Aziza Mustafa Zadeh : Seventh truth

Septième vérité mais quatrième album déjà chez Columbia, pour cette pianiste et chanteuse que certains semblent découvrir aujourd’hui. C’est loin, l’Azerbaïdjan… En 1991, son premier opus fut solo (Aziza Mustafa Zadeh, 468286 2). Mais la belle ne resta pas longtemps seule. Vite repérée par les plus grands, elle enregistra son deuxième disque (Always, 473885 2) en 1993 avec John Patitucci et Dave Weckl, puis le suivant (Dance of Fire, 480352 2), en 1995, avec Stanley Clarke, Al di Meola, Bill Evans et Omar Hakim. Pour Seven Truth, elle revient à une formule plus minimaliste avec un percussionniste sur quelques thèmes. En quatre compacts, tous remarquables, se dessine ainsi un panorama du talent de cette jeune prodige. Depuis une certaine timidité dans un album presque intimiste, jusqu’à l’assurance parfois flamboyante des disques plus récents qui n’oublient pas le marketing. Aziza est mignonne. Très mignonne. Ses producteurs le savent et lui demandent de poser de façon très apprêtée sur des pochettes prétextes à exercices de style pour photographes de mode. Gommant du même coup cette délicieuse fraîcheur que l’on retient en concert. Musicalement, Aziza Mustafa Zadeh reprend pourtant les rênes et de magistrale manière. Comme si ses précédentes expériences en groupe lui avaient appris à mieux mesurer ses propres forces. On sent là le poids d’un enseignement (soviétique) fait de rigueur, de travail et de passion. Le legs d’un père trop tôt disparu  : Vagif, compositeur prolixe et très connu en ex-URSS. Sa curiosité, enfin, pour le jazz  : swing omniprésent dans les pièces rythmiques, même sur une métrique complexe (Wild beauty). Seule, avec sa voix et son piano, Aziza occupe l’espace comme jamais. Qualités d’écriture, toucher très expressionniste, phrasé souvent lyrique, marqué par les mélodies et les rythmes de son pays, et cette incroyable technique vocale. Sa langue maternelle se prête au métissage mais elle chante également en anglais. Fly with me est une agréable invitation teintée d’un délicat accent azéri, avec ces «  r  » instinctivement roulés  : «  I’m not afraid of your rain  »

Pascal Kober

Musiciens  : Aziza Mustafa Zadeh (p, voc, perc) et Ramesh Shotam (dm, perc).
Thèmes  : Ay dilber, Lachin, Interlude I, Fly with me, F#, Desperation, Daha… (again), I am so sad, Interlude II, Wild beauty, Seventh truth, Sea monster.
Enregistré  : en janvier et février 1996 à Ludwigsburg (Allemagne).
Durée  : 56’58  ».
Référence  : Columbia 484238 2.
Site Internet : cliquer ici.

Chronique publiée dans la revue Jazz Hot.

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