Les Alpes de Doisneau au Japon

Les Alpes de Doisneau au JaponAprès avoir enchanté plus de cent mille visiteurs au musée de l’Ancien Évêché à Grenoble, l’exposition Les Alpes de Doisneau (à laquelle j’ai apporté ma modeste contribution et qui avait fait l’objet d’un beau livre et d’un coffret parus aux éditions Glénat ; voir le numéro 58 de la revue L’Alpe) est présentée depuis aujourd’hui et jusqu’au 15 juin 2014 au musée de Kōriyama (dans la région de Fukushima) avant d’être accrochée à la fin de l’été au K*MoPA, le musée des arts photographiques de Kiyosato, dirigé par le grand photographe Eikoh Hosoe, dans l’ile d’Hokkaidō, la plus septentrionale de l’archipel.

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Jean-François Bauret

Il avait croqué Klaus Kinski et Serge Gainsbourg. Mais aussi tant d’anonymes dont il savait tirer le portrait, nu souvent, en noir et blanc tout aussi souvent, avec cette délicatesse dans le regard qui n’appartenait qu’à lui. Jean-François Bauret nous a quittés à l’âge de 82 ans, ce 2 janvier 2014. Il y a tout juste vingt ans, j’avais rencontré ce photographe tendre et délicieux dans son atelier de la rue des Batignolles, à Paris, pour un entretien publié par le magazine Grands Reportages en mai 1994, mais resté en grande partie inédit. Extraits :

Adepte du beau tirage noir et blanc, portraitiste du désir, Jean-François Bauret ne peut être suspecté de collusion avec ces ânes d’ordinateurs, bâtés de 0 et de 1. Pourtant, dans son home studio du dix-septième arrondissement, foisonnant de centaines d’objets de bois, de terres et de peaux, au milieu d’un monde organisé autour de l’organique et du souvenir, trône un Macintosh Quadra. L’informatique « Mais, c’est très simple ! Bits et pixels, compression et décompression, des câbles partout, les photographes ont été très affolés par le numérique. Noyés dans un discours qui leur était étranger. Mais le photographe de l’an 2000 ne sera pas différent de celui de de 1900. Pour lui, il sera toujours plus important d’aller voir Velasquez au Prado que de se rendre dans les salons professionnels pour parler de technique. »

« J’aime ce mystère de la photographie qui fait que l’émotion traverse l’objectif et va s’installer sur la pellicule. Le photographe doit être quelqu’un qui respecte et qui accueille. Un passeur, comme un bambou creux en Orient, un passeur de vie : je vais aider cette personne à émettre ce qu’elle a en elle, sa sensibilité, son émotion… 

«  Je fais une énorme différence entre le reportage qui relève quand même un peu de la photo volée et le portrait où il y a une vraie communication avec la personne photographiée. Soit le désir vient de moi, soit le désir vient de l’autre, mais dans tous les cas, il y a cette connivence entre deux désirs. C’est comme une déclaration d’amour. 

«  Ma femme est bien meilleure photographe que moi. Parce qu’elle a cette spontanéité qui fait qu’elle sort son appareil et qu’elle déclenche au bon moment. Je suis très souvent touché par la vraie photo simple, celle qui n’a aucune prétention artistique, cette photo-souvenir venant à un instant qui tombe juste. C’est un petit peu comme quand tu fais l’amour. Est-ce que tu vas réfléchir ? Est-ce qu’il faut que je mette ma main là ? Que je titille le bout de sein ici ? Je ne sais pas si tu feras bien l’amour si tu es dans ces dispositions. Ta main se placera tout à fait naturellement parce qu’il y a, en face, un besoin pour qu’elle se place là. C’est l’inexplicable de la relation humaine : la justesse qui tombe au bon moment. Ce qui suppose de se laver l’esprit des deux côtés. En tant que photographe et en tant que modèle. »

À Claude, sa dame, pensées…

Le site Internet de Jean-François Bauret

L’une de ses dernières expositions à la galerie Baudoin-Lebon

L’une de ses dernières interview en vidéo 

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Lia Pale : un voyage hivernal

C’est au pied des Alpes que le compositeur autrichien Franz Schubert (1797-1828) a écrit son Winterreise, probablement son cycle de lieder le plus désespéré. C’est au pied des Alpes encore qu’officie le pianiste et arrangeur Matthias Rüegg, créateur, en 1977, du Vienna Art Orchestra, un big band qui a chamboulé bien des frontières musicales dans le monde du jazz. C’est au pied des Alpes, enfin (à côté de Linz), qu’est née Lia Pale, jeune vocaliste qui, dans ce disque étonnant, s’attache à effectuer ce voyage hivernal de façon proprement inouïe. Les puristes vont probablement hurler. Les autres ne peuvent que tomber sous le charme de cette voix limpide et précise. Pas celle d’une artiste lyrique ni celle, aux accents plus marqués, d’une chanteuse de jazz : ici, on évolue en permanence entre hommage respectueux et habiles détournements réalisés avec une rare culture musicale. L’écoute consécutive des originaux de ces courts lieder (par exemple dans la version de Barbara Hendricks accompagnée au piano par Love Derwinger) et de leur relecture par Lia Pale et Matthias Rüegg permet de mesurer à quel point ce voyage sillonne tout autant les chemins de la musique populaire américaine que ceux de la tradition savante européenne. Comme une manière de synthèse entre deux univers généralement opposés dans la perception qu’en a le public. Et alors même que les passerelles peuvent être nombreuses dès lors qu’elles sont bâties avec intelligence. Jamais prédatrice, l’interprétation de Lia Pale sidère par sa justesse de ton. Une réussite par ailleurs complétée d’un livret magnifiquement illustré comme l’industrie du disque en produit hélas de moins en moins. Chapeau, les artistes !

Gone too far. Par Lia Pale (chant, piano), Ingrid Oberkanins (percussions), Hans Strasser (basse), Harry Sokal (cuivres) et Matthias Rüegg (piano). 2013. CD EmArcy 0602537296613 (distribution Universal Music). Site Internet : www.liapale.net

Chronique publiée dans le numéro 63, daté hiver 2014, de la revue L’Alpe.


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Retour de l’aquarium : les Maldives autrement

Navigation dans les Maldives à bord du Koimala. Atoll de Felidhe (Vaavu). Photo : Pascal Kober

Navigation dans les Maldives à bord du Koimala. Atoll de Felidhe (Vaavu). Photo : Pascal Kober

Les Maldives ne se résument pas aux îles-hôtels totalement isolées de la vraie vie du pays. Pour découvrir cet archipel autrement, direction l’extrême sud, de l’autre côté de l’Équateur, à l’Equator Village sur l’île de Gan, dans l’atoll d’Addu, alors en pleine période électorale pour les élections présidentielles de septembre 2013. Puis retour dans le nord pour une navigation à bord du Koimala, un dhoni permettant de réaliser quelques belles randonnées subaquatiques avec palmes, masque et tuba dans les eaux des atolls de Male sud et de Felidhe (Vaavu). Air, terre, mer et bleus… Images :

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 Air

 

 Terre

 

Mer

Que les ichtyophiles passionnés qui repèreraient des erreurs dans les légendes des images n’hésitent pas à les signaler

 

 Bleus

 

Contacts ? Informations ? Ici.

À faire : pour un voyage en famille, un joli circuit est proposé par le voyagiste Terres d’Aventure.

À lire : dans le numéro de juillet 2014 du magazine Chasseur d’Images, je signe les textes et les images d’un dossier de dix pages sur les meilleures manières de réaliser des photographies sous-marines sans bouteille ni combinaison de plongée. Difficulté  : néant. Plaisir  : total. À vous de jouer  !

À voir : Océans et Le peuple des océans. Le film, mais surtout les quatre remarquables documentaires de 52 minutes, réalisés et scénarisés en 2009 par Jacques Cluzaud et Jacques Perrin (mais oui, le petit matelot amoureux de Catherine Deneuve dans Les demoiselles de Rochefort !).

À fuir : Atlantis de Luc Besson (1991). Une boursouflure vaine sur une «  musique » pléonastique d’Éric Serra.

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Marcus Miller au festival des Enfants du jazz

À Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), se déroule chaque année depuis 19 ans un festival qui fait la part belle aux enfants avec des stages de jazz (cette année sous la houlette d’Agathe Iracema pour le chant, de Guillaume Naturel et de bien d’autres). Conclusion en fanfare pour l’édition 2013 avec un Marcus Miller qui a longuement discuté avec les enfants en prélude à son concert avant de les inviter sur le plateau pour son deuxième rappel sur une reprise de Tutu mêlé d’un Come together des Beatles et de poursuivre par un bœuf au club du bar Le Choucas. Chapeau l’artiste ! J’en connais qui sont repartis avec de beaux souvenirs !

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Les Alpes de Doisneau avec… Melody Gardot !

J’animerai une petite causerie sur les Alpes de Doisneau au centre Séolane de Barcelonnette (Ubaye, Alpes-de-Haute-Provence) ce mercredi 24 juillet à 20 h 45 (entrée libre ; office du tourisme de Barcelonnette : 04 92 81 04 71).

Melody Gardot, Grenoble 2012

Melody Gardot. 13 novembre 2012. Photo : Pascal Kober

PS spécial coup de cœur (et qui n’a rien à voir) : le lendemain de ma causerie, la chanteuse américaine Melody Gardot se produira au même endroit, dans le cadre du festival Les enfants du jazz, au cœur du beau parc du musée de la Vallée. Un écrin de sapins entourés de montagnes qui devrait séduire la jeune musicienne (elle n’a pas trente ans). Melody Gardot a magistralement tricoté son dernier album (The absence) dans une sorte de sea movie entre Portugal, Maroc, îles du Cap Vert et Brésil. En somme, et pour faire écho à l’épopée des Mexicains de Barcelonnette, une autre traversée transatlantique qui vous transportera à coup sûr. Car nul ne peut résister à la belle maturité musicale de cette grande voyageuse…

PPS. Pour ceux qui n’aurait pas encore vu l’exposition Doisneau du musée de l’Ancien Évêché, à Grenoble, je rappelle qu’elle a été exceptionnellement prolongée jusqu’au dimanche 1er septembre et devrait fêter son cent millième visiteur (!) dans le courant du mois d’août avant de partir pour le… Japon.

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Youn Sun Nah à Jazz à Vienne

Les sept mille spectateurs du théâtre antique de Vienne sont tombés sous le charme du chant proprement inouï de Youn Sun Nah qui se produisait en quartet (avec Vincent Peirani à l’accordéon, Simon Tailleu à la contrebasse et Ulf Wakenius à la guitare) juste avant Avishai Cohen, le vendredi 12 juillet, lors de l’édition 2013 du festival de jazz de Vienne.

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Esperanza Spalding, Radio music society

Dans le cadre des Estivales en Savoie, le château des ducs, à Chambéry, accueille chaque été depuis dix ans quelques concerts de jazz à entrée libre avec de très belles têtes d’affiche. Dianne Reeves ou Al Jarreau en 2008 ; en 2013, Viktoria Tolstoy ou encore Esperanza Spalding avec sa Radio music society.

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Leçon de géographie : Céline Bonacina

Céline Bonacina. Jazz à Vienne. 9 juillet 2010. © Photo : Pascal Kober

Céline Bonacina. Jazz à Vienne. 9 juillet 2010. © Photo : Pascal Kober

La chaine télévisuelle de service public France Ô, dédiée aux outremers de ladite France, diffuse ce lundi 1er juillet 2013 un concert en direct du festival de jazz de Vienne (Isère).

L’émission démarre à 20 heures. On s’attend donc à voir l’intégralité de la soirée. Soit, pendant une petite demi-heure, la formation de la jeune saxophoniste Céline Bonacina, présentée dans le programme du festival comme «  set découverte » (pourtant déjà vue, et avec quelle énergie, sur cette même scène du théâtre antique en… 2010 !), suivie de Malavoi et de Kassav.

Soirée Caraïbes, donc. Mais de Céline Bonacina, point. En échange, pendant la première demi-heure ainsi qu’entre les deux sets, bavardages d’animateurs, bandes-annonces, sujets sur le rap et le hip hop et extraits de concerts enregistrés (mais toujours avec la mention «  direct » affichée à l’écran) à Vienne l’an passé (Melody Gardot ; magnifique !) et même cette année (Marcus Miller avec Keziah Jones).

Pas de chance pour Céline Bonacina : la musicienne a pourtant bel et bien passé une partie de son enfance à la Réunion et sa musique (magnifique, elle aussi) est fortement imprégnée de la culture de cette île.

Mais France Ô avait un alibi : la soirée s’intitulait Caraïbes…

 

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Metz : pas belle, ma ville ?

Magnifique travail de Yann Arthus-Bertrand, réalisé tout récemment en vidéo aérienne, sur Metz (ma ville natale) en commande pour le centre Pompidou dans le cadre de son exposition temporaire intitulée Vues d’en haut (jusqu’au 7 octobre 2013) qui montre comment les vues aériennes ont pu tournebouler le regard des artistes depuis le milieu du XIXe siècle.

On y voit tout autant les jardins ouvriers que les immeubles des cités, les petits cabanons au bord des lacs que les monuments les plus attendus, les terrasses des bistrots que les hauts-fourneaux de l’U4. Le tout dans un registre plus graphique que documentaire.

Hormis la musique de la première partie, inutilement grandiloquente, je me retrouve entièrement dans ces images, comme si le photographe avait su capter, en quelques courts instants, toute l’âme de cette ville si attachante où j’ai vécu tant de belles choses…

Ça va sûrement faire grincer quelques dents du côté des acteurs culturels tout autant que chez les photographes de voir un saltimbanque accéder ainsi aux cimaises d’un musée d’art contemporain. Et c’est tant mieux…

Ça dure vingt minutes et ça se regarde en cliquant là.

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Kaori Ito, Chloé Lévy et Marcus Hageman

Quelques images du filage des deux pièces données par la danseuse japonaise Kaori Ito à L’Hexagone de Meylan (Isère). La première en solo (chorégraphie et interprétation de Kaori Ito sur une musique enregistrée de Guillaume Perret). La seconde en trio, avec la voix de Chloé Lévy et le violoncelle de Marcus Hagemann (Deux cordes, une voix ; une composition musicale de Chloé Lévy sur des textes du poète allemand Rainer Maria Rilke). La séance s’est poursuivie au musée de Grenoble où Kaori Ito et Chloé Lévy ont improvisé autour de cinq pièces de la collection permanente choisies par la danseuse et évoquant la féminité.

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Le site de Kaori Ito.
Le site de Chloé Lévy.
Le site de Marcus Hagemann.
Le site de L’Hexagone de Meylan.
Le site du musée de Grenoble.
Le site du Pacifique (merci spécial à Philippe Quoturel).

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Katia et Marielle Labèque : rock et baroque

Katia et Marielle LabèqueLa dernière fois que je suis allé écouter les sœurs Labèque, deux des plus belles pianistes classiques de la planète, c’était le 17  juillet 2011, entre… scies à ruban et stocks de bois (!) de l’atelier de construction des chalets Matti, dans le cadre du Menuhin Festival, à Gstaad, en Suisse. Moment de pur bonheur que de lire tant de joie sur leurs visages pendant toute la durée du concert. Ces deux-là ne savent rien faire comme tout le monde (voir notamment les productions de leur label KML) et c’est pour ça qu’on les aime. Hier, dans sa collection Empreintes, présentée par Annick Cojean, la chaîne France 5 diffusait un magnifique sujet réalisé par Fabrice Ferrari et Constance Lagarde. Émotion, écoute, justesse de ton, complicité réelle avec les artistes, touchantes images d’archives, tout y est bon. Rarement vu un documentaire aussi intelligemment réalisé sur des musiciens !

Rediffusion ce dimanche 28 avril 2013 à 07 h 44 et jeudi 9 mai 2013 à 00 h 15.

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Les Alpes de Doisneau : prolongation

Formidable succès pour cette exposition du musée de l’Ancien Évêché, à Grenoble, à laquelle j’ai apporté ma contribution. Inaugurée en novembre 2012, elle a déjà reçu plus de 60 000 visiteurs, tous ravis de découvrir tant de facettes méconnues du travail de Robert Doisneau, au travers de ces 120 photographies rassemblant nombre d’images inédites.

L’exposition devait s’achever demain, dimanche 14 avril ; elle sera finalement exceptionnellement prolongée jusqu’au dimanche 1er septembre 2013 afin de pouvoir également accueillir tous les visiteurs de passage dans les Alpes cet été. Et avant de s’envoler pour… le Japon !

Des animations particulières seront programmées les samedi 18 et dimanche 19 mai 2013 à l’occasion de la Nuit des musées (Musées en fête) ainsi que durant les Nocturnes au musée (tous les vendredis de l’été entre le 5 juillet et le 16 août 2013.

Article plus détaillé sur l’exposition et le catalogue en cliquant ici.

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Matthias Schriefl : Six, Alps & Jazz

Visiblement, si l’on en croit son portrait (en… peau de vache !) publié à l’intérieur du livret, le jeune trompettiste allemand Matthias Schriefl a grandi dans les alpages ! Ou presque : sa petite ville natale de Kempten n’est en effet située qu’à quelques encablures des sommets bavarois et autrichiens. Nul doute en tout cas, à l’écoute de ce CD auto-proclamé young german jazz, que sa musique est bel et bien estampillée alpine. À la vérité, peu de jazz ici, si ce n’est peut-être dans la liberté d’expression qu’il permet aux musiciens qui s’en emparent aujourd’hui. Mais beaucoup de détournements (et souvent jubilatoires) des mélodies traditionnelles de l’Allemagne méridionale et de ses montagnes. Matthias Schriefl use d’ailleurs d’instruments autochtones comme le cor (des Alpes) ou d’expressions locales comme le yodel pour bâtir, et de fort belle écriture, ce répertoire très finement arrangé pour les riches timbres des nombreux instruments à vent de son sextet. À défaut de jazz, une jolie curiosité qui permet de mesurer jusqu’à quel point les jeunes musiciens européens, dûment formés dans les Conservatoires, peuvent réinterpréter leur patrimoine.

Pascal Kober

Musiciens  : Matthias Schriefl (tp, flh, etc.), Johannes Bär (tb, flh, etc.), Peter Heidl (flh, ts, etc.), Florian Trübsbach (as, cl, etc.), Heiko Bidmon (cl, fl, etc.), Gregor Bürger (bs, cl, etc.) + sept invités précisés dans le livret.
Thèmes : Langenwanger Intro, S´Deandl Vom Wintergrea, Am Schnackar Biichl, Andachtsjodler, Ländlesgruaß, Steinegger`s Allerlei, Les Alpes Vues De Paris , S´isch Mer Alles Oi Ding, Langenwanger Reprise, Bald Ischs Halb Simme, Der Vorarlberger Problembär, Punzenjodler, Luschtig, Luschtig, Schlofiade.
Enregistré  : en juillet et septembre 2011 à Bonn.
Durée  : 59’39″.
Référence  : Act 9670-2.

Chronique publiée dans le numéro 60 de la revue L’Alpe.

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Nabucco à Grenoble

Quelques petites images (de famille ;-) des répétitions du Nabucco que va donner l’Orchestre symphonique universitaire de Grenoble, sous la direction de Patrick Souillot, du 15 au 19 mars au Summum à Grenoble. Informations en cliquant ici.

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# 2013 Javanaise

Clic-clic sur le guitariste pour une petite surprise…

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Elina Duni : Matanë Malit

Duni ElinaDerrière la ligne bleue des Alpes, pour Elina Duni, il y eut d’abord l’exil. Un pays, l’Albanie, fracassé par tant d’années de dictature. Un grand-père écrivain bâillonné par le régime, une maman elle-même romancière, un papa acteur. Et finalement, le départ de la famille pour la Suisse en 1992. Elina a onze ans. Elle chante. Dès son adolesence, flirte avec les standards du jazz et les Léo Ferré et Serge Gainsbourg du French songbook. Premier CD en 2008. Elle y interprète une très troublante «  Javanaise ». À peine une pointe d’accent. Juste de quoi faire fondre. Sa rencontre avec le pianiste Colin Vallon va tout changer. Et si elle revenait à la musique de son pays natal ? En 2009, au festival de jazz de Grenoble, son chant fait mouche : générosité, force et délicatesse. Avec ce troisième CD, Matanë Malit (Au-delà de la montagne, donc), enregistré pour le label allemand ECM, elle épure encore ce trait musical qu’elle dessine pour relier improvisation et mélodies traditionnelles albanaises. Sur des lignes harmoniques d’une sobriété bouleversante (trois accords, pas un de plus, comme dans le blues, pour le magnifique «  Kjani trima »), Elina Duni nous conte, dans cette belle langue, des amours pastorales aussi bien que des histoires de bergers et de résistants anti-fascistes. Et réussit, par la grâce d’un trio aux interprétations d’une rare intelligence, à ne pas emprunter les sentiers tant dévoyés d’une world music abâtardie. Elina Duni est une passe-montagne. Qui se découvre de belle façon.

Pascal Kober

Musiciens  : Elina Duni (voix), Colin Vallon (piano), Patrice Moret (basse), Norbert Pfammatter (batterie).
Thèmes : Ka Një Mot, Kjani Trima, Kur Të Kujtosh, Vajzë e Valëve, Unë Ty Moj, Erë Pranverore, Çelo Mezani, Ra Kambana, Çobankat, Kristal, U Rrit Vasha, Mine Peza.
Enregistré  : en février 2012 à Pernes-les-Fontaines.
Durée  : 53’42″.
Référence  : ECM 2277 370 6457 (Universal).

Chronique publiée dans le numéro 59, daté hiver 2013, de la revue L’Alpe.


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Les Alpes de Doisneau

À propos d’une réalisation à laquelle j’ai apporté ma contribution (exposition au musée de l’Ancien Évêché, à Grenoble, du 16 novembre 2012 au 14 avril 2013).

L’EXPOSITION

« Le Rêve du petit Michel ». Photo : Robert Doisneau

C’est un Robert Doisneau comme on ne l’a jamais vu que propose cette exposition originale qui suit le fil (rouge) d’un parcours sur les sentiers buissonniers de la montagne. Au-delà du grand photographe humaniste que chacun connaît aujourd’hui et qui aurait eu cent ans cette année. Au-delà de son fameux Baiser de l’hôtel de ville, réalisé en 1950 (mais qui ne l’a rendu célèbre qu’à l’approche des années 1980). Au delà, aussi, de tant d’autres images tendres que Doisneau a pu consacrer au petit peuple de la banlieue parisienne. Car avant de devenir une icône de la photographie de la seconde moitié du XXe siècle, Doisneau fut également, au fond, un OS de l’image. Un ouvrier photographe qui mettait du cœur, son cœur, à l’ouvrage. Dans les Alpes comme ailleurs, il a ainsi œuvré (et avec quel talent !) dans des domaines aussi divers que l’industrie, le reportage social, le photojournalisme, la mode, la publicité, l’illustration, la photo « ethnologique », la prise de vues en studio, mais aussi l’humour (bien sûr !) et la photo de… famille !

De 1936, date de ses premières images alpines saisies entre amis en Haute-Savoie jusqu’à son reportage dédié en 1967 aux ouvrières des usines grenobloises à la veille des Jeux olympiques, en passant par les petits secrets de ses séjours hivernaux à Laffrey, en Isère, Doisneau n’a cessé d’arpenter les montagnes. Non pour leurs paysages sublimes qui auraient pu l’envoûter, à l’instar d’un Ansel Adams, d’un Shiro Shirahata ou d’un Pierre Tairraz, mais bien pour le terrain de jeu grandeur nature qui lui était ainsi offert. Durant une trentaine d’années, Doisneau a pu expérimenter autant de façon de mettre les Alpes en scène (plutôt qu’en valeur) pour les intégrer à son propre imaginaire. En somme, ces Alpes-là sont d’abord de Doisneau.

La patte de l’artiste : épatante !

LE CATALOGUE

Les Alpes de Doisneau, un beau livre de 160 pages paru aux éditions Glénat, reprend l’essentiel des images de Robert Doisneau présentées dans l’exposition en les accompagnant d’articles de fond qui permettent de contextualiser leur réalisation. Avec les contributions de Francine Deroudille (fille de Robert Doisneau), Jean-Claude Duclos (conservateur en chef du patrimoine), Pascal Kober (journaliste et photographe), Isabelle Lazier (directrice du musée de l’Ancien Évêché) et Vladimir Vasak (grand reporter à Arte). Le numéro 58, daté automne 2012, de la revue L’Alpe consacre par ailleurs un portfolio de plusieurs pages aux vis-à-vis troublants entre le regard de Robert Doisneau et celui porté par les ethnologues sur le village et les habitants de Saint-Véran.

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Belgique : Anvers Jazz Middelheim

Toots Thielemans. © 2012 Photo : Pascal Kober

Joyeux anniversaire, cher Toots ! Le plus grand harmoniciste de la planète fête ses 90 ans. Et c’est bonheur que de revoir Toots Thielemans en scène, musicalement très à son aise devant sept mille personnes, toutes debout pour saluer les dernières notes d’un What a wonderful world qui me met les larmes aux yeux. Sûr qu’un monde selon Toots serait en belle harmonie ! L’homme joue. Il joue bien. Et se joue de tout. De l’histoire du jazz en greffant habilement un Summertime au célèbre riff d’introduction de All Blues. Ou de son public qui sifflote Bluesette à l’unisson avec lui. Une seule date cet été à son carnet de bal : Anvers. Pour un festival dont il est le parrain depuis 1981. Ici, Toots est chez lui, à quelques encablures de Bruxelles, sa ville natale. Et dans un port, le deuxième d’Europe après Rotterdam, qui a vu des millions d’émigrants se rendre aux Amériques via la fameuse ligne transatlantique de la Red Star (l’étoile rouge !) au tournant des XIXe et XXe siècle. Cette ouverture sur le monde confère à la cité flamande un esprit un tantinet frondeur dont on ne soupçonne pas toutes les richesses. Ici a vécu au XVIe siècle, l’un des premiers imprimeurs au monde, Christophe Plantin, à qui est dédié un musée. Ici est le MAS, un autre musée, de société, remarquable tant par son architecture que par les parcours proposés pour mieux comprendre la ville. Ici sont marquées au fil des ruelles les activités maritimes et la vigueur des échanges culturels. Ici se vit la douceur d’un centre historique ancré sur les rives de l’Escaut.

Jazz Middelheim Anvers. © 2012 Photo : Pascal Kober

C’est à la périphérie que se déroule un festival qui a des accents de petit Marciac. Même chapiteau posé dans la verdure, le gazon du stade remplacé par l’herbe du jardin de sculptures du musée Middelheim, mêmes stands de produits régionaux, la bière d’Anvers remplaçant le tariquet. Même ambiance bon enfant et une programmation permettant aux musiciens belges de jouer face à un public venu nombreux pour les têtes d’affiches. On a ainsi pu écouter le guitariste Philip Catherine, dont le jeu est toujours aussi lyrique, avec Larry Coryell (notamment dans une merveilleuse version en duo de Insensatez, le thème de Tom Jobim). Mais aussi deux expériences musicales audacieuses, la première, très originale, même si éloignée de l’idiome jazz, par le trompettiste Eric Vloeimans avec un ensemble… baroque (!) ; la seconde de l’accordéoniste Tuur Florizoone qui a composé une pièce rendant hommage, à l’occasion des cinquante ans de l’indépendance du Congo, aux enfants abandonnés nés d’unions mixtes («  les bâtards de la colonie », pour reprendre le titre du livre de Kathleen Ghequière et Sibo Kanobana). Ici, nul exotisme de pacotille (Tuur est lui-même né en Afrique) mais un juste choix de musiciens (et notamment Tutu Puoane, magistrale au chant) et de thèmes fortement ancrés dans les rythmes du continent. Une belle découverte.

Stefano Bollani et Hamilton de Holanda. © 2012 Photo : Pascal Kober

À noter enfin la prestation très complice et tout en sourires du pianiste Stefano Bollani avec Hamilton de Holanda au bandolim, célébrant le génie (harmonique puis rythmique) des grands compositeurs brésiliens en enchaînant des thèmes comme Luiza (de Jobim) ou Laura (de Gismonti), avant de finir sur un Happy birthday pour Toots. Et last but not least, le concert de ce festival : avec le batteur Amir Brelser et le pianiste Omri Mor, le contrebassiste Avishaï Cohen invente un nouvel art du trio. Puissance de jeu, comme d’intensité musicale, littéralement extraordinaire, énergie et virtuosité, aisance très ludique en scène (ah, ses chorégraphies avec la «  grand-mère » !), sens du partage et de l’œuvre commune, tout cela chante (et de belle façon) et ne suscite jamais le moindre ennui. Au point que ce trio-là sait même séduire ces deux jeunes filles assises à mes côtés qui se seraient presque mises à danser. Comme pour mieux démontrer que le jazz peut être à la fois exigeant et festif. À l’image de ce festival, en somme.

Pascal Kober

Chronique du festival Jazz Middelheim (Anvers, Belgique ; du 16 au 19 août 2012) publiée dans le numéro 661, daté automne 2012 de la revue Jazz Hot. Site Internet : www.jazzmiddelheim.be

Miam !
Antwerpen Proeft et la Bollekesfeest. En août et toujours en plein-air, un salon du goût, un marché des produits du terroir et une fête de la bière (la De Koninck, locale, qui se déguste aussi sur les nombreux stands du festival).
Boulevard Leopold. Les petits-déjeuners amoureusement mitonnés par Martin et Patricia Willems y sont succulents. Mais surtout, cette jolie maison d’hôtes, nichée non loin du quartier des diamantaires et (en bus) du site de Jazz Middelheim, est atypique pour sa décoration intérieure. Passion des propriétaires pour les antiquités oblige, elle transporte le voyageur un siècle en arrière et transforme ce minuscule hôtel particulier (seulement trois chambres et deux appartements) en un véritable cabinet de curiosité. Une expérience singulière !
+32 486 67 5838
Site Internet : www.boulevard-leopold.be

 

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Pour ceux qui (n’)aiment (pas) le jazz

À écouter tous les soirs, pendant l’édition 2012 du festival de jazz de Vienne, une petite chronique radio aux alentours de 19 h 20, jusqu’au vendredi 13 juillet, dans l’émission de Matthieu Soldano sur France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu Drôme-Ardèche.

Par ordre d’apparition à l’écran noir de mes nuits blanches :
• le jour où elle ne restera pas dans son lit douillet (Sandra Nkaké),
• une certaine chanson qui nous ressemble (Bobby McFerrin et Chick Corea),
• une mélodie anglaise du XVIe siècle qui reste sur toutes les lèvres (McCoy Tyner),
• un mois de septembre sur lequel nous avons tous dansé (Earth, wind and fire),
• un merveilleux traditionnel de Noël polonais (Pat Metheny),
• Charles Aznavour qui n’aime guère qu’elle se laisse aller (Eddy Louiss),
• l’Ave Maria selon Al Di Meola et ses notes parcimonieuses (si, si…),
• un voyage au Mississippi (Magic Slim),
les moulins de mon cœur chapardés à Michel Legrand (Dianne Reeves),
• la belle leçon de vie de la non moins belle Melody (Gardot),
• la bataille de Jericho de mister Laurie et docteur House
• et, pour finir en beauté, la belle vie de dame Simone rêvant à Tony Bennett.

Sans oublier quelques-unes de mes « crooneries » habituelles autour de ces si jolies mélodies que tout le monde sait fredonner sous sa douche.

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Un été (sri-lankais)

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Un portrait radio du renifleur du temps

Michèle Caron a réalisé cet entretien pour France Bleu Isère. À écouter ici.

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1910-2010 : dans le sillage de Jorge Chavez

Tout juste un siècle après la première traversée des Alpes par l’aviateur péruvien Jorge Chavez en 1910, la rédaction de L’Alpe a refait ce parcours, mémorable à plus d’un titre, avec, dans le rôle du pilote, Alain Belmont, l’auteur de l’article lui-même. Quand le vécu rejoint l’histoire dans une belle aventure pleine d’émotions. Un reportage à lire dans le numéro 52 de la revue (La voie des airs), daté printemps 2011 et dont voici quelques images inédites brillamment légendées par Dominique Vulliamy, rédactrice en chef adjointe de L’Alpe.

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Vienna Art Orchestra : la fin d’un rêve

Triste nouvelle : cet été 2010, Mathias Rüegg, créateur et cheville ouvrière du Vienna Art Orchestra (VAO), annonçait sur son site Internet qu’il mettait définitivement un terme à cette magnifique expérience musicale : «  Le concert du 9 juillet au Musikforum de Viktring (Autriche), était le dernier du Vienna Art Orchestra. Un sous-financement chronique, une diminution importante de la demande en provenance des pays qui forment le cœur de l’économie de l’orchestre (Autriche et Allemagne principalement) et la crise financière dans les pays comme l’Italie, l’Espagne, la France et les pays de l’Est m’ont amené à prendre cette décision. Chercher où se situent les responsabilités n’a pas de sens. Après trente-trois années passées au plus haut niveau d’exigence, je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à l’existence du VAO. D’abord le public, mais bien sûr aussi les mécènes, institutionnels et privés, les nombreux journalistes spécialisés, enfin et surtout les musiciens talentueux qui se sont souvent surpassés dans leur travail avec le VAO. Je regrette profondément que l’orchestre actuel ainsi que mes créations soient contraints de s’arrêter alors que nous sommes à notre plus haut niveau. J’accepte toutefois les réalités telles qu’elles sont aujourd’hui. »

Cette belle aventure aura donc duré trente-trois ans. Trente-trois ans d’intenses collaborations avec tout ce que la scène européenne du jazz recèle comme fortes personnalités. Depuis le contrebassiste américano-suisse Heiri Känzig jusqu’au corniste russe Arkady Shilkloper, en passant par la chanteuse italienne Anna Lauvergnac ou les deux Wolfgang (Muthspiel, le guitariste, et Puschnig, le saxophoniste), le Vienna Art Orchestra aura vu passer du monde. Des musiciens qui comptent aujourd’hui et qui, tous, portent un regard sans œillères sur le jazz contemporain. Sans oublier, selon les projets, des invités exceptionnels comme Ray Anderson, Dee Dee Bridgewater, Art Farmer, Shirley Horn ou encore Joe Lovano.

Jazz Hot a rencontré Mathias Rüegg à deux reprises. En 2002 (numéro 592, daté juillet-août) et en 2007 (numéro 639, daté mai), respectivement pour le vingt-cinquième et le trentième anniversaire de son Vienna Art Orchestra. À cinq ans d’intervalle, deux longs entretiens avec Jérôme Partage. Et toujours la même passion et la même profondeur dans sa façon de dire le jazz, de dire son jazz. Cette fois, c’est hélas pour évoquer un « game over » que nous le rencontrons. Avec l’espoir de voir une si belle énergie rebondir, ici ou ailleurs, dans de monde du jazz. Résistons.

* *
*

L’arrêt brutal du Vienna Art Orchestra a-t-il été précédé de signes avant-coureurs qui auraient permis de mesurer l’ampleur des difficultés rencontrées aujourd’hui ?

J’ai pris cette décision, seul, le 1er avril dernier car la responsabilité économique de la survie du Vienna Art Orchestra n’a toujours dépendu que de moi. Mais pour des raisons stratégiques, personne, pas même les musiciens avec qui j’ai l’habitude de travailler, n’en a rien su avant que je ne l’annonce juste après notre dernier concert. Inutile de vous dire que mes amis musiciens n’ont pas été ravis d’apprendre une telle nouvelle…

Avant de prendre cette décision, as-tu envisagé d’autres réponses à ce problème économique ?

En matière de financement, j’ai vraiment tout essayé. Durant les derniers mois, plusieurs appels au secours ont été lancés, un peu en coulisses, pour ne pas alarmer nos proches. Les responsables culturels ou politiques connaissaient donc très bien notre situation. Mais d’un autre côté, le manque d’argent ne représente que l’un des versants du problème. Je ne peux pas forcer les organisateurs de concerts à inviter le Vienna Art Orchestra. Or, l’esprit même de cet orchestre existe aussi en raison de cette riche vie commune, musicale et extra-musicale, que nous développons lors de nos tournées. Ne faire exister l’orchestre que lors de concerts à Vienne ne m’intéressait pas.

À quels facteurs attribues-tu l’exceptionnelle longévité de l’orchestre ?

En toute immodestie, à mon action, tout simplement ! Durant les six dernières années, j’étais le seul à m’occuper de l’organisation. Je n’avais même plus une secrétaire pour m’aider dans l’administration. C’est le prix qu’il faut accepter de payer pour rester indépendant. Mais je n’ai jamais abandonné…

Un big band comme le Vienna Art Orchestra peut-il encore exister aujourd’hui en Europe ?

Tout dépend du type d’activité que l’on souhaite développer. Il existe probablement en Europe des centaines de Monday Night Orchestras (NDLR : des big bands qui se réunissent une fois par semaine, toujours dans le même club et avec le même répertoire, comme au Village Vanguard, dans les années 1960, à New York). Mais les orchestres qui vont vraiment sur la route avec un répertoire de création sont extrêmement rares car cela coûte très cher d’organiser et de financer une tournée pour un big band.

Et ailleurs dans le monde ?

Aucune idée. Tout ne dépend que de la motivation et de l’énergie d’un créateur obsédé ;-)

Même aux États-Unis ?

Surtout aux USA ! Excepté pour le Lincoln Orchestra, la situation des big bands en Amérique est vraiment nulle !

Le Vienna Art Orchestra pourrait-il renaître de ses cendres en s’intitulant demain Paris Art Orchestra ou Philadelphia Art Orchestra ?

Je n’ai aucun don de voyance pour prévoir l’avenir mais si tel devait être le cas demain, je crois que le projet s’appellerait plutôt Moscow Art Orchestra ou Dubaï Art Orchestra ;-)

Pourquoi pas ? Après tout, on construit bien une antenne du musée du Louvre à Abou Dabi…

Oui, ça, je sais bien… Mais pour le jazz, il n’existe aucune offre de ce type…

Envisagerais-tu de délocaliser l’orchestre ailleurs dans le monde ? En Chine, peut-être ?

Non. La direction que j’avais prise avec Third Dream m’impose de faire appel à un certain type de musicien très particulier que je ne peux trouver, en dehors des États-Unis, que dans les pays de l’Est et en Autriche.

Quelles ont été les réactions dans le milieu du jazz ?

Il y a eu peu de réactions. Quelques journalistes spécialisés m’ont manifesté leur soutien. Beaucoup d’amateurs et de musiciens ont réagi, mais rien du côté des organisateurs de concerts, des directeurs de festivals ou des tourneurs. Quant à la presse généraliste, elle a parlé de la fin du Vienna Art Orchestra, sur tous les continents, de Bombay à Moscou, de l’Arizona à Sidney, de Zagreb à Londres et de Paris à Vienne. Cette presse-là préfère toujours annoncer les mauvaises nouvelles…

Comment évalues-tu la situation du marché du jazz en Europe ?

Difficile à dire. Je crois que nous ne mesurerons réellement les effets de la crise qu’à partir de l’année prochaine. Mais si le monde de la culture prend modèle sur l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne, il y a plutôt de quoi être pessimiste ! Sauf peut-être pour quelques rares grands projets financés par les États. Mais dans notre milieu du jazz, dans toutes les petites structures et les associations, souvent financées par des collectivités locales, on peut s’attendre à des années de vaches très maigres. En Autriche comme ailleurs.

Cette situation a-t-elle beaucoup évolué durant les dix dernières années ?

Les organisateurs de concerts et les directeurs de festivals prennent bien moins de risques qu’auparavant. Et l’intérêt pour les grandes formations s’est par ailleurs nettement amoindri. À la différence de la musique classique où les grands orchestres jouent un rôle important.

Ressens-tu aussi ces difficultés au club de jazz Porgy & Bess que tu as ouvert à Vienne ?

Je ne suis plus impliqué dans la gestion du club, mais Porgy & Bess va bien. En revanche, les différents prix du Hans Koller Preis et de l’European JazzPrize (plus de 50 000 euros offerts chaque année à des musiciens, des réalisations ou des projets issus de vingt-trois pays européens) ont également été remis pour la dernière fois cette année. Pas pour des raisons économiques mais hélas surtout en raison de la stupidité des responsables politiques de la mairie de Vienne qui n’ont pas compris la valeur de ce prix et qui préfèrent aujourd’hui décerner leur propre prix dans l’anonymat d’une salle municipale.

Le Vienna Art Orchestra a aussi été une pépinière de talents où se sont rencontrés beaucoup de musiciens issu d’univers très différents. Ce big band n’avait-il pas, au fond, une utilité publique en terme de formation ?

Pour que ce travail soit soutenu par les institutions, encore faudrait-il qu’il existe, à l’intérieur de ces dernières, des gens capables de reconnaitre des valeurs culturelles. Hélas, cette disposition est aujourd’hui perdue. Et ça, c’est un vrai grand changement dans la vie politique culturelle en Autriche. Auparavant, les responsables politiques étaient plus cultivés. La liberté intellectuelle des années 1960-1970 a disparu. Et le monde a beaucoup changé depuis. Dans le monde politique, les idéalistes ont aujourd’hui été remplacés par des technocrates.

Des regrets ?

Aucun. Je ne regrette rien.

Des projets immédiats ?

Aucun non plus. Pour le moment. Je compose de la musique de chambre et j’enseigne, une journée par semaine, à la Hochschule für Musik à Vienne.

Le 10 juillet dernier, tu achevais ton communiqué en citant un texte de Kris Kristofferson chanté par Janis Joplin : « Freedom is just another word for nothing left to lose » (le mot « liberté  » est seulement une autre façon de dire «  rien à perdre »). Demain, qu’y aura-t-il à gagner ?

J’aime me laisser surprendre…

Propos recueillis par Pascal Kober

Entretien paru dans le numéro 654, daté hiver 2010 de la revue Jazz Hot.

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Disparition d’Abbey Lincoln

Abbey Lincoln« Pour ceux qui n’aiment pas le jazz »… Dans le programme du festival de cette année-là, je signais ce texte qui se concluait ainsi, en appoggiature du concert annoncé d’Abbey Lincoln : « L’amour du jazz est un cheminement, avec des passages obligés, comme des étapes où il fait bon se reposer avant d’aborder d’autres aventures. Un seul fil conducteur à ce voyage : la curiosité. Sans laquelle rien n’a jamais été possible. Il existe mille façons d’aimer le jazz. Comme il existe mille manières d’aimer. Tout court. » Abbey Lincoln nous a quittés hier. Elle venait tout juste de fêter son quatre-vingtième anniversaire. So long, Abbey…

Abbey Lincoln. La Rampe, Grenoble Jazz Festival, 1992. Photo : Pascal Kober

Lire aussi trois entretiens avec Abbey Lincoln parus dans les numéros 381 (1981), 485 (1992) et 524 (1995) de la revue Jazz Hot.

More about her…

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Musique : où est-ce qu’on paie ?

Un excellent (quoique un tantinet bavard ;-) papier sur la musique numérisée par un enseignant de design à l’école d’art du Havre. Également auteur de ce joli aphorisme : « (je n’ai pas de mémoire du coup je me relis régulièrement pour savoir ce que je pense :-) ». C’est là.

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Céleste Boursier-Mougenot et ses oiseaux guitaristes

[Mise à jour du vendredi 1er mai 2015 : avec Emma Lavigne, conservatrice au Musée national d’art moderne – Centre Pompidou (Metz), le plasticien et musicien Céleste Boursier-Mougenot représentera la France lors de la cinquante-sixième biennale de Venise (du 9 mai au 22 novembre 2015) avec un projet intitulé Rêvolution.]

Ce musicien niçois travaillant à Sète organise d’étonnantes installations avec des oiseaux voletant autour de guitares électriques qui leur servent également de mangeoires et de perchoirs. L’art contemporain comme on l’aime : merveilleux, poétique et pas bavard !

À la source de ce billet…

Un livre sur l’artiste.

PS aux musiciens : dans la vidéo, les guitares sont accordées en open tuning. En clair, jouées à vide, les cordes produisent un accord parfait (enrichi ?) afin de rendre l’ensemble plus « harmonieux ».

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Jolie pub !

… pour les appareils photos numériques compacts de Nikon. Les autres images de la campagne ainsi que des vidéos peuvent être vues ici.

Nikon pub

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Un livre numérique de photos pour l’iPhone

Des images très coffee table book mais l’application (gratuite) est plutôt agréablement réalisée.

Un livre numérique de photos pour l’iPhone.

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Ulysse en Italie

Dans son numéro de juin 2010, le magazine s’est intéressé à l’Italie romantique et notamment à la région alpine des grands lacs, mais aussi au val d’Aoste et aux Dolomites. L’occasion de saluer le beau travail journalistique (c’est si rare !) d’une revue dédiée au voyage qui part d’abord à la rencontre des femmes et des hommes qui bâtissent les paysages.

Pascal Kober

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Calembredaines et coquecigrues

En clin d’œil à l’album de bande dessinée Avatar et coquecigrues, signé par Alexis (éditions Audie, 1975), des billevesées et autres farfeluteries glanées au fil des jours sur Internet et ailleurs…

• Quel est le synonyme de synonyme ?

• Mais que peuvent les crustacés face au béton qui, lui aussi, s’incruste assez ?

• « Nous sommes une industrie de prototype. » Michel Piccoli, à propos du cinéma.

• «  Les enfants, eux seuls, savent que la foi est plus belle que dieu. » Claude Nougaro à Jean-Louis Foulquier (France Inter).

• « Engager des gens intelligents pour leur dire ce qu’ils doivent faire n’a aucun sens ; nous avons engagés des gens intelligents pour qu’ils puissent nous dire ce que nous devons faire. » Attribuée à Steve Jobs, CEO d’Apple.

• « Quand un passager de pied a en vue, flûtez le klaxon. Trompetez-le mélodieusement au début, mais s’il continue d’obstacler votre passage, alors flûtez-le avec vigueur. » Lu, en «  français », dans une brochure de location de voitures à Tokyo. Extrait de Dans l’enfer de l’information ordinaire, de Christian Morel (éditions Gallimard).

• « In the word newspaper, what matters is not the word paper. » Le patron du New York Times.

• Quelques versions détournées de la célèbre pochette de l’album Abbey Road des Beatles : c’est là.

• Heureux qui connut Nice. C’est le joli titre d’un documentaire de Robert Bozzi.

• Et « Heureux qui communiste » est ce qu’André Manoukian entendait lorsqu’il était gamin (merci France Inter !)

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Les fous du camping

C’était au temps où de hideux «  mobilomes » n’avaient pas encore défiguré le paysage de nos vacances hexagonales et où l’on pouvait parfois croiser une jeune campeuse en train de planter une tente à côté de sa… Porsche ! Héritage du Front populaire, le camping se décline en de multiples pratiques, depuis les premières vacances à bicyclette jusqu’aux grands raids en montagne pour accompagner un papa chargé de photographier les gravures rupestres du Mercantour. Ce livre rassemble de courtes tranches de vies émaillées d’images nostalgiques qui font la part belle aux congés payés et aux anciens catalogues de Trigano et du Vieux Campeur. Touchant. Par l’éditeur de Fous de vaches qui m’avait déjà enchanté.

Pascal Kober

Par Jean-Marc Gourdon. Éditions Castor & Pollux. 240 pages. 25 €.

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Le Maître-loup

Adieu réchauffement climatique. Vive le nouvel âge glaciaire, royaume des loups et des sinistres ravageurs. Dans ce roman d’anticipation, Gwénaëlle Kempter, fait évoluer Aleksei, son personnage principal, dans des Alpes inexorablement recouvertes par l’avancée de monstrueux glaciers. En dépit de quelques petites maladresses d’intrigue, on se laisse volontiers prendre par ce récit bien mené qui vous emporte dans une montagne très inhospitalière entre le Grand-Saint-Bernard et les sources d’eau chaude du Valais.

Pascal Kober

150 pages. 17,46 €.

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La ligne du Lötschberg

Non contents d’avoir su créer et entretenir leurs chemins de fer, nos amis helvétiques savent également les mettre en valeur de bien des façons. Ce petit guide détaille ainsi par le menu les dix étapes du sentier qui longe la célèbre voie ferroviaire du Lötschberg sur deux tronçons principaux : rampe nord, dans le canton de Berne, entre Frutigen et Kandersteg ; et rive droite du Rhône, dans le Valais, jusqu’à Brigue. Le principal intérêt de cet ouvrage n’est pas, comme souvent, de paraphraser la carte mais bien de donner les clés de lecture du terrain tant dans ses dimensions naturelles (paysages et reliefs) que historiques ou patrimoniales (ouvrages d’art, constructions, etc.). Ou comment faire du sport intelligemment et sans se forcer (cette randonnée est d’un niveau très facile) tout en apprenant à décrypter les signaux acoustiques du petit train de la montagne (tchouf-tchouf, tut-tut, ding-dong !) ou à traverser les pitons rocheux avec élégance. Passionnant…

Pascal Kober

Par Hans-Peter Bärtschi. Éditions Rossolis. 184 pages. 20 €. Un guide identique, rédigé par Killian T. Elsasser, existe également sur la ligne du Gothard.

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Les Petits cahiers intempestifs d’artiste

La belle revue stéphanoise a lancé une nouvelle collection consacrée à des livres d’artistes. Le second volume a paru ce printemps et présente une œuvre sous forme de puzzle géant du peintre Jean Le Gac. La pièce est livrée pliée en accordéon dans une boîte carrée en plexiglas. Splendide.

Pascal Kober

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Les nuages, là-bas, les merveilleux nuages

Eugène Boudin traversa le XIXe siècle pour annoncer l’impressionnisme. Autour de ses études de ciel, souvent marines, toujours magistrales, le musée Malraux du Havre a bâti une exposition (jusqu’au 24 janvier 2010) qui confronte le regard du peintre et la façon dont les photographes ont poursuivi ses recherches. Un voyage chronologique, depuis les précurseurs comme Le Gray dans les années 1850 jusqu’aux œuvres contemporaines d’Elina Brotherus, François Méchain ou Jean-Luc Tartari en passant par l’Américain Ansel Adams, le Britannique Hamish Fulton ou l’Italien Franco Fontana. Un beau travail de recherche, éclectique, érudit et fascinant dans sa complexité, dont rend compte ce catalogue lumineux.

Pascal Kober

Ouvrage collectif. Somogy éditions d’art. 200 pages. 25 €.

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Les fromages du fromager

Jean Serroy, auteur prolifique, dépeint avec beaucoup de justesse la personnalité truculente de Bernard Mure-Ravaud, meilleur ouvrier de France et meilleur fromager international (éditions Glénat). Au fil des descriptions de 168 productions et de 129 recettes issues de la France entière, on finit par tout savoir de l’origine des fromages, de leur mode de production, de leur typicité, de leur méthode d’affinage et des meilleures manières de les servir et de les accompagner. Le photographe Bruno Moyen, assisté de Fred Kazak pour le stylisme, pose quant à lui sa patte d’artiste sur une mise en images sobre, comme pour mieux rappeler que la vérité du produit se suffit toujours à elle-même pour élaborer un plateau qui ravira les papilles. Un ouvrage miam présenté dans son écrin de bois.

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Le carnet des tapas de montagne

Yannick Alléno, patron des cuisines de l’hôtel Meurice à Paris (trois étoiles au Michelin), officie aussi depuis peu au Cheval blanc à Courchevel. De cette expérience alpine, il a tiré un joli livre-objet (éditions Glénat) composé de neuf fois neuf fiches pratiques qui raviront tout autant les amateurs de produits d’excellence (fromages, salaisons et foies gras)) que ceux qui souhaiteraient élaborer des buffets mitonnés avec soin (tout petits farcis, tartares, briochés, salades et œufs toqués). Une ode aux terroirs de haute montagne.

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Anthologie des musiques traditionnelles de France

Patrick Frémeaux est un éditeur comme je les aime. Intelligemment militant, avec des parti-pris et une exigence quant au contenu de ses productions, consacrées pour l’essentiel au patrimoine sonore. Ce dernier entendu au sens large du terme puisque son catalogue va de ce fou de Pierre Barouh jusqu’à Michel Serres en passant par le chant des… oiseaux des Alpes ! On retiendra notamment sa récente anthologie des musiques traditionnelles de France qui compte dix volumes pilotés par l’ethnomusicologue Guillaume Veillet et complétés par des livrets très bien documentés.

Pascal Kober

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Le Festin

Joyeux anniversaire à nos amis du Festin, la revue culturelle des pays d’Aquitaine, qui fête, en cet hiver 2010, son vingtième anniversaire. Avec un numéro qui consacre vingt chefs et vingt produits du terroir. Et tous mes vœux pour les vingt prochaines années !

Pascal Kober

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Stages photos et voyages

Après avoir beaucoup bourlingué par monts et océans, Delphine Maratier (+ 33 (0) 614 46 67 44) a trouvé un port d’attache dans les Alpes. Elle y propose des formations photos destinées aux amateurs qui veulent mieux comprendre comment fonctionne leur appareil numérique. Au programme : questions-réponses sur la technique et l’informatique, mais aussi des travaux pratiques sur le terrain, à La Grave, dans les Écrins ou le Trièves. Ces stages se déroulent en demi-journées ou en week-ends et des voyages photos sont également organisés. Destinations 2010 : canaux de Patagonie, Éthiopie, Kerala et Ladakh (Inde).

Pascal Kober

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Alpins des Amériques

L'Alpe 46 : Alpins des AmériquesJ’ai rêvé de vivre à Montréal. Ou à San Francisco. Comme nombre de gamins : un rêve d’Amériques ! J’ai même rêvé de publier un transatlantique à la une de L’Alpe pour dire que le champ d’action d’une revue comme celle-ci reste ouvert au monde, ouvert aux autres. Mission accomplie pour ce troisième rêve.

Les habitants des Alpes ont toujours eu la bougeotte. Colporteurs, ils allaient vendre leurs graines jusqu’à la cour des tsars de Russie. Et contrairement à une idée reçue, ni le froid ni la faim ne les poussaient à franchir le col pour découvrir d’autres horizons. Seul les animait le goût d’entreprendre.

Ainsi, saviez-vous que le blues est aujourd’hui enseigné à l’université de Caroline du Sud par un professeur suisse ? Que la guitare électrique n’aurait pas été inventée de la même façon sans un autre émigrant d’origine helvétique ? Que des maçons de Haute-Savoie ont bâti l’un des plus anciens clubs de jazz de La Nouvelle-Orléans ? Que si le cap Horn est chilien plutôt qu’argentin, il le doit peut-être aussi à des producteurs de gruyère ? Que les moutons de Californie ont fait la fortune d’un pâtre piémontais ? Et enfin, le Mexique des Barcelonnettes : imaginiez-vous à quel point il pouvait entretenir, actuellement plus que jamais, une vraie ferveur populaire autour des patrimoines et du partage des cultures ?

Ces aventures, elles sont contées dans le numéro 46, daté automne 2009, de L’Alpe qui marque une autre migration, certes plus modeste, celle de la rédaction de la revue, qui va quitter, en cet automne 2009, ses bureaux historiques du Musée dauphinois, sur les hauteurs de Grenoble. Jacques Glénat, notre éditeur, vient en effet d’installer son siège social dans le couvent Sainte-Cécile qu’il a fait rénover en plein cœur de ville. Il y fêtera également ses quarante ans d’édition. L’occasion de saluer une autre belle aventure, osée, exigeante et passionnée. Plus de dix ans après sa création, L’Alpe en témoigne par son existence même. Longue vie et bon vent !

Pascal Kober

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Petit abécédaire d’un droguiste de marine

Lisez ces miscellanées que vient de nous concocter l’ami Loïc Josse, érudit breton, grand amateur de fêtes et pilier du festival des Étonnants Voyageurs. Sa droguerie de marine (une vraie), sise à Saint-Malo, vend de l’étoupe, des couleurs, du carbure et peut-être même de la gutta-percha si nécessaire pour protéger les cartes sur le chemin des Amériques. Au-dessus de cette merveilleuse boutique, Loïc a ajouté un salon où l’on cause et une librairie où les ouvrages de voyage côtoient les bateaux pop-pop, les aquarelles, le foie de lotte et la salicorne. C’est un peu l’âme de ce lieu ensorceleur et de son bosco gourmand que l’on retrouve dans ce livre passionnant et joliment illustré où l’on apprend incidemment que le savoyard Opinel est le couteau le plus prisé des marins et que la marmotte est aussi très utile aux callefatz.

Pascal Kober

Par Loïc Josse. Éditions Chasse-Marée – Glénat. 208 pages. 25 €.

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Poya Express

Une vingtaine d’auteurs de bande dessinée, principalement suisses, s’en donnent à cœur joie dans ce florilège qui dynamite la représentation graphique de la traditionnelle poya montrant la montée des vaches à l’alpage. Un sympathique petit ouvrage, œuvre de l’éditeur InFolio à Lausanne, dont on connaît l’excellence de la production en matière d’ouvrages plus savants.

Pascal Kober

Collectif. InFolio. 48 pages. 18 €.

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Visa pour l’image

Dali disait d’elle que sa gare est «  le centre de l’univers ». Chaque fin d’été, Perpignan est bien le centre du monde des médias depuis que Jean-François Leroy y a créé le festival international du photojournalisme. Expositions, soirées de projection et rencontres avec ceux qui parcourent la planète pour documenter l’actualité sont au programme de cette manifestation singulière et militante qui, depuis plus de vingt ans maintenant, rappelle contre vents et marées que l’information est une dimension essentielle à l’existence même de nos démocraties. Et ce en dépit des coups de boutoirs qui lui sont portés par la presse people et l’infotainment. En cette année 2009, on pourra y voir des reportages qui n’ont pas trouvé place dans nos médias comme celui de Luca Catalano Gonzaga sur le travail des enfants au Népal qui s’est vu décerner le prix Care du reportage humanitaire doté de 8 000 €. Mais aussi l’étonnant travail d’Abbas sur le monde islamique ou encore les images de Françoise Demulder ou de Steve McCurry. À suivre également, un colloque très intéressant autour du thème du regard des autres, avec cette profession de foi : « Quelle vision peuvent avoir de nous, membres du G8, ceux qui forment le reste du monde, le G185 ? » Potentiellement passionnant si les universitaires présents oublient de s’écouter gloser pour laisser la parole aux hommes du « reste du monde ».

Pascal Kober

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Une mémoire pour le Preservation Hall

J’ai rencontré la photographe américaine Shannon Brinkman, séduit par son portrait du Preservation Hall Jazz band publié sur le site Internet du célèbre club de jazz de La Nouvelle-Orleans. Le temps d’un message pour lui demander si par hasard, elle aurait aussi en archives des images des autres bâtiments construits par deux architectes savoyards évoqués dans le numéro 46, daté automne 2009, de la revue L’Alpe, et la commande de quatre photos était passée. À l’américaine : avec sourire (virtuel ;-) et efficacité. Dans son activité professionnelle, Shannon s’intéresse également aux sports équestres et aux hommes qui habitent La Nouvelle-Orléans. C’est ainsi que depuis 2003, elle photographie les musiciens programmés au Preservation Hall dans le cadre du projet The Change We Play. Cette galerie de portraits, complétée par des entretiens réalisés avec la journaliste Eve Abrams, compose un remarquable travail, patrimonial et social, sur la mémoire du club. Mais aussi, et au-delà, sur la mémoire du jazz en général, une musique née à La Nouvelle-Orléans qui représente un apport culturel majeur des États-Unis d’Amérique à l’art du XXe siècle.

Pascal Kober

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Caroline Halley des Fontaines : Time and silence

Impressionnante image de couverture ! Dans ce noir et blanc intense, l’amateur croit déceler la patte (photo)graphique d’un Sebastiao Salgado et c’est en réalité une jeune photographe qui signe ce portrait saisissant. En moins de dix ans, Caroline Halley des Fontaines a déjà beaucoup arpenté le monde, après ses études en sociologie du développement à la Sorbonne. Ses pas l’ont menée essentiellement en Afrique et en Asie d’où elle a ramené cette collection d’instants de calme et de sérénité. Quarante-sept images (pas une de plus) mais quelles images ! Éditées avec un soin méticuleux et très sobrement mises en scène comme de petits haïkus contant la planète et l’âme des hommes qui l’habitent. Un travail remarquablement abouti qui témoigne d’une belle maturité photographique.

Time and silence. Caroline Halley des Fontaines. Éditions teNeues. 96 pages. 29,90 €.

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Photo numérique : c’est la mémoire qu’on assassine !

La photo numérique est un formidable progrès pour qui maîtrise l’intégralité du processus de production de l’image. Pour tous les autres, amateurs comme professionnels, cette dématérialisation risque bien de rendre inexploitables demain les milliards de documents que nous réalisons aujourd’hui. Alerte rouge.

Hier, tout était simple. Un joli paysage, clic, c’est dans la boîte. Trente-six clics plus tard, passage au labo pour récupérer trente-six négatifs et autant de tirages. Des objets pas du tout virtuels face auxquels nos petits-enfants pourront vraisemblablement s’émerveiller encore dans quelques dizaines d’années. Bien ou mal rangés, bien ou mal documentés (comment ? vous ne légendez pas vos portraits de famille ?), bien ou mal archivés, qu’importe. Ou presque. Au fil des siècles, les évolutions des supports (plaques de verre, diapositives ou films négatifs, couleur ou noir et blanc) n’ont fondamentalement rien changé à ce constat.

Demain, pas sûr qu’il en soit encore de même. Les appareils photos argentiques ne représentent déjà plus que 1 % du marché et on estime que 60 % des foyers français sont équipés en numérique. Une technique qui a du bon : déclencher sans compter (chaque image ne coûte presque rien), voir immédiatement les résultats et ainsi corriger ses erreurs, visionner ses photos sur le téléviseur, les retoucher, les publier sur son site Internet, les envoyer aux amis par courriel, etc. Seul souci : tant qu’une image n’est pas imprimée, elle n’a qu’une existence virtuelle, fragile série de 0 et de 1 qui migrent de la carte mémoire de l’appareil vers l’ordinateur et parfois (mais parfois seulement !) vers une sauvegarde.

Les risques sont pourtant nombreux : effacement accidentel de fichiers, panne d’ordinateur ou de disque dur, virus informatiques, CD-Rom mal gravé ou rayé. Sans même évoquer les questions de logiciels, de formats de fichiers ou de supports de sauvegarde. Rien ne dit par exemple que les enregistrements de photos en RAW seront lisibles dans dix ans. Ceux qui ont stocké des films sur des cassettes vidéo V2000 ou des photos en très basse définition sur des Laserdisc, ceux qui ont archivé des fichiers informatiques sur des disquettes 5″ ¼ sans les transférer sur de nouveaux supports s’en mordent aujourd’hui les doigts. Même les appareils capables de lire ces formats n’existent plus ! Alors qu’ils ont disparu il y a moins de vingt ans !

À la revue L’Alpe, c’est au quotidien que nous mesurons les atouts, immenses, de la photo numérique pour la presse, mais aussi ses limites : fichiers de format exotique, définition d’image insuffisante, absence de tirage papier pour contrôler les couleurs, numérisations de médiocre qualité, etc. Même dans un contexte professionnel, les processus de production ne sont ainsi pas toujours maîtrisés par l’ensemble des acteurs de la chaîne. Dans un contexte plus général, le risque est donc immense de voir des pans entiers de la mémoire visuelle individuelle et collective disparaître dans ce grand trou noir de la dématérialisation de l’image.

La parade est connue : sauvegarder encore et encore, dans un format de fichier standardisé, en plusieurs exemplaires stockés dans des lieux différents, transférer ces sauvegardes sur de nouveaux supports dès qu’un bond technologique fait naître un nouvel outil d’archivage amené à se développer. En somme, rester aux aguets quant aux évolutions de l’outil informatique. Pas sûr que le commun des mortels ait assez de motivation pour se préoccuper de ça. Mais plus nous serons sensibilisés à cette question et moins la mémoire risquera d’être assassinée…

Pascal Kober

Altaï. Photo : Pascal Kober http://www.pascalkober.com

Photomosaïque bâtie à partir des 707 photographies numériques réalisées lors d’un reportage en Russie en septembre 2004 dans les montagnes de l’Altaï. 707 fichiers JPEG sauvegardés sur plusieurs disques durs stockés dans différents endroits. 707 tranches de vie toutefois totalement virtuelles qui n’existent dans la vraie vie que lorsqu’elles sont imprimées ou publiées. L’original de l’image ainsi recréée par le logiciel MozoDojo illustrait un article paru dans le numéro 27 de la revue L’Alpe. Photos : Pascal Kober.

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Alzy Trio : Seize cordes en bal(l)ades

English version below

Pascal Kober (basse), Christian Sanchez (guitare) et Thierry Rampillon (guitare)

Design : Michka Piera

Depuis les langoureuses mélodies de la bossa nova  jusqu’à la note bleue du jazz en passant par les mots doux de la chanson française et les rythmes du flamenco, le séduisant voyage de seize cordes en bal(l)ades qui revisitent à leur façon, très singulière, les grands standards du répertoire.

Après la parution de Seize cordes en bal(l)ades, son premier disque, enregistré en 2007 et également disponible sur iTunes et les principaux sites de téléchargement de musique, l’Alzy Trio a fêté sa dixième saison d’existence en 2012 et donne toujours chaque année plusieurs concerts en France ainsi qu’à l’étranger.

Le groupe réunit aujourd’hui encore les trois mêmes amis musiciens : Pascal Kober à la basse acoustique fretless, Thierry Rampillon et Christian Sanchez aux guitares acoustiques. Plusieurs belles expériences font écho à ce premier opus : une émission de télévision avec Pierre Barouh, Sheyla Costa et Jean-Pierre Mas, une participation au festival de jazz de Tanger, au Maroc ou encore les projets Friends rassemblant une kyrielle d’invités exceptionnels.

Le deuxième disque de l’Alzy Trio est paru à l’automne 2011. Il est consacré à un French songbook, comme en clin d’œil au Great American songbook qui fait la part belle aux standards de la chanson de Broadway repris par les plus grands musiciens de jazz. Ce nouveau répertoire propose des arrangements instrumentaux originaux réalisés à partir des plus belles chansons françaises, thèmes emblématiques, connus dans le monde entier. Plusieurs amis musiciens invités (Tamanga Bévis et Elsy Fleriag au chant, ainsi que Jean-Pierre Jackson à la batterie) apportent également leur pierre à cet édifice architecturé autour du plaisir de jouer et des sourires complices, sur des thèmes de Serge Gainsbourg (La javanaise), Michel Legrand (Chanson de Maxence, Chanson des jumelles), Claude Nougaro (Cécile ma filleLes pas, Tu verras, Un été), Jacques Prévert et Joseph Kosma (Les feuilles mortes), Aldo Romano (Rimes) ou encore Charles Trénet (Que reste-t-il de nos amours ?).

Écoutez quelques thèmes du premier disque ici :

Wave
Corcovado
So danço samba
Insensatez
Balanço
Rimes
So what
Birdland

Pour acheter le CD de l’Alzy Trio dans la vraie vie, merci d’envoyer 10 euros (frais de port inclus) à : Association Jazz en ballade, 7, rue d’Aquitaine, 38130 Échirolles, France. Pour le télécharger, rendez vous sur iTunes ou sur les principales plates-formes de téléchargement légal. Enfin, pour tout connaître des prochaines dates de concerts, et voir des vidéos ainsi que quelques reportages sur les tournées, visiter le site Internet de l’Alzy Trio.

From sultry Bossa Nova melodies (João Gilberto, Vinícius de Moraes, Tom Jobim, Michel Jules…) to timeless jazz standards (Chick Corea, Dizzy Gillespie, Miles Davis, Charles Mingus, Stevie Wonder, Joe Zawinul…), French favorites (Pierre Barouh, Joseph Kosma, Francis Lai, Michel Legrand, Yves Montand, Claude Nougaro, Aldo Romano, Henri Salvador…) and flamenco rhythms (Paco de Lucia), this 16-string trio adds its personal touch to the great classics of our time.

Click here to go to Alzy Trio’s website and know more about concerts, tours, videos and photo reports about the band.

To order the CD, simply send ten euros (postage included) to : Association Jazz en ballade, 7, rue d’Aquitaine, 38130 Échirolles, France.

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Alzy Trio : Wave

Wave est un thème composé en 1967 par Antônio Carlos (Tom) Jobim (1927-1994) que le compositeur a lui-même chanté avec Frank Sinatra. La chanson a également été reprise par Ella Fitzgerald ou encore Sarah Vaughan (avec le big band de Michel Legrand, sur un tempo extrêmement lent) et, en version instrumentale, notamment par Birelli Lagrène et Sylvain Luc.

Cliquez sur le titre du thème pour lancer son écoute (guitare solo : Thierry Rampillon)

Wave (Tom Jobim)

Télécharger ce thème sur iTunes.

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Alzy Trio : Corcovado

Joao Bosco, Joao Gilberto et Caetano Veloso. Festival de jazz de Vienne, 1989. Photo : Pascal Kober

Joao Bosco, Joao Gilberto et Caetano Veloso

Composé en 1960 par Tom Jobim, Corcovado a été chanté par João Gilberto qui en a écrit le texte. Le titre de ce thème fait référence au célèbre sommet de Rio de Janeiro sur lequel a été érigée, en 1931, une gigantesque statue du Christ. Un grand classique de la bossa nova qui sera notamment repris en instrumental par Stan Getz. Une version anglaise (Quiet nights of quiet stars) sera également chantée par Ella Fitzgerald, Stacey Kent ou Diana Krall. Henri Salvador a adapté le thème en français (Bonjour et bienvenue) dans Performance !, son enregistrement en public paru en 2002 chez EMI : «  Je vais vous interpréter un air qui nous vient d’outre-Atlantique. Il arrive avec douceur, du pays de la langueur, où les femmes ont des saveurs poivrées de fruits exotiques. »

Cliquez sur le titre du thème pour lancer son écoute
(basse solo : Pascal Kober ; guitare solo : Thierry Rampillon).

Corcovado (Tom Jobim et João Gilberto)

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Image en vignette : João Bosco, João Gilberto et Caetano Veloso au festival de jazz de Vienne en 1989. Photo : Pascal Kober.

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Alzy Trio : So danço samba

So danço samba est un thème composé par Tom Jobim (1927-1994) et Vinícius de Moraes (1913-1980).

Cliquez sur le titre du thème pour lancer son écoute (guitare solo : Christian Sanchez).

So danço samba (Tom Jobim)

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Alzy Trio : Insensatez

Il se murmure que Tom Jobim se serait inspiré des harmonies du fameux Prélude numéro 4, opus 28, de Frédéric Chopin pour écrire Insensatez en 1961 sur un texte de Vinícius de Moraes. Devenu un standard du répertoire de la bossa nova, ce thème a été joué en version instrumentale par des musiciens comme Stan Getz, Roy Hargrove, Birelli Lagrène ou Aziza Mustafa Zadeh. Il a également été chanté à de multiples reprises : en portugais par Eliane Elias, Astrud Gilberto, João Gilberto ou Paula Morelenbaum (très belle version avec le pianiste japonais Ryuichi Sakamoto) ; en langue anglaise (How insensitive) par Karrin Allyson (qui l’introduit par le fameux Prélude), Dee Dee Bridgewater, Ella Fitzgerald, Michele Hendricks, Diana Krall, Karin Krog, Petra Magoni ou encore… Iggy Pop (!). Pour l’anecdote, on notera aussi une version en français (Quand tu m’as parlé) chantée par… Richard Anthony (!) ou le guitariste Sacha Distel.

Cliquez sur le titre du thème pour lancer son écoute (basse solo : Pascal Kober).

Insensatez (Tom Jobim)

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Alzy Trio : Balanço

Balanço est un thème composé par un ami guitariste, Michel Jules, hélas trop tôt décédé, et qui avait longtemps séjourné au Brésil où il avait notamment rencontré le percussionniste Luiz Carlos de Paula qui accompagnait alors Jorge Ben. Avec sa formation Notenstock, dont faisait également partie le guitariste Stéphane Sarlin, il avait enregistré un CD en 1992 (À côté du soleil) et un album live en 1993 avec le bassiste américain Abraham Laboriel.

Cliquez sur le titre du thème pour lancer son écoute (guitare solo : Christian Sanchez).

Balanço (Michel Jules)

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Alzy Trio : Rimes

Ce thème à cinq temps (une métrique peu courante en jazz, sauf quand le saxophoniste Paul Desmond écrit Take five pour le quartet de Dave Brubeck ;-) est l’œuvre du batteur français Aldo Romano. Il a notamment été repris, dans une version très lyrique (comme il se doit), par le trio du pianiste belge Ivan Paduart sur son disque, My french heart, célébrant les grands auteurs de chansons en langue française. Ce morceau a également été chanté par Claude Nougaro (sur un très joli texte qu’il écrivit en 1981 ; voir ci-dessous), mais aussi par Maurane ou Sandrine Kiberlain (en trio accordéon, contrebasse et guitare).

Cliquez sur le titre du thème pour lancer son écoute.

Rimes (Aldo Romano et Claude Nougaro)

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Rimes (musique d’Aldo Romano et texte de Claude Nougaro)

J’aime la vie quand elle rime à quelque chose
J’aime les épines quand elles riment avec la rose
J’aimerais même la mort si j’en sais la cause
Rimes ou prose

J’aime ma chanson quand elle rime avec ta bouche
Comme les ponts de Paris avec bateau-mouche
Et la perle des pleurs avec l’œil des biches
Rimes tristes

J’aime les manèges quand ils riment avec la neige
J’aime les nains qui riment avec Blanche-Neige
Rimons rimons tous les deux
Rimons rimons si tu veux
Même si c’est pas des rimes riches
Arrimons-nous on s’en fiche

J’aime la vie quand elle rime à quelque chose
J’aime les épines quand elles riment avec la rose
Rimons rimons belle dame
Rimons rimons jusqu’à l’âme
Et que ma poésie
Rime à ta peau aussi…

(bis tutti)

Rimons rimons belle dame
Rimons rimons jusqu’à l’âme
Et que ma poésie
Rime à ta peau aussi…

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Alzy Trio : So what

George Russell et Noël Balen. Jazz à Vienne 1987. Photo : Pascal Kober

George Russell

So what a été composé par le trompettiste Miles Davis (1936-1991) pour son célèbre album Kind of blue, paru en 1959 (et généralement considéré comme le disque le plus vendu de toute l’histoire du jazz). Le thème fait partie du répertoire des standards joués par les plus grands et a été notamment repris par Larry Carlton (dans une version très blues), le big band de JJ Johnson (1924-2001), Birelli Lagrène et Sylvain Luc ou encore Marcus Miller avec l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo ! Initialement enregistré avec un quintet (Cannonball Adderley au saxophone alto, Paul Chambers à la contrebasse, Jimmy Cobb à la batterie, John Coltrane au saxophone ténor, Bill Evans ou Wynton Kelly au piano), il a fait l’objet d’une superbe version écrite en 1986 par le pianiste George Russell (1923-2009) pour son Living Time Orchestra. C’est sur la base de cet arrangement pour big band que Christian Sanchez a réalisé cette adaptation pour trio acoustique.

Cliquez sur le titre du thème pour lancer son écoute
(basse solo : Pascal Kober ; guitare solo : Thierry Rampillon).

So what (Miles Davis)

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Image en vignette : George Russell en compagnie du journaliste Noël Balen au festival de jazz de Vienne en 1987. Photo : Pascal Kober

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Alzy Trio : Birdland

Joe Zawinul. Marmara Hotel, International Istanbul Jazz Festival, Turquie, 1996. Happy birthday, Joe. Ce soir-là, le créateur du groupe Weather Report fêtait son soixante-quatrième anniversaire. Quelques heures plus tôt, dans le théâtre en plein air qui domine le Bosphore, standing ovation pour le Zawinul Syndicate qui venait de rendre hommage à un grand musicien turc récemment disparu. Mais après le spectacle, la vie continue… Retour à l’hôtel pour une petite fête entre amis. © Photo : Pascal Kober

Joe Zawinul. © Photo 1996 : Pascal Kober

Birdland est un thème composé pour l’album Heavy Weather paru en 1977, par le pianiste Joe Zawinul (1932-2007), fondateur, avec le saxophoniste Wayne Shorter, du groupe Weather Report. Il a notamment été repris par Quincy Jones et par le quartet vocal Manhattan Transfer sur un texte de Jon Hendricks. Le titre du morceau évoque bien sûr le saxophoniste Charlie Parker (1920-1955, surnommé Bird) ainsi que le célèbre club de jazz de New York créé en 1949, mais aussi le club que Joe ouvrit en 2004 dans sa ville natale de Vienne en Autriche. Ce thème à l’origine très « électrique » (pionnier du jazz-rock, Zawinul était un extraordinaire sorcier des sons sur ses multiples synthétiseurs) est ici joué dans un arrangement de Christian Sanchez pour trois instruments acoustiques.

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Birdland (Joe Zawinul)

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Une presse de résistance

Face à la télécratie ambiante et à la médiocrité médiatique, il y a comme un parfum de résistance dans la presse. Hélas pas du côté de la plupart de nos confrères généralistes qui tentent vainement de compenser leurs audiences en chute libre en lançant un énième (mauvais) quotidien gratuit (Matin Plus, par Le Monde), un énième supplément «   mensuel au quotidien   » qui ne sert à rien (Next par Libération) ou une énième lamentable émission où de «   vrais gens   » sont censés débattre avec des hommes politiques (J’ai une question à vous poser, par TF1). C’est donc vers les médias dit «   de niche   » ou quelques antennes de service public comme France Culture ou Arte qu’il faut se tourner pour trouver encore un journalisme exigeant qui privilégie le savoir, le sens, la connaissance et une véritable hiérarchie de l’information. Sur Internet, bien sûr (encore faut-il savoir arpenter intelligemment cette jungle-là), mais aussi avec ces revues cousines de L’Alpe :

• Nautilus, consacré aux hommes et aux océans,
• 303, la revue des pays de Loire,
Le Festin, qui traite des cultures de l’Aquitaine,
• 50sept, la revue du département de la Moselle,
• notre papa à tous, le Chasse-Marée, dédié au patrimoine maritime,
• ou encore l’ancêtre Jazz Hot, créée il y a 75 ans maintenant  !

Bon vent à tous…

Pascal Kober

PS de l’été 2011. Depuis la première parution de ce billet il y a quatre ans, d’excellentes revues comme Carré Voiles, Chorus, Gusto et RoadBook ont hélas cessé leur parution. Mais d’autres sont nées. Et notamment la somptueuse, intelligente, tourneboulante, etc. revue XXI, suivie de la non-moins intelligente revue 6 mois, consacrée au photojournalisme.

PS de l’été 2013. Mais dans le même temps, d’autres titres sont apparus qui ne servent qu’à engranger des pages de pub comme le supplément Obsession du Nouvel Observateur ou encore M, le magazine du Monde.

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All So’ : Jazz, etc.

English review below

All So'

Photo : Christian Rausch

All So’ comme un triple clin d’œil. Deux clins d’œil pour Miles, bien sûr, par qui le jazz est venu à moi. Avec All blues et So what, Miles Davis a écrit, pour l’album Kind of blue, deux thèmes forts de l’histoire de cette musique. Clin d’œil aussi à la chanteuse Sophie Villamayor puisque All So’, c’est tout Sophie. Ou tout pour Sophie. La juste place du bassiste dans une telle formation. Comme me le disait Steve Swallow dans un entretien avec lui pour la revue Jazz Hot : « Ce n’est pas tellement le son ou l’instrument lui-même qui m’a séduit, mais plutôt le rôle social de la basse, le service qu’elle rend au sein du groupe. Cet aspect m’a immédiatement attiré. Il y avait là quelque chose qui me paraissait juste, qui était plus gratifiant que de simplement jouer et improviser. Et aujourd’hui encore, je retrouve souvent ce sentiment, ce merveilleux sentiment, qui fait que lorsque le saxophoniste prend un solo magnifique, le bassiste sourit secrètement car il sait que, dans un sens, c’est aussi un peu son solo. »

Pascal Kober

Cliquez sur le titre du thème pour lancer son écoute.

Summertime (George Gershwin, DuBose Heyward et Ira Gershwin)

Ce thème emblématique de la culture américaine, ici inspiré d’une très belle version de la chanteuse Molly Johnson, prête son titre à une nouvelle émission de jazz d’Elsa Boublil pour France Inter. Il faut aussi aller visiter les sites Internet de deux collectionneurs fous qui ont recensé des zilliards d’enregistrements ainsi que quelques anecdotes croustillantes : c’est ici et ici. Ainsi, ce morceau qui date de 1935 existe-t-il aussi dans une version en langue maori (He raumati) chantée par Whirimako Black. Mais c’est Billie Holiday qui en interpréta la première version jazz chantée, à peine un an après, et en même temps qu’un autre musicien (Caspar Reardon) la jouait pour la première fois à la harpe. Sans parler de Steve Mann qui en proposa récemment une version à… l’hydraulophone ! Enjoy…

Sunny (Bobby Hebb)

Le compositeur de Sunny nous a quittés le 3 août 2010, quelques jours avant la chanteuse Abbey Lincoln et le photographe Herman Leonard. Sale temps…

Another day (Molly Johnson, Mark McLean)

I wish (Stevie Wonder)

Sophisticated lady (Duke Ellington)

Mack the knife (Marc Blitzstein, Bertolt Brecht, Kurt Weill)

Can’t buy me love (John Lennon, Paul McCartney)

Créée en mars 2005, All So’ a fait ses adieux à la scène trois ans après en donnant son dernier concert en octobre 2008. La formation a néanmoins eu le temps de graver ce CD en octobre 2006 (Jazz, etc.), aujourd’hui épuisé et dont les thèmes peuvent être écoutés ci-dessus. Sur cet enregistrement, réalisé par Philippe Valdes au studio La Cigogne (à l’exception de Summertime, capté en public par le même ingénieur du son), le groupe était composé de Sophie Villamayor (chant), Pierre Bigorgne (piano), Hervé Denis (bugle, trompette), Vincent Duchemin (batterie) et Pascal Kober (basse acoustique fretless).

Ce qu’ils en ont dit :

Robert Latxague (Jazz Magazine)

Ils ont franchi le pas. Ils l’ont fait. Par engagement. Ils se baladent désormais de l’autre côté du miroir. Pas all blues, non. Et alors, so what  ? Le cinq de Grenoble verse dans le groove et la mélodie avec fougue, avec une grosse envie. Avec le feu intérieur qui, chez les vrais amateurs, confine à la passion. Celle née de la relation à leur instrument, au jazz et ses démons d’improvisation. Et pas qu’au jazz puisque on les sent tous et chacun en particulier tellement heureux de s’approprier des petits bouts de pépites griffées Stevie Wonder, Lennon – McCartney ou Brecht. Rien que ça, rien moins  !  Question de génération, de mémoire musicale du monde, de message artistique à transbahuter par intime conviction. Un tel plaisir forcément, se partage. Et ils l’entendent bien ainsi puisque partant de l’Isère ils comptent bien prendre la route sans compter. On the road again vers l’ailleurs. Le jazz dans l’âme reste affaire de découverte, n’est-ce pas  ? Ainsi va la musique qui vit à la fois de mesures et de démesure. Question désir et plaisir à conjuguer à toutes les personnes. Jazz. etc. Ils ont pris le pari de jouer le jeu du point sans suspension, de notes plutôt bleues à mettre à la portée de tous, en partage. En mode d’invitation. De celles qui ne se refusent pas.

Erwan Benezet (Le Parisien)

On pense connaître ses amis sur le bout des doigts. Et un beau jour, on découvre une face cachée. Non pas une «  dark side of the moon  » chère aux Pink Floyd. Moins encore le «  côté obscur de la force  » de l’œuvre de George Lucas. Dans le cas qui nous intéresse ici, ce serait même plutôt une mise en lumière  ! Un beau jour, Sophie (puisqu’il s’agit d’elle) débarque à l’improviste, sort un CD de son sac et le pose sur la platine  : «  Tiens, écoute ça…  » Une voix chaude, envoûtante, s’évade des enceintes. Derrière, un piano électrique égrène quelques notes, accompagne sans trop presser, enveloppe comme un écrin la chanteuse qui susurre la fin du premier couplet. Puis, tout s’emballe. La batterie lance la charge, soutenue par une basse bien plantée. Un solo de trompette se pointe à point nommé  : le standard Sunny de Bobby Hebb est ici revisité de main de maître par un quintette qui, assurément, sait où il va. S’enchaînent cinq autres reprises, flirtant avec le meilleur de la pop  (I wish de Stevie Wonder ou Can’t buy me love des Beatles), le jazz dans la plus pure tradition (Sophisticated lady tendance Ella Fitzgerald) ou même la comédie musicale (Mack the knife, originellement composé par Kurt Weill sur des paroles de Bertolt Brecht). Et le pauvre auditeur de se triturer les méninges en tendant l’oreille  : à qui diantre peut donc bien appartenir cette sacrée voix  ? On aimerait sortir grand vainqueur de ce blindfold test improvisé, passant en revue toutes les grandes interprètes actuelles, mais rien à faire. Rien à faire car, comme souvent, c’est lorsque l’on a la réponse sous les yeux qu’on est le plus aveugle  ! All So’ indique la couverture. So’ pour Sophie, comme cette jolie blonde passée boire un verre comme le fait une amie et qui décidément nous étonnera toujours. On savait qu’elle poussait la chansonnette depuis de nombreuses années, qu’elle était passionnée de jazz depuis plus longtemps encore. Mais comment deviner qu’elle en était arrivée à une telle maîtrise, entourée d’une bande de musiciens capables d’apporter une touche personnelle à de tels standards  ? On attend avec impatience l’album ainsi que leurs prochaines dates de concert. Priez le dieu du jazz, s’il existe, pour qu’All So’ passe près de chez vous…

Robert Barry Francos (Jersey Beat)

All So’ is French singer Sophie Villamayor’ jazz combo. Her self-titled CD release is full of standard jazz choices (such as Mack the Knife and Sophisticated Lady), and some interesting choices (Sunny, Can’t Buy Me Love and Stevie Wonder’s I Wish). Sophie’s voice is smooth and fits in with the combo quite smoothly. I would have liked to have heard her a bit higher in the mix, as she can get lost, but even when that happens, she more becomes and equal part of the mix of the whole than just a front-person. Perhaps that is what they were going for, and if so, it works. Sophie’s voice is sort of like raindrops that bounce on the leaves of the notes, cascading down the side of the song, playful and meandering. It’s sweet, and the combo keeps up the mood.

© 2007 Photo : Véronique Dupré

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France : Jazz à Vannes

« Il fait beau et chaud.  » Ce n’est pas une contrepèterie et chaque matin au point presse, la formule sonne comme un exorcisme sur les lèvres de Jean-Philippe Breton, directeur, Tourangeau, du festival. C’est que les clichés météorologiques ont la vie dure. D’ailleurs, ici, même le ciel s’y conforme : souvent grisouilleux dans la journée, mais à peine si quelques gouttes ont tenté de gâcher le rappel de l’une des soirées. À Jazz à Vannes, on a bien prévu une solution de repli. Mais nul ne l’aime, cette salle sans âme, trop éloignée des animations du (très beau) centre-ville historique. Chaque soir, Jean-Philippe Breton a donc pris le risque. Et chaque soir, il a eu raison. Il faut dire que c’est tout de même un autre plaisir que d’aller à l’hôtel de Limur, belle bâtisse du XVIIe située entre cour et jardin, sous le tilleul centenaire.

Seul Eric Bibb n’a pas eu cette chance cette année. Les prévisions étaient trop incertaines. Mais le New-yorkais a rapidement fait oublier ce petit contretemps. Seul en scène pour une bonne partie du concert, il emporte immédiatement son auditoire avec un blues acoustique littéralement inouï dont les accents flirtent parfois avec la musique country dans un étrange jeu de guitare ancré sur les basses et des arpèges ciselés. En seconde partie, la voix d’Otis Taylor ne fera, en revanche, pas l’unanimité chez les spectateurs. Dommage car cet autre blues, presque psychédélique, mérite l’attention pour sa façon de réinterpréter le genre avec une instrumentation inhabituelle (deux violoncelles dont un à cinq cordes) et des nappes mélodiques qui rappellent parfois étrangement le… folklore celtique !

La voix, encore elle, était très présente à Vannes cette année, notamment avec les prestations de Sara Lazarus qui réussit l’exploit de faire scatter (et plutôt bien) le public et celle d’Anna Lys, excellemment accompagnée et qui révèle un joli brin de talent sur un répertoire de standards peu pratiqués. Rare d’ailleurs, il faut le noter, que les festivals laissent leur chance, sur leur grande scène, aux musiciens du cru. C’était le cas ici et nul doute qu’assurer, brillamment, la première partie d’Eliane Elias a dû impressionner et surtout «  aguerrir » la jeune chanteuse originaire de Vannes. La pianiste brésilienne, quant à elle, restera dans les classiques, ceux du grand Jobim, et si l’on sent sur cette scène un tel plaisir de jouer, notamment chez le jeune guitariste Gustavo Saiani, c’est que justement, il y a là des années de métier. Presque trop si l’on en croit ses réflexions aux photographes durant le sound-check : « Avez-vous fait assez des photos ? » Assez de photos ! Comme si la photo était un sport ! Et la belle Eliane, a-t-elle fait assez de notes, elle ? Il faudra un jour que je m’emporte sur ces dérives marketing de la scène jazz quant à la (juste) place de la photographie et, incidemment, de la mémoire dudit jazz…

Un seul musicien, dans cette édition du festival, avait de bonnes raisons de brider les hommes d’image durant son concert. Abdullah Ibrahim a joué ce soir-là avec tant de délicatesse et si peu de volume sonore que c’eût été crime que d’entendre un déclic là où il n’y avait que musique. Sa musique. Toutefois difficile d’approche pour qui ne réussit pas à entrer dans l’univers du pianiste tout au long du seul et unique thème déployé pendant le concert. Quant aux trois premières… minutes (!) absurdement concédées aux photographes par Bojan Z (ou par son agent ?), ils confinent au ridicule. Pour le principe, mais aussi parce que la musique du pianiste, passionnante de bout en bout, repose, pour l’essentiel sur l’énergie. Mais passons…

Passons encore sur la dernière soirée, festive comme il se doit avec deux formations latines plutôt éloignée de l’idiome jazz pour revenir un instant sur un concert magnifique : celui du Mingus Big Band, dont Sue, la veuve du contrebassiste, entretient toujours la flamme et avec quel énergie, elle aussi ! Cet orchestre est un festival à lui tout seul : solistes époustouflants (Frank Lacy, bien sûr, mais aussi Craig Handy et tant d’autres), discours radical et arrangements aux petits oignons (dûs notamment au bassiste moscovite Boris Kozlov) qui révèlent d’autres facettes de thèmes emblématiques comme Fables of Phœbus ou Orange was the color of her dress (en hommage au saxophoniste John Stubblefield récemment disparu) dont on pensait qu’ils appartenaient à l’histoire. Réponse : oui, ils sont bien historiques mais aussi tellement révélateurs de l’aujourd’hui du jazz.

Reste le off, petit bémol de cette attachante manifestation. Car si la programmation de la scène principale, le cadre de l’hôtel de Limur, la ville et la proximité des magnifiques paysages du golfe du Morbihan ne peuvent que séduire le voyageur et l’amateur de jazz, on aimerait aussi prolonger plus facilement le plaisir autour d’un verre et de quelques notes bleues à l’issue des concerts. Ah, j’allais oublier : avez-vous entendu parler de Didier Squiban ? Sûrement, si vous êtes Breton puisque ce diable de pianiste qui habite parfois sur l’île de Molène, non loin d’Ouessant, a vendu, selon ses propres dires, plus de cent mille disques ! Ici, on le connaît surtout pour ses interprétations de musiques traditionnelles celtiques mais l’homme taquine aussi le swing et sa création en trio, à Vannes, avec le très lyrique contrebassiste Simon Mary et le percussionniste nantais Jean Chevalier fut un instant de pur bonheur. Mais ça, c’est une autre histoire…

Pascal Kober

Miam

Le Petit bulot, place de la poissonnerie, à Vannes. Pour ses huîtres et son agréable verre de blanc dans une ambiance bistrot.

La Table de Jeanne, sur la même place. Pour ses préparations justes et goûteuses.

La Pierre à grill, en face de l’hôtel de Limur, à Vannes. Pour les connaisseurs : araignée, poire et merlan. Rarement vous aurez mangé d’aussi bonnes viandes rouges.

Le Poisson d’avril, au Guilvinec (Finistère). Pour ses concerts de jazz (l’ami Daniel Huck, cet été) et sa cuisine raffinée.

Chronique publiée dans le numéro 625, daté novembre 2005 de la revue Jazz Hot.

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