An ABC for Jazz Lovers

Whether it‘s under spotlights or in the privacy of a dressing room, in rehearsal rooms or in the thick of major international tours, Pascal Kober’s pictures reveal a special way of looking at things, which also plays cleverly with words.

As a French photojournalist and member of the magazine Jazz Hot team, he has witnessed the developments of an extraordinarily rich and diverse century-old form of music for several decades now. Love of the blue note, emotion and complicity mark these commented slices of life, these letters and these faces, which sketch a thoroughly human ABC, thanks to the exceptionally close rapport he establishes with the musicians.

For those who love jazz and for those who think… they don’t (!), here is a compilation of little gems which are sure to enchant you…

Jazz as you’ve never seen it before !

An ABC for Jazz Lovers

Front cover : Esperanza Spalding
Les Estivales Festival in Savoy, Château des ducs, Chambéry, France, 2013

Abécédaire amoureux du jazz (An ABC for Jazz Lovers)With a foreword by Marcus Miller, Miles Davis’s travelling companion in the 1980s, this book is also available in French version, Abécédaire amoureux du jazz. It accompanies and expands a photo exhibition of Pascal Kober’s works, produced by the Musée de l’Ancien Évêché in Grenoble (Isère, France).

See the book on the publisher’s website, in the English version (An ABC for Jazz Lovers)…

See the book on the publisher’s website, in the French version (Abécédaire amoureux du jazz)…

Buy the book on Amazon : here.

 

An ABC for Jazz Lovers

Big Jay McNeely, Jazz Festival in Vienne, France, 1990
Miles Davis, Jazz Festival in Vienne, France, 1989
Chick Corea, International Istanbul Jazz Festival, Turkey, 1996
Toots Thielemans, Jazz Festival in Vienne, France, 1994
Sahib Shihab and Anthony Anelli, Jazz Musiques Festival, Grenoble, France, 1986

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Abécédaire amoureux du jazz

Sous les feux des projecteurs ou dans l’intimité d’une loge, dans les salles de répétition ou au coeur des grandes tournées internationales, les images de Pascal Kober révèlent un regard singulier qui sait aussi jouer avec les mots.

Pour la revue Jazz Hot, le photojournaliste témoigne depuis plusieurs décennies des évolutions d’une musique centenaire, riche de son extraordinaire diversité.

Tendresse pour la note bleue, émotion et complicité marquent ces tranches de vie commentées, ces lettres et ces visages, en dessinant un abécédaire tout en humanité, dans une proximité inhabituelle avec les musiciens.

Pour ceux qui aiment le jazz comme pour ceux qui pensent… ne pas l’aimer (!), un concentré de petits bonheurs qui va vous enchanter…

Le jazz comme vous ne l’avez jamais vu !

Abécédaire amoureux du jazz (An ABC for Jazz Lovers)

À la une : Agathe Iracema
Festival Jazz à Vienne, 2013

An ABC for Jazz Lovers

Ce livre, préfacé par Marcus Miller, bassiste, compositeur, arrangeur et compagnon de route de Miles Davis dans les années 1980, accompagne et prolonge une exposition photographique de Pascal Kober, produite par le musée de l’Ancien Évêché à Grenoble (Isère, France). Cet ouvrage est également disponible en langue anglaise : An ABC for Jazz Lovers.

Voir le livre chez l’éditeur, dans sa version française

Et dans sa version américaine (An ABC for Jazz Lovers)

Commandez le livre chez votre libraire en cliquant ici.

À la Fnac en cliquant là.

Ou encore chez Amazon (c’est par là).

Abécédaire amoureux du jazz

Big Jay McNeely, Festival Jazz à Vienne, France, 1990
Miles Davis, Festival Jazz à Vienne, France, 1989
Chick Corea, International Istanbul Jazz Festival, Turquie, 1996
Toots Thielemans, Festival Jazz à Vienne, France, 1994
Avishai Cohen, Festival Jazz Middelheim, Anvers, Belgique, 2012

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Abécédaire amoureux du jazz (épisode 1)

Agathe Iracema, Festival Jazz à Vienne, 2013. Photo : Pascal kober

Agathe Iracema, Festival Jazz à Vienne, 2013. Photo : Pascal Kober

Depuis A comme Afrique (Antilles et Amériques !) jusqu’à Z comme Zoom, 123 photographies en couleurs ou en noir et blanc (et autant de grandes et de petites histoires, également racontées par la plume, sur les coulisses du jazz et l’envers d’un décor). Des lettres et des mots qui dessinent un abécédaire tout en humanité, dans une proximité inhabituelle avec les musiciens. Ici, ni analyse musicale rébarbative, ni textes réservés aux spécialistes. Place au plaisir de la rencontre en images.

Du 16 juin au 17 septembre 2017
Entrée gratuite
Nombreuses animations : concerts, rencontres…
Ouverture : lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h à 18 h
Mercredi de 13 h à 18 h
Samedi et dimanche de 11 h à 18 h
Musée de l’Ancien Évêché
2 rue Très-Cloîtres, 38000 Grenoble
04 76 03 15 25

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Les sourires d’Al Jarreau

«  Je suis très heureux d’être là ! Avec un peu de retard, mais je suis là… » Avec un peu de retard ? Tu parles ! Un an de retard, oui ! Pile. Al Jarreau, facétieux, sourit face à son public. Al Jarreau sourit toujours ! Y a-t-il eu un seul instant de la vie d’Al Jarreau qui n’ait pas été sourire ?

Ce vendredi 22 juillet 2011, Al Jarreau chante au festival «  Les enfants du jazz » à Barcelonnette, dans les Alpes de Haute-Provence. À plus de mille mètres d’altitude. Beat it, She’s leaving home, Spain… Tout est magnifique : le répertoire, le son, le cadre, le parc de la Sapinière, la belle architecture du musée de la Vallée derrière la scène, Larry Williams, son directeur musical. Pas une seule faute de goût.

Al Jarreau Festival « Les enfants du jazz », Barcelonnette. © 2011 Photo : Pascal Kober

Al Jarreau
Festival «  Les enfants du jazz », Barcelonnette.
© 2011 Photo : Pascal Kober

Un an auparavant, pile, le 22 juillet 2010, pile au même endroit, malaise respiratoire dans l’après-midi. Al est évacué en hélicoptère vers un hôpital de Marseille. Concert annulé.

Alors, un an après, pile, Al Jarreau tient à honorer l’engagement qu’il a signé un an auparavant.

Al Jarreau est heureux d’être là.

Heureux d’être vivant.

Heureux de partager sa musique avec les milliers de spectateurs du festival.

Heureux de la partager, surtout, avec les enfants du jazz, ces gamines et ces gamins qui, comme les jumelles d’Ibeyi, sont ici en stage pour se frotter à la note bleue.

Heureux d’échanger avec eux.

Heureux de signer leurs t-shirts.

Heureux d’éclater de rire avec eux.

Heureux.

Al Jarreau Festival « Les enfants du jazz », Barcelonnette. © 2011 Photo : Pascal Kober

Al Jarreau
Festival «  Les enfants du jazz », Barcelonnette.
© 2011 Photo : Pascal Kober

Al a été un homme heureux. Al nous a tous rendus heureux.

Aujourd’hui, Al nous manque. Et nous impose au moins autant de bonheur.

Si tant est que le bonheur puisse être imposé…

So long, Al…

Texte et photos : Pascal Kober

Al Jarreau nous a quittés le dimanche 12 février 2017 à l’âge de 76 ans. On peut l’écouter chanter en duo avec Claude Nougaro sur Armstrong (une version de Go down Moses que Claude avait transposée en français) dans une archive de l’Institut national de l’audiovisuel (dont on ne louera jamais assez la richesse documentaire !) en cliquant ici.

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Happy new year 2017!

2017… for jazz and the love of jazz !

Soon to come my «  In love with jazz  » ABCs, a book and a photo exhibition at the Musée de l’Ancien Évêché in Grenoble (France)…

May it be a good and happy year for you !

pascal-kober-voeux-2017-e

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Suède : Stockholm Jazz Festival

Il y aurait plus de cinq cents big bands en Suède ! Un dans chaque bourgade. Ou presque. Le chiffre n’est pas avéré mais vu la vitalité de la scène locale, on est tenté de l’accréditer. À Stockholm, dont le festival de jazz est pourtant dirigé par un Américain, plus de la moitié des formations sont issues des pays scandinaves. Et pas pour y faire de la figuration : lorsque le tromboniste Nils Landgren se produit, c’est devant plus de dix mille spectateurs. Il faut dire que la capitale suédoise fait bel accueil à l’art : musées en pagaille, concerts gratuits dans les nombreux parcs de la cité, expositions en extérieur et une myriade de structures (galeries photos, centre des arts, maison de la musique) qui irriguent la vie culturelle de la ville. La ville, justement, l’une des plus belles du monde, qui se déploie entre un grand lac et un gigantesque archipel composé de milliers d’îlots.

Sur l’un deux, Skeppsholmen, à quelques encablures d’un parc de sculptures contemporaines et du musée de l’Extrême-Orient, sont ancrés plusieurs bateaux historiques dont, un peu plus loin, l’époustouflant Vasa, navire de guerre du XVIIe siècle miraculeusement sauvé des eaux du port dans les années 1960. C’est là que bat le cœur du festival sur une grande scène située en plein air face à la mer. Un site complété par les belles salles de la Concerthuset dans le centre ville moderne ainsi que par quelques clubs qui ouvrent leur portes after hours. Le tout dans une géographie qui se parcourt à pied (ou en bateau !), comme il se doit dans une cité qui proscrit autant que faire se peut l’usage de l’automobile.

À la Concerthuset, donc, les concerts plus intimistes et le jazz scandinave. Ulf Wakenius, tout d’abord, guitariste vedette en Suède depuis qu’il accompagne Oscar Peterson. À l’écouter ici, on comprend pourquoi le pianiste l’a choisi. D’un bout à l’autre, une grande leçon de swing et d’harmonie où l’agilité technique reste toujours au service de la mélodie, en particulier dans ses relectures de standards en solo intégral (What are you doing the rest of your life). Mêmes appréciations pour le trompettiste Magnus Broo dans un registre plus proche de celui de McCoy Tyner ou encore pour le trio, très lyrique, du pianiste Lars Jansson. Il y avait là, en somme, la crème des jazzmen nordiques, y compris du côté des sidemen.

L’ouverture du festival se déroulait au stade olympique avec l’une des rares apparitions de Stevie Wonder en Europe cet été. Un show en demi-teinte car si le pianiste reste une formidable machine à groove, il était ici secondé par des musiciens (et notamment un second clavier superfétatoire) pas du tout à sa hauteur. On se plaît alors à rêver d’une prestation solo qui donnerait une autre couleur aux Song for my father et autres Giant steps entendus ce soir-là.

Sur l’île de Skeppsholmen, les festivités démarrent à 17 heures pour s’achever fort tard dans une nuit qui semble toujours vouloir embrasser à la fois aube et crépuscule. Indéniablement l’un des charmes, septentrionaux (et ils sont nombreux…), de ce doux festival. L’affiche de cet espace est plus éclectique. Résolument contemporaine au musée d’art moderne qui jouxte les lieux : on a pu y écouter les rêveries du pianiste canadien Jon Ballantyne sur des images (issues des collections du musée) de William Klein et autres Doisneau. Crescendo, en revanche (au moins en ce qui concerne le volume sonore), sur la scène en plein air avec du jazz dans l’après-midi et des musiques plus dansantes (Bonnie Rait, Van Morrison, Randy Brecker, Angie Stone, etc.) à mesure qu’avance la soirée. Le tout sur la base de sets très courts : généralement à peine une heure et sans aucune balance, ce qui confine à l’exploit eu égard à la qualité de la sonorisation de l’ensemble.

Ne jetons pas la pierre aux organisateurs car, en dépit de ces stars dont la musique est parfois fort éloignée du jazz, il reste bien de très nombreuses perles dans cette programmation. Au fil des jours, l’excellent ténor suédois Karl Martin Almqvist, l’étonnant mariage entre la note bleue du pianiste Ian McGregor Smith et les harmonies japonaises du groupe Shikandaza de Kyoto, Carla Cook qui a bien failli chanter avec les mouettes du port de Stockholm comme Ella l’avait fait en 1964 avec les cigales d’Antibes ou encore le groupe très mainstream de l’organiste Kevin Dean où officie, et fort joliment, le… patron du festival, John Nugent, au saxophone.

Mes coups de cœur de cette édition vont toutefois à trois formations nordiques. D’abord, celle de la chanteuse Rigmor Gustafsson, une voix singulière qui ancre ses propres compositions dans un jazz orthodoxe tout en se permettant de voluptueuses incursions vers des thèmes inattendus comme Fever ou Ne me quitte pas. Jacky Terrasson ne s’y est pas trompé qui vient tout juste d’enregistrer un disque en duo avec elle. Dans un registre proche, on a un peu rapidement catalogué Viktoria Tolstoy en «  produit marketing » en raison de la communication réalisée par son label discographique (Act) autour d’un joli minois. Rien ne sert pourtant de « surproduire » une chanteuse pour lui donner des airs de Diana Krall quand les qualités intrinsèques de la musicienne suffisent à notre bonheur d’amateur de jazz. Enfin, on retiendra Kvalda, le quartet finlandais qui a gagné le concours des jeunes orchestres scandinaves. Un groupe qui swingue tout en sachant conserver ce son de l’au-delà du cercle polaire avec une vocaliste qui improvise remarquablement en longue notes tenues.

Côté clubs, pour finir, il faut évoquer le remarquable travail de longue haleine du Fasching pour faire exister le jazz toute l’année dans la capitale suédoise. Deux disques « faits maison » ont été enregistrés ici avec des musiciens comme Scott Hamilton et Red Mitchell et la salle, étonnante car toute en longueur, accueillait cet été le groupe du guitariste Kurt Rosenwinkel avec (excusez du peu !) Aaron Goldberg, Larry Grenadier, Ali Jackson et Joshua Redman. Au bar du Scandic enfin, c’est la verve de l’excellente chanteuse LaGaylia Frazier qui, sur un répertoire très funky, a emporté l’adhésion du public en même temps que les dernières bières de festivaliers et festivalières, Suédois de l’île de Ven, mais aussi Russes et Américains, qui se sont promis d’en reboire une de concert l’année prochaine. Isn’t she lovely ? Mais ça, c’est une autre histoire…

Pascal Kober

21e Stockholm Jazz Festival, du 17 au 24 juillet 2004. Chronique publiée dans le numéro 615, daté novembre 2004 de la revue Jazz Hot.

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2017 sera jazz et… amoureuse !

2017 sera jazz et… amoureuse, avec un livre et une belle exposition de mes portraits de musiciens au musée de l’Ancien Évêché à Grenoble.

Nous vous y attendons pour le vernissage le jeudi 14 juin prochain ;-)

Bel an tout neuf !

pascal-kober-voeux-2017

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Saravah, cher Pierre…

Pierre Barouh nous a quittés ce mercredi 28 décembre 2016 à l’âge de 82 ans. J’avais eu le plaisir de l’accompagner à la basse, avec l’Alzy Trio, notre amie la chanteuse franco-brésilienne Sheyla Costa et le pianiste Jean-Pierre Mas, le 7 février 2009, dans une émission de télévision de Jean-François Lebossé.

Saravah, cher Pierre… Ces délicieux instants musicaux passés avec toi resteront dans nos têtes et dans nos cœurs…

De gauche à droite, : Christian Sanchez (guitare), Jean-Pierre Mas (piano), Pascal Kober (basse), Pierre Barouh (chant), Thierry Rampillon (guitare) et Sheyla Costa (chant, percussions).

De gauche à droite, : Christian Sanchez (guitare), Jean-Pierre Mas (piano), Pascal Kober (basse), Pierre Barouh (chant), Thierry Rampillon (guitare) et Sheyla Costa (chant, percussions).

Pierre avait beaucoup contribué au développement de la bossa nova et des musiques brésiliennes dans le monde entier… Et découvert aussi, via son label de disques Saravah (dont l’adage était : « Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire ») des artistes aussi différents que Pierre Adekengué, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin ou encore Nana Vasconcelos.

Voici l’enregistrement que nous avions réalisé avec lui de sa chanson Samba Saravah. Comme le souligne Pierre à la fin de cet extrait, une première pour tout le monde puisque Sheyla et le trio n’avaient jamais joué avec lui avant ce tournage !

Pour rencontrer ce grand bonhomme qu’est Pierre Barouh, écouter les deux émissions que Philippe Meyer lui a consacrées sur France Inter  : c’est  et . Et lire son livre, Les rivières souterraines, paru en 2011 aux éditions À vos pages.

Je crois que ce passeur de musique d’une humanité sans pareille aurait aimé que nous disions avec lui : the show must go on…

Alors, poursuivons l’amour de la note bleue en 2017 !

 

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Sur la route des festivals

jazz-a-vienne-2016-300Les chroniques festivalières de Jazz Hot sont en ligne sur le site Internet de la revue et l’on y retrouve, parmi bien d’autres reportages réalisés sur le terrain du jazz vivant, ma bal(l)ade estivale à Jazz à Vienne. À lire également, dans le numéro 677, daté automne 2016, de notre vénérable revue, née il y a plus de 80 ans (!) et véritable mémoire du jazz : des entretiens avec les trompettistes Charles Tolliver, Cecil Bridgewater, Christian Scott et Josh Evans ainsi qu’un hommage à deux grands, récemment disparus : l’harmoniciste belge Toots Thielemans et l’ingénieur du son américain Rudy van Gelder. Et toujours, l’éditorial d’Yves Sportis, les hot news, les clubs, les concerts, les livres et les très nombreuses chroniques de disques.

Bonne lecture…

 

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En immersion à Images Vevey

Installation d'Asako Narahashi. Photo : Pascal Kober

Installation d’Asako Narahashi. Photo : Pascal Kober

Immersion… Mêlant montagne et océan, l’étonnante vue de la Japonaise Asako Narahashi résume bien le thème principal de la cinquième édition de cette biennale dirigée par ce fou de Stefano Stoll. Car au fond, il s’agira bien pour les visiteurs du festival de s’immerger corps et âme dans l’image, jusqu’à pénétrer parfois à l’intérieur même de la photographie. Une marque de fabrique pour cette manifestation (de rue) qui ne fait rien comme les autres : en habillant par exemple la façade entière de la banque cantonale vaudoise avec un portrait géant de Martin Parr réalisé à Zermatt, en faisant flotter le Fuji Yama sur le Léman, en aspergeant des tirages pour les révéler en direct ou encore en perçant virtuellement l’imposant siège du groupe Nestlé pour dévoiler le lac à son envers ! Au menu : pus de soixante-dix projets et des artistes venus d’une quinzaine de pays, dont de grands noms comme Graciela Iturbide ou ce délicieux poète surréaliste qu’est Chema Madoz, mais aussi de jeunes pousses de la photographie. La Fondation Vevey ville d’images décerne ainsi tous les deux ans plus de 70 000 francs suisses d’aides, invitant les créateurs à frotter leur expression hors du cadre convenu de l’exposition traditionnelle. Si les Rencontres internationales d’Arles célèbrent la photographie d’auteur et Visa pour l’Image, à Perpignan, le photojournalisme, nul doute que c’est à Vevey que la mise en scène de la photographie dans l’espace public apparaît comme la plus aboutie. La petite ville de la Riviera vaudoise compte d’ailleurs nombre d’institutions culturelles liées de près ou de loin à l’image comme le musée suisse de l’Appareil photographique, le musée Jenisch, une célèbre école de photo qui a notamment accueilli Jeanloup Sieff ou le Chaplin’s World qui vient tout juste d’ouvrir dans le manoir où vécut Charlot durant vingt-cinq ans. Tous partenaires de ce festival ambitieux (et néanmoins gratuit) qui vient nous bousculer les neurones avec délectation.

Pascal Kober

Du 10 septembre au 2 octobre 2016. Site Internet du festival : http://www.images.ch

PS. Outre les photographes sus-cités, coups de cœur personnels pour les accrochages d’Edoardo Delille, Hans-Peter Feldmann, Yann Gross, Cyril Hatt, Asako Narahashi, Christian Patterson, Michael Schirner et quelques autres farfeluteries dont Images Vevey a le secret. Mais je n’ai pas tout vu ;-)

Un portrait géant de Martin Parr réalisé à Zermatt (et ici mis en abyme avec Philippe, modèle d'un jour) occupe la façade entière de la banque cantonale vaudoise. Photo : Pascal Kober.

Un portrait géant de Martin Parr réalisé à Zermatt (et ici mis en abyme avec Philippe, modèle d’un jour) occupe la façade entière de la banque cantonale vaudoise. Photo : Pascal Kober.

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Marc Riboud, un photographe en liberté 

À L’Alpe, nous aimons Marc Riboud. Et le grand photographe nous l’a bien rendu. Par le récit de son engagement en résistance dans le Vercors durant la seconde guerre mondiale sous la plume du journaliste Patrice Morel (voir le numéro 14 de la revue) et surtout en nous offrant un magnifique portfolio publié dans notre numéro 54 que nous avions bâti ensemble autour de ses reportages mais aussi de ses images de paysages.

Marc nous a quittés hier, mardi 30 août 2016.

Marc Riboud à Valchevrière (Vercors, Isère). 6 octobre 2011. Photo : Pascal Kober

Marc Riboud à Valchevrière (Vercors, Isère). 6 octobre 2011. Photo : Pascal Kober

Ma dernière rencontre avec lui date de 2011 lorsqu’il était revenu à Valchevrière.

Ma dernière rencontre avec ses photos date de la semaine passée, au festival International du photojournalisme Visa pour l’Image à Perpignan, où j’ai découvert son reportage (et ses étonnantes conditions de réalisation !) à Cuba en novembre 1963 en compagnie de Jean Daniel, alors journaliste à L’Express. Une exposition à voir jusqu’au 11 septembre 2016 à Perpignan au Couvent des Minimes.

Tristeza…

Extrait du numéro 54 de la revue L’Alpe :

Marc Riboud s’est attaché à l’actualité des peuples en lutte dans le monde tout autant qu’à la douceur de ses paysages de montagne. De la jeune fille à la fleur (rose !) jusqu’aux sommets de Huang Shan dans la brume, un parcours en résistance (aux clichés).

Le 23 juillet 1944, dans les falaises qui dominent le hameau de Valchevrière (Isère), Marc Riboud échappe de peu aux balles des troupes nazies qui sèment la terreur sur le plateau du Vercors pour exterminer les résistants dont il fait partie, placés sous la houlette de l’écrivain-journaliste Jean Prévost. Ce récit, nous le publierons, sous la plume du grand reporter Patrice Morel, dans le numéro 14 de L’Alpe (Terres de refuge). Marc Riboud n’a alors que vingt-et-un ans et n’est pas encore photographe. Un épisode tragique (il verra notamment le fiancé de sa sœur Françoise abattu par l’armée d’occupation) qui marquera probablement à jamais son itinéraire d’homme d’image.

Pour la prestigieuse agence Magnum où il a été recruté par Robert Capa dès 1953, il va ainsi couvrir la plupart des combats pour la liberté et l’indépendance, depuis l’Afrique jusqu’à l’Extrême-Orient en passant par la révolution cubaine, les grèves des dockers à Liverpool ou encore les manifestations de mai 1968 à Paris. Avec le regard, perçant, du reporter  ; et en amoureux de la composition, qui jamais ne s’attarde sur les violences, leur préférant des images plus évocatrices de la marche de la planète.

Les photographes de presse savent bien la force, mais aussi la fragilité, de leur témoignage et l’importance de la rigueur journalistique dans la contextualisation de leur travail. Mais ce qui frappe le plus dans l’œuvre de Marc Riboud, c’est cette tendresse naturelle pour les femmes et les hommes qu’il côtoie. Et cette attention si particulière qu’il porte également aux paysages. Comme si l’œil du photojournaliste, parfois fourbu de documenter toutes les fureurs du monde, avait besoin de se ressourcer en contemplant déserts dénudés, végétations erratiques, rizières, cairns, pics et brumes dans les montagnes de l’Afghanistan, de la Californie, de la Chine, de l’Inde ou du Népal.

Ces vis-à-vis entre les deux facettes d’un photographe si attachant, nous avons voulu les mettre en lumière dans ce numéro de L’Alpe en résistance. Pour dire, en somme, que bien longtemps après que les dictateurs se soient définitivement tus, la petite flamme de la voix du poète, comme celle du musicien et du photographe, jamais ne s’éteint…

PASCAL KOBER

Les images de Marc Riboud peuvent être consultées sur son (remarquable) site Internet.

 

 

 

Lire un extrait de l’article de Patrice Morel sur Marc Riboud publié dans le numéro 14 de la revue L’Alpe en cliquant sur le lien ci-dessous (fichier pdf) :

Marc Riboud par Patrice Morel

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Brisa Roché

Ma chanteuse californienne préférée était à l’affiche, ce mardi 12 juillet 2016, du festival Cabaret Frappé (ainsi qu’à la maison pour une bouteille de muscat d’Alsace partagée ;-) Une belle boule d’énergie entourée par un groupe (avec notamment Automne Lajeat au violoncelle et Thibaut Barbillon aux guitares) qui fait preuve d’une cohésion sans faille d’un bout à l’autre du concert. Dont voici quelques images…

Le samedi 5 novembre prochain, Brisa sera en duo avec Thibaut, son guitariste, au Train-Théâtre de Portes-lès-Valence pour la première partie d’un spectacle d’Emily Loizeau. À ne pas rater ! Et pour écouter Brisa, cliquez ici.

Cliquez sur les vignettes pour voir les photos en plus grand format avec leurs légendes.

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Jazz à Megève

Stacey Kent quintet. Jazz à Megève. © 2016 Photo Pascal Kober

Stacey Kent quintet. Jazz à Megève. © 2016 Photo Pascal Kober

C’est une belle affiche artistique que nous a concoctée Jean-René Palacio pour cette première édition d’un festival qui renoue avec une longue histoire d’amour entre la station de sports d’hiver haut-savoyarde et le jazz. Le Megève Jazz Contest, concours d’orchestres dans le style new orleans, anime en effet les soirées d’été depuis 23 ans. Mais dès les années 1960, lorsque le ski était un loisir à la mode dans le milieu du show business, les connaisseurs fréquentaient les clubs (les Cinq Rues, toujours actif ; ou aujourd’hui, le Jazzy’s récemment ouvert à l’hôtel Au cœur de Megève) et applaudissaient de grands musiciens comme Sidney Bechet, Guy Lafitte, Zanini ou encore Sacha Distel (eh oui, le crooner de ces dames était aussi un [excellent] guitariste de jazz).

Melody Gardot. Jazz à Megève. © 2016 Photo Pascal Kober

Melody Gardot. Jazz à Megève. © 2016 Photo Pascal Kober

Retour aux sources, donc, pour cet événement hivernal qui réunit des artistes issus des musiques cousines ainsi que d’authentiques jazzmen comme dans le très lyrique trio d’Éric Legnini ou dans l’Amazing Keystone Jazz Big Band (avec une relecture du Carnaval des animaux de Saint-Saëns). On notera en particulier Melody Gardot (qui sait être magnifique), le guitariste manouche Angelo Debarre, la douce Stacey Kent et ses bossas, parfois chantées en français avec un délicieux british accent ou encore le bassiste américain Marcus Miller, sorcier des sons et compagnon de Miles Davis, qui assurera la soirée de clôture en invitant la chanteuse Selah Sue. Également au menu : concerts gratuits sur la place de l’église, fanfares déambulant sur les pistes de ski et clôture gospel avec un chœur de cent voix. Un événement incontournable pour les amateurs…

Pascal Kober

Du 24 au 28 mars 2016. Programme complet sur le site Internet du festival.

 

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Keep on swingin’, La Velle!

La Velle. Concert au Kremlin. Moscou. Février 1991. © Photo : Pascal Kober

La Velle. Concert au Kremlin. Moscou. Février 1991. © Photo : Pascal Kober

Elle avait été l’une des premières à me proposer d’illustrer une pochette de disque. Son sixième album. Paru en 1991 et intitulé Straight singin’, en hommage au grand Nat « King » Cole. À ses côtés, les meilleurs musiciens de la planète : Ray Brown, Pierre Boussaguet et Stafford James à la contrebasse, Mark Taylor et Philippe Combelle à la batterie, Jacky Terrasson au piano, Eddie Harris et Guy Lafitte au saxophone.

Ce portrait de La Velle, je l’avais réalisé avec elle cette même année, lors d’un concert qu’elle avait donné, en seconde partie du big band d’Oleg Lundstrem, au palais des congrès du… Kremlin ! « Le premier concert de jazz dans cette grande salle  », m’avaient alors indiqué les organisateurs…

Durant une dizaine de jours, La Velle et moi avons ainsi voyagé ensemble entre Moscou et Leningrad, partageant de beaux moments dans un pays extrêmement exotique pour lequel je garde une immense tendresse et qui, pour quelques mois encore, s’appelait l’Union soviétique.

Elle, en chanteuse invitée de l’Orchestre régional de jazz Rhône-Alpes. Moi, en envoyé spécial de la revue Jazz Hot pour compléter un grand reportage entamé l’année précédente sur les berges de la Volga, lors du festival de jazz de Cheboksary (république de Tchouvachie). Comment chantait-on la note bleue de l’autre côté du rideau de fer juste après la chute du mur de Berlin ? Réponse dans le numéro 487 de Jazz Hot.

La Velle nous a quittés le 4 février dernier à l’âge de 72 ans. Too young, chantait-elle sur Straight singin’. Bien vrai. Ma Belle, là où tu es, keep on swingin’ !

Pascal Kober

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Raphaële Atlan

Atlan Raphaële quartet 2016 7905 600Quartet très soudé pour ce concert hier soir au Jazz Club de Grenoble. Au piano et au chant, Raphaële Atlan est accompagnée par Zacharie Abraham à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie. Sa rythmique historique en somme, puisque Raphaële tourne avec eux depuis plus de quatre ans maintenant. Et croyez-moi, ça s’entend ! La surprise, c’est Romain Pilon à la guitare (magnifique instrument, œuvre d’un luthier américain) : jeu très fin en accompagnement ; solos qui s’enflamment à la vitesse de l’éclair, avec une énergie qui vient de là, qui vient du blues. Le répertoire, transatlantique, se bal(l)ade d’ailleurs entre les clubs de New York, notre vieille Europe et la baie de Rio-de-Janeiro. Émotions fortes… À découvrir aussi sur le site Internet de la chanteuse en cliquant ici.

Texte et photo : Pascal Kober

 

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Pierre Boulez (1925-2016)

Pierre Boulez. Rencontres de musique contemporaine de Metz (Moselle, France). 1979. © Photo : Pascal Kober

Pierre Boulez. Rencontres de musique contemporaine de Metz (Moselle, France). 1979.
© Photo : Pascal Kober

Pierre Boulez. Rencontres de musique contemporaine de Metz (Moselle, France). 1979. © Photo : Pascal Kober

Pierre Boulez. Rencontres de musique contemporaine de Metz (Moselle, France). 1979.
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Publié dans Musiques, Portraits | 2 commentaires