que nous a concoctée Jean-René Palacio pour cette première édition d’un festival qui renoue avec une longue histoire d’amour entre la station de sports d’hiver haut-savoyarde et le jazz. Le Megève Jazz Contest, concours d’orchestres dans le style new orleans, anime en effet les soirées d’été depuis 23 ans. Mais dès les années 1960, lorsque le ski était un loisir à la mode dans le milieu du show business, les connaisseurs fréquentaient les clubs (les Cinq Rues, toujours actif ; ou aujourd’hui, le Jazzy’s récemment ouvert à l’hôtel Au cœur de Megève) et applaudissaient de grands musiciens comme Sidney Bechet, Guy Lafitte, Zanini ou encore Sacha Distel (eh oui, le crooner de ces dames était aussi un [excellent] guitariste de jazz).

Melody Gardot. Jazz à Megève. © 2016 Photo Pascal Kober

Melody Gardot. Jazz à Megève. © 2016 Photo Pascal Kober

Retour aux sources, donc, pour cet événement hivernal qui réunit des artistes issus des musiques cousines ainsi que d’authentiques jazzmen comme dans le très lyrique trio d’Éric Legnini ou dans l’Amazing Keystone Jazz Big Band (avec une relecture du Carnaval des animaux de Saint-Saëns). On notera en particulier Melody Gardot (qui sait être magnifique), le guitariste manouche Angelo Debarre, la douce Stacey Kent et ses bossas, parfois chantées en français avec un délicieux british accent ou encore le bassiste américain Marcus Miller, sorcier des sons et compagnon de Miles Davis, qui assurera la soirée de clôture en invitant la chanteuse Selah Sue. Également au menu : concerts gratuits sur la place de l’église, fanfares déambulant sur les pistes de ski et clôture gospel avec un chœur de cent voix. Un événement incontournable pour les amateurs…

Pascal Kober

Du 24 au 28 mars 2016. Programme complet sur le site Internet du festival.

 

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Keep on swingin’, La Velle!

La Velle. Concert au Kremlin. Moscou. Février 1991. © Photo : Pascal Kober

La Velle. Concert au Kremlin. Moscou. Février 1991. © Photo : Pascal Kober

Elle avait été l’une des premières à me proposer d’illustrer une pochette de disque. Son sixième album. Paru en 1991 et intitulé Straight singin’, en hommage au grand Nat « King » Cole. À ses côtés, les meilleurs musiciens de la planète : Ray Brown, Pierre Boussaguet et Stafford James à la contrebasse, Mark Taylor et Philippe Combelle à la batterie, Jacky Terrasson au piano, Eddie Harris et Guy Lafitte au saxophone.

Ce portrait de La Velle, je l’avais réalisé avec elle cette même année, lors d’un concert qu’elle avait donné, en seconde partie du big band d’Oleg Lundstrem, au palais des congrès du… Kremlin ! « Le premier concert de jazz dans cette grande salle  », m’avaient alors indiqué les organisateurs…

Durant une dizaine de jours, La Velle et moi avons ainsi voyagé ensemble entre Moscou et Leningrad, partageant de beaux moments dans un pays extrêmement exotique pour lequel je garde une immense tendresse et qui, pour quelques mois encore, s’appelait l’Union soviétique.

Elle, en chanteuse invitée de l’Orchestre régional de jazz Rhône-Alpes. Moi, en envoyé spécial de la revue Jazz Hot pour compléter un grand reportage entamé l’année précédente sur les berges de la Volga, lors du festival de jazz de Cheboksary (république de Tchouvachie). Comment chantait-on la note bleue de l’autre côté du rideau de fer juste après la chute du mur de Berlin ? Réponse dans le numéro 487 de Jazz Hot.

La Velle nous a quittés le 4 février dernier à l’âge de 72 ans. Too young, chantait-elle sur Straight singin’. Bien vrai. Ma Belle, là où tu es, keep on swingin’ !

Pascal Kober

Le site Internet de La Velle : http://lavelleduggan.com

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Raphaële Atlan

Atlan Raphaële quartet 2016 7905 600Quartet très soudé pour ce concert hier soir au Jazz Club de Grenoble. Au piano et au chant, Raphaële Atlan est accompagnée par Zacharie Abraham à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie. Sa rythmique historique en somme, puisque Raphaële tourne avec eux depuis plus de quatre ans maintenant. Et croyez-moi, ça s’entend ! La surprise, c’est Romain Pilon à la guitare (magnifique instrument, œuvre d’un luthier américain) : jeu très fin en accompagnement ; solos qui s’enflamment à la vitesse de l’éclair, avec une énergie qui vient de là, qui vient du blues. Le répertoire, transatlantique, se bal(l)ade d’ailleurs entre les clubs de New York, notre vieille Europe et la baie de Rio-de-Janeiro. Émotions fortes… À découvrir aussi sur le site Internet de la chanteuse en cliquant ici.

Texte et photo : Pascal Kober

 

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Pierre Boulez (1925-2016)

Pierre Boulez. Rencontres de musique contemporaine de Metz (Moselle, France). 1979. © Photo : Pascal Kober

Pierre Boulez. Rencontres de musique contemporaine de Metz (Moselle, France). 1979.
© Photo : Pascal Kober

Pierre Boulez. Rencontres de musique contemporaine de Metz (Moselle, France). 1979. © Photo : Pascal Kober

Pierre Boulez. Rencontres de musique contemporaine de Metz (Moselle, France). 1979.
© Photo : Pascal Kober

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Michel Delpech, en renifleur du temps…

Laurette, Marianne, Paquita, la fille avec des baskets et tant d’autres, elles l’ont toutes aimé. Il les a toutes aimées. Comme nous.

Michel Delpech vient de nous quitter. Sur la pointe des pieds mais non sans avoir confié au grand patrimoine de la chanson française, de jolies pépites qui disent si bien les humeurs du temps qui passe. Je n’ai hélas jamais eu le plaisir d’écouter le chanteur en concert mais mes premiers émois musicaux passent par son Wight is Wight. Et quelques autres ritournelles dont ce fin mélodiste (avec son complice le pianiste et arrangeur Roland Vincent) avai(en)t le secret…

Dans un entretien accordé en avril 2007 à Yvon Lechevestrier du quotidien Ouest France, Michel Delpech avait ces mots : « Je n’ai jamais été un chanteur engagé. Je ne suis qu’un écrivain de chansons, des petites choses saisies dans l’air du temps. Mais c’est vrai que je trouve pessimiste la période actuelle. Qu’annonce-t-elle ? Mon instinct de chanteur, renifleur du temps, me fait craindre que nous ne passions bientôt par des moments difficiles. Les menaces écologiques, l’insoutenable disproportion entre les riches et les pauvres, les guerres absurdes menées ici ou là… Ça ne sent pas très bon. Je veux cependant rester formidablement optimiste car je pense que, sur le long terme, le bien qui est en nous l’emportera. »

Renifleur du temps… À ma connaissance, nous ne sommes que trois au monde à revendiquer cette singulière expression. Salut l’artiste… Tes chansons nous habiteront encore longtemps.

Pascal Kober

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La paix ! I wish you a very happy new year 2016!

Pascal Kober voeux 2016

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Jazz à Vienne (2015) : jazz, ta mémoire fout l’camp !

En juillet 2015, deux quotidiens helvétiques, et non des moindres (Le Temps et La Tribune de Genève), ont évoqué les festivals de l’été sous un angle plutôt inhabituel. Le premier allant même jusqu’à afficher, à la une, un éditorial saignant d’Arnaud Robert intitulé «  Dans les festivals, la photo de presse menacée ». En cause : les pratiques de plus en plus fréquentes de managers d’artistes ou d’organisateurs de concerts (notamment à Montreux) qui restreignent de façon drastique la liberté d’informer des photojournalistes. À un point tel que im presum, l’association professionnelle de journalistes de Suisse, a réagi par un communiqué officiel qui «  tire la sonnette d’alarme » (voir également ici).

Et c’est ainsi que ce jeudi 2 juillet à Jazz à Vienne, je n’ai pu photographier le concert de la chanteuse américaine Melody Gardot que pendant les trois premiers thèmes et uniquement depuis la coursive située à l’arrière du proscenium. Ceux qui se sont déjà rendus dans ce superbe cadre historique auront compris. Les autres imagineront un théâtre antique pouvant recevoir, lors de son édification il y a deux mille ans, jusqu’à treize mille spectateurs (sept mille aujourd’hui) et dont ledit proscenium se trouve donc à une bonne quinzaine de mètres des musiciens. Pas facile pour le portrait, non ?

Cyrille Aimée. © 2015 Photo : Pascal Kober

Cyrille Aimée. © 2015 Photo : Pascal Kober

Fort heureusement, il est encore des artistes qui ne laissent pas leur entourage contrôler à ce point leur image en tournée. C’est le cas de Cyrille Aimée, jeune pousse française vivant à New York, qui a gentiment accepté la présence des photographes lors de sa balance l’après-midi. Comme au bon vieux temps, diront les ancêtres… Résultat ? Ce petit mot de la chanteuse : « Merci à toi ! Les images qui sont sur ton site sont superbes ! » Pour la Gardot, en revanche, même les touristes venus simplement visiter le théâtre antique ont été interdits de séjour… Toujours passionnant d’écouter avec quelle finesse et quelle exigence les musiciens soignent leur sound-check. Quand ils ne vont pas jusqu’à répéter quelque nouvel arrangement ou à peaufiner une mise en place rythmique jusqu’à la perfection. Le soir-même, on mesure le fruit de ce travail. Cyrille Aimée n’a hélas eu droit qu’à vingt-cinq minutes de concert en première partie de Melody Gardot dans ce que Stéphane Kochoyan, patron du festival, qualifie de «  set découverte ». Pour le public, frustré, ce sera pourtant suffisant pour qu’il la gratifie d’une standing ovation. Il faut dire que la chanteuse a su bâtir un set qui, s’il est compact, n’en dévoile pas moins tous ses talents. Et ils sont nombreux. Dans un registre qui doit beaucoup au jazz manouche, en y apportant toutefois sa propre touche, Cyrille Aimée déroule des reprises de thèmes peu joués du répertoire jazz comme It’s a good day de Peggy Lee (titre de son dernier album). Mais elle offre également, composées par elle-même ou ses musiciens (le contrebassiste notamment), des mélodies fort joliment troussées dont certaines pourraient bien devenir de futurs standards. En témoigne la lente et si douce montée en puissance de son chorus scatté sur sa Nuit blanche qui, ce soir-là, a tout emporté.

Après une telle tranche de fraîcheur dans la canicule viennoise, pas facile pour le pianiste arménien Tigran Hamasyan de proposer les orientalismes et les métriques extrêmement complexes de son dernier opus, Mockroot, en formule piano-basse-batterie. Changement radical d’univers musical. Pourquoi pas si l’on considère que la voix peut faire office de fil conducteur. Mais celle de Tigran est tellement aux antipodes des deux autres qu’à dire vrai, sa présence ressemble un tantinet à une maladresse de programmation. D’autant qu’au fond, pas sûr que trois changements de plateau au théâtre antique soient un bon choix pour Jazz à Vienne. La formule avait été abandonnée au début des années 1990 avec la préfiguration de l’actuel Club de minuit. Lequel club pâtit aujourd’hui de ces soirées à rallonge puisque le spectateur qui voudrait assister au concert gratuit est obligé de quitter Melody Gardot avant la fin de ses rappels s’il veut trouver une place dans ledit club…

Melody Gardot et Edwin Livingstone (contrebasse). © 2015 Photo : Pascal Kober

Melody Gardot et Edwin Livingstone (contrebasse). © 2015 Photo : Pascal Kober

Melody Gardot, donc. Trois morceaux derrière le proscenium pour les photographes, vous disais-je. Après ? Après, le photographe qui veut aussi écouter le concert pour le chroniquer n’a plus qu’à tenter de s’asseoir sur un «  strapontin » de pierre tout au fond du fond du théâtre antique s’il ne veut pas déranger un public serré-serré dans les premiers rangs. Côté musique : concert magnifique. Jazz ? Non. Soul ! Urbainement soul ! Et même férocement soulfulness. Dans l’incantation davantage que dans la mélodie. Je ne suis guère sensible au disque, tout récemment paru (Currency of Man), de Melody Gardot. Mais là, il faut bien admettre que la scène transcende une galette excessivement produite (au détriment de l’âme ?) et éclaire la sourde noirceur de cette musique qui sue le macadam de Los Angeles. Les musiciens sont pour beaucoup dans la qualité d’un accompagnement toujours en juste retrait mais jamais anodin (Mitchell Long, notamment, compagnon de longue date, ici, royal). Surtout, c’est la voix de Melody Gardot qui achève de convaincre. Une telle maîtrise des timbres, une telle maturité d’expression, une telle occupation de l’espace scénique pour cette tout juste trentenaire, c’est tout simplement impressionnant ! Je fus de ceux qui découvrirent, il y a dix ans déjà, Some Lessons – The Bedroom Sessions, l’album qu’elle avait réalisé sur son lit d’hôpital. Au fil des années, j’ai vu naître une diva. Qui doit donc dorénavant prendre son envol artistique en restant d’abord elle-même. En dépit des conseils de son entourage.

Cyrille Aimée quartet. Avec Adrien Moignard et Michael Valeanu (guitares), Samuel Anning (contrebasse) et Rajiv Jayaweera (batterie). © 2015 Photo : Pascal Kober

Cyrille Aimée quartet. Avec Adrien Moignard et Michael Valeanu (guitares), Samuel Anning (contrebasse) et Rajiv Jayaweera (batterie). © 2015 Photo : Pascal Kober

Le soir même, retour à Cyrille Aimée dans un Club de minuit bondé et transformé en cocotte-minute. Cette fois, la chanteuse prend le large. Chorus toujours aussi orgasmique sur Nuit blanche et belle place laissée à ses complices. On retiendra notamment les (nombreux) sourires échangés entre les musiciens tout au long du concert, le jeu de guitare très lyrique de Michael Valeanu ainsi que la sûreté d’une rythmique d’origine australienne (le contrebassiste Samuel Anning et le batteur Rajiv Jayaweera) dont Cyrille Aimée va devoir se séparer puisque les deux musiciens retournent chez eux à l’issue de leurs études à New York. La cohésion de l’ensemble de la formation doit beaucoup à un répertoire longuement rôdé aux scènes des clubs de jazz américains. Faut-il le rappeler encore ? Oui, il faut le rappeler : Cyrille Aimée fut lauréate du concours de jazz vocal du festival de Montreux en 2007, finaliste de la Thelonious Monk international jazz competition en 2010 (elle interprètera d’ailleurs un remarquable arrangement de Well, you needn’t, un thème de Monk pas si facile à chanter) et a encore gagné la Sarah Vaughan international jazz competition en 2012. Moyennant quoi, avec encore pas moins de sept disques à son actif (!), son agenda de concerts est déjà bien rempli puisqu’il s’étale jusqu’en… juin 2016 ! Cet été, pourtant, parmi plusieurs dizaines de dates, à peine quatre se déroulaient en Europe dont… une seule en France ! Nul n’est prophète etc. D’ailleurs, sur Wikipedia, seule la version anglaise de l’encyclopédie en ligne consacre une fiche à Cyrille Aimée qui a pourtant grandi à Samois-sur-Seine, le village de Django Reinhardt… Bref, très bon choix de programmation, monsieur Kochoyan. L’an prochain pour un vrai set (et pas de découverte) au théâtre antique ?

Jon Faddis et le Stanford Jazz Orchestra. © 2015 : Photo : Pascal Kober

Jon Faddis et le Stanford Jazz Orchestra. © 2015 : Photo : Pascal Kober

Une semaine après cette soirée consacrée aux voix, retour à Vienne pour un retour au jazz. Un jazz finalement souvent absent de cette édition. Mais vous en connaissez beaucoup, vous, des festivals, où vous pouvez écouter gratuitement le grand trompettiste Jon Faddis avec les p’tits jeunes du Stanford Jazz Orchestra ? Moi pas. D’ailleurs, les grognons qui regrettent une certaine jazzophobie des soirées au théâtre antique (il est vrai qu’on a pu y voir… Pharrell Williams) feraient bien de se retourner vers les autres concerts de Jazz à Vienne. Tous gratuits. Avec de beaux concerts comme ceux de Clara Cahen, Laura Perrudin, le Magnetic Orchestra d’Anne Sila, Bernard «  Pretty » Purdie (qui a joué avec Dizzy Gillespie), Rhoda Scott ou encore Colin Vallon, excellent pianiste de la chanteuse helvético-albanaise Elina Duni.

Mon rédacteur en chef préféré vous dira tout sur les magnifiques concerts des Cookers avec Chico Freeman et des Messenger Legacy avec Benny Golson. Le théâtre antique n’a évidemment pas fait le plein ce soir-là. Impressionnant, quand même, de voir tant d’amateurs de jazz rassemblés pour écouter des musiciens qui, tous ensemble, représentent un si vaste pan de l’histoire de cette musique et ce, dans bien des formes d’expression.

Billy Harper, The Cookers. © 2015 Photo : Pascal Kober

Billy Harper, The Cookers. © 2015 Photo : Pascal Kober

Cette après-midi du jeudi 9 juillet, aucune difficulté pour réaliser quelques petites photos de famille avec les musiciens durant les balances des deux formations. On croisera même le pianiste Donald Brown des Messenger Legacy et Benny Golson, leur invité, au sound-check des Cookers. Comme au bon vieux temps, donc… Ce qu’il faut retenir de tels instants de grâce, c’est que le jazz se porte toujours mieux quand il sait cultiver l’amitié. Alors, avec les quotidiens helvétiques, avec les représentants de journalistes, jetons encore une fois le pavé dans la mare : y’en a marre ! Et que l’on ne me dise pas qu’il s’agit là d’une fronde corporatiste. Arnaud Robert concluait son éditorial dans Le Temps par ce vibrant appel : « (…) médias et photographes ont un intérêt commun à défendre : pouvoir rapporter librement une histoire de la musique ». Et en effet, il s’agit bien de ça. De notre mémoire. Et de rien d’autre.

Terri Lyne Carrington. Jazz à Vienne. © 1990 Photo : Pascal Kober

Terri Lyne Carrington. Jazz à Vienne. © 1990 Photo : Pascal Kober

Il était temps que les journaux d’information générale s’emparent de ce débat (l’hebdomadaire Télérama s’y est également mis cet été sous la plume de Cécilia Sanchez ; c’est à lire en cliquant ici). D’autant que ledit débat est (hélas) déjà fort ancien. Dans une exposition de 1998, Jazz(s), mes amours, mes voyages, je légendais ainsi l’une de mes images : « Terri Lyne Carrington. Jazz à Vienne, France, 1990. Un tout petit coin de parasol. La belle « batteuse » était venue s’y relaxer après son sound check avec Stan Getz. Demain, de telles photos seront-elles encore réalisables ? Ces scènes intimistes, vécues en toute amitié avec les musiciens, sont en effet de plus en plus difficiles à saisir en raison de la volonté hégémonique des tour managers de contrôler l’image de leur artiste. Dans dix ans, que restera-t-il de la mémoire photographique du jazz si de telles pratiques devaient se développer ? » Dix-sept ans après, je vous le confirme, la mémoire photographique du jazz est bel et bien en lambeaux… En 1996, Jean-Paul Boutellier, fondateur et alors patron de Jazz à Vienne, avait célébré les quinze ans du festival qu’il avait créé en publiant Jazz, la photographie, un beau livre collectif, merveilleusement commenté par les textes sensibles de l’ami Robert Latxague et illustré avec les images de vingt-six photographes (dont de grands noms comme Birraux, Desprez, Etheldrede, Gignoux, Le Querrec, Leloir, Rose et consorts). Amis du jazz, feuilletez-le. Aujourd’hui encore. On le trouve à acheter d’occasion et aussi dans ces beaux services publics que sont les bibliothèques. Feuilletez-le et, avec nous, jetez vous aussi votre pavé dans la mare : sur plus de deux cents photos publiées dans cet ouvrage, près des deux tiers ne seraient aujourd’hui tout simplement plus réalisables. CQFD.

Jazz, ta mémoire fout l’camp ! Cry me a River…

Texte et photos : Pascal Kober

Chronique parue dans le numéro 673, daté automne 2015, de la revue Jazz Hot.

 

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Festivals de musique : la photo de presse menacée

Terri Lyne Carrington. Jazz à Vienne, France, 1990. © Photo : Pascal Kober

Terri Lyne Carrington. Jazz à Vienne, France, 1990. © Photo : Pascal Kober

Après La Tribune de Genève, le quotidien helvétique Le Temps publie ce matin un long article ainsi qu’un éditorial saignant sous la plume d’Arnaud Robert. Évoquant les conditions de travail de plus en plus ubuesques imposées aux photojournalistes qui couvrent les festivals de musique (notamment à Montreux et au Paléo ; mais la situation empire tout autant en France), l’auteur achève son texte par ce vibrant appel : «  (…) médias et photographes ont un intérêt commun à défendre : pouvoir rapporter librement une histoire de la musique ». Et en effet, il s’agit bien de ça. De notre mémoire. Et de rien d’autre. Il était temps que les journaux d’information générale s’emparent de ce débat (l’hebdomadaire Télérama s’y est également mis cet été sous la plume de Cécilia Sanchez). D’autant que ledit débat est (hélas) déjà fort ancien. Dans une exposition de 1998, Jazz(s), mes amours, mes voyages, je légendais ainsi l’image qui illustre ce billet  : «  Terri Lyne Carrington. Jazz à Vienne, France, 1990. Un tout petit coin de parasol. La belle « batteuse » était venue s’y relaxer après son sound check avec Stan Getz. Demain, de telles photos seront-elles encore réalisables ? Ces scènes intimistes, vécues en toute amitié avec les musiciens, sont en effet de plus en plus difficiles à saisir en raison de la volonté hégémonique des tour managers de contrôler l’image de leur artiste. Dans dix ans, que restera-t-il de la mémoire photographique du jazz si de telles pratiques devaient se développer ?  » Dix-sept ans après, je vous le confirme, la mémoire photographique du jazz est bel et bien en lambeaux…

Pascal Kober
25 juillet 2015

 

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